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Le prix du baril de Brent au plus bas depuis 2002!

Avec 13 millions de barils pompés chaque jour, l'Arabie devrait retrouver sa première place au monde sur le plan de production pétrolière. ©REUTERS

Demande en berne en raison de la pandémie de coronavirus et offre en hausse à cause de la guerre des prix que se livrent les 3 plus grands producteurs de pétrole au monde. Le prix du baril de Brent est sévèrement sous pression.

À ces prix-là, ce ne sont plus des soldes. Tombés à des niveaux que l’on avait plus connus depuis novembre 2002, les prix du baril de Brent sont carrément bradés. En recul de 10,8% sur la seule journée de lundi et de 69% depuis le point le plus élevé atteint en janvier, les prix du brut sont en passe de connaître leur pire trimestre jamais enregistré.

Lundi, en fin de journée, le baril de Brent s’échangeait à Londres à 20,24 dollars et celui de WTI à New Yok à 20,25 dollars.

La demande s'effondre…

L’annonce d’une accélération des cas de contamination au coronavirus aux États-Unis est ce qui a donné ce nouveau coup de massue sur les prix pétroliers. Elle fait s’envoler les espoirs du Président américain Donald Trump d’une reprise assez rapide de son économie.

"La consommation de pétrole baissera de 26 millions de barils par jour (mb/j) cette semaine."
Goldman Sachs

Du coup, la crainte de voir les stations d’essence désertées aussi outre-Atlantique par les automobilistes comme c’est le cas déjà dans bon nombre de pays dans le monde, et d’assister à un recul sensible de la demande dans les secteurs industriels, ne permettent pas à ce jour de penser que les cours du pétrole auraient enfin trouvé leur plancher. Même aux prix actuels, les acheteurs continuent de briller par leur absence. "La consommation de pétrole baissera de 26 millions de barils par jour (mb/j) cette semaine", évaluent Jeff Currie et Damien Courvalin, analystes auprès de Goldman Sachs, "alors que les mesures de confinement affectent désormais 92% du PIB mondial", précise le site d’informations pétrolières World Oil. Cela représente une chute de 26% par rapport aux 100 mb/j consommés en temps normal!

… et l’offre explose

L’effondrement des besoins en pétrole dans le monde s’ajoute à la hausse toujours attendue de la production pétrolière. Pour soutenir les cours, l’Opep avait tenté de conclure le 6 mars dernier un nouvel accord de réduction de la production pétrolière avec les pays non membres du cartel. Mais face au refus de la Russie, agacée par le dynamisme de producteurs américains, l’Arabie saoudite qui a beaucoup contribué à la baisse de la production de l’Opep entre novembre 2016 et février dernier (de 34,14 mb/j à 27,9 mb/j) a riposté. Elle avait décidé de faire passer sa production de 9,8 mb/j à 13 mb/j à compter de ce mois d’avril.

L’Arabie saoudite devrait de ce fait récupérer à terme sa première place mondiale en tant que producteur, devant la Russie (11,3 mb/j), qui espère encore accroître sa production de 200 à 300.000 b/j, et les États-Unis.

Selon certains experts, la production américaine devrait pour sa part reculer de 2,5 mb/j d’ici la fin de cette année pour revenir à 11,5 mb/j, en raison des difficultés financières que rencontreront un certain nombre d’acteurs dans le pétrole de schiste. Sur la seule semaine écoulée, et d’après un décompte effectué par la société parapétrolière Baker Hughes le nombre de plateformes de forage a diminué de 44 unités pour tomber à 728 unités aux États-Unis.

Pour combien de temps?

Combien de temps ces protagonistes parviendront-ils à résister à la chute des prix du pétrole, sachant que le déficit budgétaire de l’Arabie saoudite s’élevait déjà à 6% avant le désaccord avec la Russie. Et que cette dernière a besoin d’un prix de 40 dollars pour chaque baril vendu pour pouvoir boucler son budget national. Il n’y a personne à ce jour pour se lancer dans de tels pronostics.

Une chose est certaine, si l’on veut assister à une remontée des cours du Brent, il faut, affirme Fatih Birol, responsable de l'Agence internationale de l'énergie (USA), soit "une relance économique généralisée après la pandémie" pour soutenir la demande, soit un accord des grands pays producteurs pour "stabiliser la production".

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