Le pétrole relance les craintes d'inflation

La nouvelle hausse des prix du pétrole fait craindre un retour de l'inflation sur les marchés.

Les cours du pétrole ont dépassé 70 dollars pour la première fois depuis janvier 2020. Cette nouvelle hausse a sonné l'alarme de l'inflation sur les marchés.

Les cours du pétrole ont de nouveau progressé ce lundi après après que les forces houthies du Yémen ont tiré dimanche des drones et des missiles au cœur de l'industrie pétrolière saoudienne, suscitant des inquiétudes quant à la production. "L'un des parcs de réservoirs pétroliers du port de Ras Tanoura (est), un des plus grands ports pétroliers du monde, a été attaqué ce matin par un drone venant de la mer", a indiqué le ministère saoudien dans un communiqué.

"La possibilité de dégâts à Ras Tanoura est particulièrement inquiétante pour le marché" soulignent les analystes de Commerzbank, car les plus grands terminaux et centres de stockage pétroliers y sont situés, selon eux.

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COURS DU Pétrole
Cette nouvelle hausse porte à 34% la progression du prix de l'or noir depuis le début de l'année.

Les prix de l'or noir avaient déjà fortement avancé vendredi dernier après la décision de l'organisation des pays producteurs de pétrole (Opep) et ses alliés de ne pas remonter leur production en avril. Le baril de Brent , qui sert de référence pour les marchés européens, a touché 71,38 dollars, un niveau qu'il n'avait plus vu depuis janvier 2020, avant le début de la pandémie mondiale de Covid-19. Le cours du WTI , référence américaine, a lui atteint un plus haut depuis deux ans.

Cette dernière montée des cours du pétrole devrait alimenter la crainte des marchés sur un retour de l'inflation.
Stephen Brennock
Analyste chez PVM

Cette nouvelle hausse porte à 34% la progression du prix de l'or noir depuis le début de l'année. Celle-ci a aussi contribué aux craintes d'inflation sur les marchés, alors que le plan de relance de 1.900 milliards de dollars voté par le Sénat américain a mis une nouvelle pression sur les taux obligataires. Les analystes s'attendent à une poussée inflationniste, allumée en partie par les dernières progressions des cours du pétrole. "Cette dernière montée devrait alimenter la crainte des marchés sur un retour de l'inflation", prévient Stephen Brennock, analyste chez PVM.

Un niveau soutenable?

Certains prédisent que les cours du pétrole ne vont toutefois pas continuer à monter. "Des prix aussi élevés pourraient inciter des producteurs américains à relancer de coûteuses exploitations de pétrole de schiste", commentent les analystes de JP Morgan . "Avec un baril de WTI au-dessus de 60 dollars cette année, la production devrait grimper, cela veut dire que l'année prochaine sera marquée par une nouvelle guerre pour les parts de marché", prévoient-ils.

"Des prix aussi élevés pourraient inciter des producteurs américains à relancer de coûteuses exploitations de pétrole de schiste."
Les analystes de JPMorgan

Le PDG de Total , Patrick Pouyanné, a jugé peu probable que les cours du brut se maintiennent à leurs niveaux actuels de 70 dollars le baril. "Je ne parie pas sur 70 dollars toute l'année. Je pense que le bon prix du pétrole se situe plutôt entre 50 dollars et 60 dollars du baril", a-t-il dit sur la chaîne BFM Business.

Mais d'autres ne partagent pas cet avis. "Nous pourrions voir une nouvelle hausse du marché à court terme, d'autant plus que le marché doit probablement désormais évaluer une sorte de prime de risque, ces attaques augmentant en fréquence", ont prédit les analystes d'ING dans un rapport, notant qu'il s'agissait de la deuxième attaque ce mois-ci après un incident à Djeddah le 4 mars.

Helima Croft, analyste chez RBC Capital, a indiqué que le dernier incident souligne à quel point l'environnement sécuritaire reste dangereux dans la région près de 18 mois après les frappes iraniennes du 14 septembre 2019 qui ont temporairement mis hors ligne la moitié de la production pétrolière du royaume saoudien.

Chez les analystes de ANZ, la décision de l'Arabie Saoudite de maintenir sa réduction de production signale "l'intention du pays de réduire davantage les stocks, sans craindre de trop serrer le marché". "Cela suggère également qu'il ne voit guère de menace d'une augmentation de la production ailleurs", ajoutent-ils.

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