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interview

"Le populisme perturbe la visibilité des marchés"

©Debby Termonia

Le populisme s’est invité à la table des marchés financiers. C’est le constat que dressait ce lundi Koen De Leus (chef économiste de BNP Paribas Fortis) à l’occasion de la présentation des perspectives économiques pour le second semestre 2018.

"Et il est difficile d’estimer les conséquences de ces pressions populistes sur l’économie mondiale et les marchés financiers." Mais il rappelle que, pour le moment, la croissance reste au rendez-vous dans la plupart des économies.

Le principal risque de ces prochains mois serait une escalade dans la guerre commerciale.

Il souligne par contre que les indices de surprise économique se sont dégradés en Europe et au Royaume-Uni début 2018 en raison d’éléments exceptionnels, avec une amélioration attendue durant les prochains mois. Aux Etats-Unis, l’impact du plan fiscal aura des retombées positives sur la croissance en 2018 et 2019, mais débouchera sur un ralentissement plus marqué en 2020.

Le principal risque de ces prochains mois serait une escalade dans la guerre commerciale. "Si des tarifs de 10% étaient imposés sur l’ensemble des exportations mondiales, les grandes économies subiraient un ralentissement marqué, en particulier les pays exportateurs (comme l’Allemagne ou la Chine). L’Europe entrerait dans une profonde récession, tandis que les USA seraient les moins impactés. Le risque est que Donald Trump annonce de nouveaux tarifs à mesure que nous approcherons des élections de novembre."

Pas de marge

Au niveau de la politique monétaire, Koen De Leus s’attend à trois relèvements des taux de la Fed (deux en 2018 et un en 2019) avant que le ralentissement économique stoppe la normalisation. Tandis que la BCE n’aura probablement le temps de relever qu’une fois ses taux en 2019. "Et le problème est qu’en cas de récession, personne ne se sera constitué une réserve suffisante, et qu’il faudra à nouveau recourir à des mesures d’assouplissement quantitatif."

"L’Europe ne sera pas prête, et je m’attends à ce que les taux des pays fortement endettés grimpent, particulièrement ceux avec un système bancaire fragile." Et d’estimer donc qu’il sera nécessaire d’avoir une politique budgétaire plus ambitieuse pour seconder les mesures d’assouplissement quantitatif, et plus particulièrement en Belgique où les investissements sont restés trop à la traîne depuis 1995. La croissance belge est attendue autour de 1,8% en 2018, et de 1,5% en 2019.

"Tant que nous éviterons une récession, les Bourses pourront tenir le coup."
Philippe Gijsels
Stratégiste chez BNPP Fortis

Au niveau de la stratégie d’investissement, Philippe Gijsels pense que les actions des pays développés devront toujours être privilégiées face à aux placements obligataires. "Tant que nous éviterons une récession, les Bourses pourront tenir le coup, mais la fin du soutien des banques centrales aux marchés financiers devra être suivie de près."

Il signale également que les signaux techniques n’indiquent pas encore un marché boursier proche de l’essoufflement. Selon lui, le dollar devrait s’affaiblir à nouveau face à l’euro vers un niveau de 1,25-1,28 dollar. "Enfin, j’ai difficile à comprendre le manque de réaction de l’or face au contexte géopolitique troublé. Nous pensons que le métal jaune peut continuer à représenter 5% des portefeuilles en guise de protection."

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