Le pétrole, en hausse contre toute attente

©Lorette Fabre/AIRBUS

Les cours du pétrole ont doublé depuis leur plus bas de l’année atteint en janvier. Peu d’analystes avaient prévu sa remontée, aidée par l’accord de gel de production de l’Opep.

Les cours du pétrole ont connu des hauts et des bas cette année. Au mois de janvier, le baril de Brent a touché son plus bas depuis douze ans, à 27 dollars, après une baisse quasi ininterrompue depuis déjà deux ans. Peu ont parié sur une remontée des prix de l’or noir à plus de 56 dollars.

En janvier, alors que les cours du pétrole ont touché 27 dollars, l’Agence internationale pour l’énergie a prévenu que le marché pourrait se retrouver en surcapacité de production de pétrole alors que l’Iran relançait la sienne à la suite de la levée des sanctions internationales sur le pays.

Les cours de l’or noir ont souffert jusqu’en janvier du refus des pays producteurs de pétrole de revoir à la baisse leur production, alors que les inventaires ont atteint leur plus haut historique.

Alliance de l’Opep

L’Opep, emmenée par l’Arabie saoudite, premier producteur mondial, a toutefois décidé de trouver un accord pour limiter sa production. En février, l’Arabie saoudite et la Russie ont trouvé un accord préliminaire. L’Opep a toutefois éprouvé beaucoup de mal à parvenir à cet accord, le premier depuis 2008. En avril, la réunion de l’Opep à Doha s’est soldée par un échec des négociations. Mais cela n’a pas influencé les cours de l’or noir, qui entre janvier et avril, ont grimpé de 35%.

En septembre, à Alger, l’Opep a finalement dégagé un accord de principe. Il faudra attendre novembre pour un vrai accord, et quelques jours plus tard, les pays non-membres de l’Opep ont emboîté le pas, une première depuis quinze ans. "Cela fait près d’un mois que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole s’est réunie, et plus d’une semaine que d’autres pays producteurs se sont joints à l’effort de l’organisation pour rééquilibrer les marchés en limitant la production mondiale, a rappelé Tamas Varga, analyste chez PVM. En un mot, les marchés ont apprécié ce qui leur a été promis."

2017, année clé

Selon les termes de l’accord, l’Arabie saoudite, les Emirats Arabes Unis, le Koweït et le Qatar prendront la plus grosse part de la diminution de production. L’Arabie saoudite pourrait réduire sa production de 480.000 barils par jour, contre 139.000 pour les Emirats Arabes Unis, 131.000 pour le Koweït et 30.000 pour le Qatar.

Mais certains analystes mettent en doute l’accord trouvé par l’Opep et les autres pays producteurs, qui entrera en vigueur en janvier. "Le ministre du Pétrole du Koweït a dit que des préparations étaient en cours pour relancer la production dans la zone neutre (entre l’Arabie saoudite et le Koweït). Il a affirmé que cela serait compensé par des baisses de production dans d’autres zones, mais cela peut sembler aller à l’encontre de l’accord de l’Opep", ont noté les analystes de PVM.

"Les opinions sont très diverses quant au temps que prendra le marché pétrolier mondial pour se rééquilibrer, estime Tim Evans, analyste chez Citi. Le consensus correspond à peu près à ce qu’en a dit le ministre saoudien du Pétrole, Khalid al-Falih: il faudra plusieurs mois" pour que l’effet des baisses de production de l’Opep soit sensible." 2017 s’annonce donc comme une année clé pour les cours du pétrole.

Marchés Les métaux de base brillent

Au sein des matières premières, l’année 2016 aura été celle des métaux de base. Le cuivre et le zinc ont enregistré des bonds spectaculaires de 16% et 60% respectivement, sur fond de contraction de la production. En revanche, pour les prix des matières premières agricoles, l’année s’est soldée par un recul de plus de 30% pour le cacao, et de 14% pour le blé, mais le sucre, le soja, l’huile de palme et le café ont tous vu leurs cours s’apprécier.

La hausse du dollar, suite au relèvement des taux d’intérêt de la Federal Reserve, a toutefois pesé sur le marché des matières premières à la fin du mois de décembre.

 

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés