Le parquet de la Bourse d’Amsterdam, symbolique

Le parquet de la Bourse d'Amsterdam reste occupé par des firmes de trading. ©Bloomberg

Le parquet de la Bourse d’Amsterdam ne traite plus aucune transaction. Mais trois firmes de trading occupent les lieux.

À la Bourse d’Amsterdam, plus aucune transaction n’a lieu sur le parquet. Depuis décembre 2002, toutes les transactions sur les actions, options, obligations… ont été transférées vers la plateforme électronique du groupe Euronext, auquel appartient la Bourse d’Amsterdam. Pourtant, les lieux restent occupés. Depuis la fin du marché à la criée, diverses firmes indépendantes de la Bourse occupent les lieux.

Euronext avait rénové en 2011 le parquet, et pour l’occasion, la Reine Maxima, qui portait alors le titre de Princesse, avait été invitée pour inaugurer les lieux. À ce moment, l’occupation du parquet était élevée, avec quelque 155 traders et 33 sociétés liées au monde du trading. Mais désormais, les rangs se sont resserrés, avec la disparition de certaines sociétés de trading et la réorganisation d’autres firmes. Selon un porte-parole, trois sociétés de trading occupent les lieux. Il s’agit des firmes AFS, Nyenburg, et Better Options.  "Quelques dizaines de personnes sont assises derrière leur bureau de trading. Voilà le parquet de la Bourse d’Amsterdam aujourd’hui", indique-t-il.

"Tous les jours, l’ouverture et la fermeture des marchés sont marquées par un coup de gong, même si toutes les transactions sont électroniques."
Un porte-parole de la Bourse d'Amsterdam

Le groupe n’a pas l’intention de fermer les lieux pour déménager dans un autre endroit, jure le porte-parole d’Euronext Amsterdam. "Le bâtiment historique de la Bourse d’Amsterdam est un très bel endroit, nous voulons y rester", affirme-t-il. "Tous les jours, l’ouverture et la fermeture des marchés sont marquées par un coup de gong, même si toutes les transactions sont électroniques. Pour les cérémonies de cotation, le bâtiment convient bien, car les sociétés qui viennent se faire coter à la Bourse sont très impressionnées et réclament cette cérémonie pour marquer le début de la cotation de leurs actions", ajoute-t-il. Le parquet de la Bourse a avant tout un aspect symbolique.

Des origines au début du XXe siècle

Le parquet actuel de la Bourse d’Amsterdam date de 1913, parallèlement à la construction du bâtiment. Situé au Beursplein 5, il dispose d’une surface de 1.350 mètres carré qui accueille les agents de change, toujours plus nombreux en raison de l’explosion des titres à négocier.

En 1997, les transactions sur le parquet de la Bourse sont automatisées. Les lieux se vident, mais la fusion du marché de titres et du marché des options qui intervient la même année ramène les traders en options  sur le parquet de la Bourse dès 1998.  L’activité des traders en options, organisés autour d’un marché à la criée, durera quatre ans, avant que toutes les transactions ne migrent vers l’électronique.

2002
La disparition du marché à la criée
Le marché à la criée cesse définitivement à la Bourse d'Amsterdam pour céder la place aux transactions électroniques.

Le parquet de la Bourse se retrouve reconverti par la suite en lieu pour les réceptions et autres événements. Mais la communauté de trading aux Pays-Bas estime que le parquet doit servir la sphère financière. En 2008, les lieux sont investis par des firmes de trading. La cérémonie du gong, qui marquait les entrées en Bourse des sociétés ou la visite de personnalités comme la famille royale des Pays-Bas, redémarre. Mais elle résonne désormais à l’ouverture et à la fermeture des marchés du continent européen, comme en 1592, lorsque la ville d’Amsterdam introduit des règles pour organiser les transactions.  Cette cérémonie, qui datait de plus de 400 ans, avait cessé en 2002 suite à la fin du marché à la criée.

En 2011, après la rénovation du parquet, AFS et Nyenburg y installent leurs bureaux. AFS est spécialisée dans l’exécution des transactions pour des clients professionnels, tandis que Nyenburg négocie pour son propre compte.

Peu touché par le Covid-19

La Bourse d’Amsterdam n’a pas fermé ses portes durant la pandémie de Covid-19, qui a poussé celle de New York à suspendre pendant deux mois l’accès à son parquet. Toutefois, "tous les traders du parquet travaillent avec des ordinateurs et n’ont pas besoin d’être présents. Ils ont pu travailler à domicile," indique un porte-parole. "La pandémie n’a eu aucun impact sur le fonctionnement du marché", ajoute-t-il. De fait, les transactions sur Euronext Amsterdam sont traitées dans le centre de données situé à Basildon, à 40 kilomètres de Londres, depuis des serveurs informatiques. Ce centre appartient  à l’IntercontinentalExchange. Les transactions sur la Bourse de Paris, de Bruxelles et de Lisbonne sont aussi exécutées au même endroit. Mais par rapport à ces bourses qui font partie du groupe Euronext, Amsterdam est la seule Bourse qui a conservé son bâtiment historique. Et celle-ci profite du caractère symbolique du parquet.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés