Le pétrole au-dessus des 70 dollars

Le pétrole à 70 dollars, soit au plus haut depuis le début de la pandémie, c'est un succès éclatant pour l’Opep+. ©Bloomberg

Le cours du Brent a retrouvé ses niveaux d'avant-crise après l'attaque d'installations pétrolières en Arabie saoudite. La poursuite de la hausse pourrait toutefois attiser les tensions.

Le baril de Brent a dépassé le seuil des 70 dollars pour la première fois depuis le début de la pandémie de coronavirus. Le baril de brut américain (WTI) évolue, de son côté, à un plus haut de deux ans.

Le baril de Brent évoluait ce lundi en matinée en hausse de 1,76%, à 70,58 dollars, et celui du WTI gagnait au même moment 1,63%, à 67,17 dollars.

L'optimisme quant à une reprise économique mondiale avait déjà rapproché le prix de l'or noir de la barre des 70 dollars. Mais c'est l'attaque, ce dimanche des installations du géant Aramco en Arabie saoudite par des forces yéménites houthis, qui ont fait chauffer le prix du pétrole.

Des éclats d'obus provenant d'un missile balistique sont tombés près du quartier résidentiel de Saudi Aramco dans la ville de Dahran, où vivent des milliers d'employés de l'entreprise et leurs familles. Il n'y a pas eu de victimes ni de dégâts, a indiqué le ministère saoudien de l'Énergie.

Le prix du pétrole

L’Opep+ dope à nouveau les prix du pétrole

Vendredi, le pétrole avait déjà sérieusement repris du tonus après la réunion de l'Opep+. Réunis virtuellement autour du ministre saoudien de l’Énergie, Abdel Aziz ben Salmane, et de son homologue russe, Alexander Novak, les membres de l’Opep+ "ont approuvé le maintien des niveaux de production (de pétrole) du mois de mars pour le mois d'avril".

Cette décision avait immédiatement fait décoller les prix de l’or noir, car les marchés avaient anticipé une hausse de la production après le rebond du cours de baril de Brent de moins de 40 dollars à plus de 60 dollars en à peine trois mois.

-2,3 milliards
de barils
Entre avril 2020 et fin janvier 2021, la production de pétrole a été réduite de 2,3 milliards de barils, selon l’Opep+.

Prudence des producteurs américains

Le pétrole à 70 dollars, soit au plus haut depuis le début de la pandémie, c'est un succès éclatant pour l’Opep+ qui évalue qu’au niveau mondial, la production a été rabotée de 2,3 milliards de barils entre avril 2020 et fin janvier 2021. Ce qui a "accéléré le rééquilibrage du marché pétrolier" malgré une demande poussive. L’Agence internationale de l’énergie estime ainsi qu’au niveau mondial, elle atteindra 96,4 millions de barils par jour en 2021, ne récupérant que 60% de la baisse de 2020.

80
dollars
Goldman Sachs s'attend à voir le baril de Brent atteindre 80 dollars au troisième trimestre.

Les membres de l’Opep+ ne sont pas les seuls à avoir limité leur production. Ces dernières années, les spécialistes américains du pétrole de schiste ont souvent réagi aux rebonds de cours en investissant fortement, mais cela n’a pas été le cas depuis l’été dernier. Fin février, Baker Hughes dénombrait ainsi 309 forages pétroliers aux États-Unis, en baisse de 54% sur un an.

Les producteurs de pétrole de schiste ont promis de se montrer plus prudents dans leurs investissements, pressés par les marchés de mieux contrôler leurs dépenses.

Effet sur l'inflation

Dans ce contexte, les analystes tablent globalement sur une poursuite de la hausse des cours. L’équipe de recherche sur les matières premières de Goldman Sachs a ainsi relevé ses prévisions à 75 dollars pour le deuxième trimestre et 80 dollars pour le troisième. Ce qui rapprocherait le Brent du plus haut (86 dollars) atteint depuis le plongeon des cours en 2014.

Toutefois, les analystes de Citigroup soulignent que l’union des producteurs pourrait voler en éclats. "Divers facteurs se sont conjugués pour rapprocher" les membres de l’Opep+ "mais l'augmentation des prix les poussera à changer d'avis" lors de la prochaine réunion le 1ᵉʳ avril. De la même façon, plus d’un analyste doute que les producteurs de pétrole de schiste américain parviendront à rester disciplinés dans leurs investissements. Un poker menteur qui intéressera jusqu’aux grandes banques centrales alors que la remontée du pétrole et des matières premières attise l’inflation.

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