Le patron de BlackRock veut investir plus vert

Larry Fink, patron de BlackRock. ©AFP

Larry Fink, CEO du plus grand gestionnaire d'actifs au monde, lance un appel à des investissements respectueux du climat. Ses fonds indiciels restent toutefois investis dans les combustibles fossiles.

Un risque climatique est un risque d'investissement. C'est ce qu'écrit Larry Fink, patron de BlackRock, dans sa lettre annuelle, à l'attention des dirigeants des entreprises dans lesquelles le plus grand gestionnaire d'actifs de la planète a investi une partie des 7.000 milliards de dollars qu'il gère. La lettre de Fink s'apparente à l'un des messages les plus importants adressés au monde des affaires internationales.

La prise de conscience change rapidement et je pense que nous sommes à l'aube d'une réforme fondamentale du monde financier.
Larry Fink
CEO de BlackRock

Le CEO de BlackRock indique clairement, cette année, que le climat est devenu un business. "La prise de conscience change rapidement et je pense que nous sommes à l'aube d'une réforme fondamentale du monde financier." Même si seulement 5% des investisseurs investissent de manière plus durable, un énorme flux de capitaux changera de cap, dit-il.

Ce mois-ci, BlackRock a rejoint Climate Action 100+, un groupe de gestionnaires d'actifs qui, ensemble, gèrent 41.000 milliards de dollars d'investissements et insistent sur plus de durabilité.

Fink a également précisé qu'une entreprise ne peut être rentable que si elle peut également l'être à long terme. Cela n'est possible que si une entreprise tient compte non seulement de ses actionnaires, mais aussi de ses employés, clients, fournisseurs et autres parties prenantes. Son appel à des investissements respectueux du climat est un prolongement de cette vision.

Sous pression

BlackRock ne se retire pas complètelement des investissements dans les combustibles fossiles. Le groupe gère parfois - à la demande des clients - des actifs dans des fonds indiciels, qui sont constitués des paniers d'actions des principales bourses. Ceux-ci comprennent généralement les principales sociétés pétrolières et pétrochimiques.

BlackRock reste sous pression. En décembre, l'ancien vice-président américain et activiste climatique Al Gore s'en est pris aux principaux gestionnaires d'actifs tels que BlackRock et Vanguard parce qu'ils "continuent de financer la destruction de la civilisation humaine".

Fink précise que Blackrock votera, lors des assemblées générales et des conseils d'administration, contre les administrateurs qui n'enregistrent pas de progrès suffisants en matière de durabilité. Il demande aussi à toutes les entreprises dans lesquelles Blackrock investit de rendre compte de leur politique climatique.

C'est devenu une économie, explique Larry Fink. Le climat influence notre environnement physique, les prix des produits et services, les coûts et l'offre de produits. "Le climat est devenu un facteur déterminant dans les perspectives à long terme des entreprises." Si vous ne tenez pas compte du changement climatique, vous gérez mal les risques pour l'entreprise, laisse-t-il entendre.

Siemens

En tout cas, le climat est devenu un risque de réputation. C'est ce qu'expérimente Siemens en ce moment: l'entreprise se trouve sous pression parce qu'elle fournit une signalisation électronique pour une mine de charbon en Australie.

Le CEO, Joe Kaeser, a estimé que la rupture d'un contrat juridiquement valable serait plus préjudiciable à la confiance dans son entreprise que d'exécuter cette livraison controversée en Australie.


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