Le prix du baril de pétrole soumis à des vents contraires

©Bloomberg

Les arguments justifiant une poursuite de la hausse des prix du pétrole ne manquent pas. Ceux permettant de penser le contraire non plus.

Les cours du pétrole font mine de remonter la pente. Après avoir récemment subi ce que l’on pourrait considérer comme des prises de bénéfice après une hausse de 20% depuis janvier, le prix du baril de Brent tend à retrouver son plus haut de l’année de 79,80 dollars. Ce lundi en fin de journée, il évoluait juste au-dessus des 77 dollars.

Le prix du brut va-t-il poursuivre ce mouvement de remontée? Les avis sur la question divergent parmi les professionnels spécialisés dans ce secteur.

Les arguments pour…

Ce que l’on peut d’ores et déjà affirmer, c’est qu’il est plus que jamais très sensible aux nouvelles qui parviennent actuellement dans les salles de marché. La chute de 45% de la production du Venezuela depuis l’automne 2015 à 1,33 million de barils par jour (b/j), et l’embargo voulu par les Etats-Unis sur les exportations de l’Iran prévu pour entrer en vigueur en novembre prochain, ont pour effet de soutenir le cours du brut. La production de l’Iran, le 3e plus gros exportateur des 15 pays membres de l’Opep, s’était élevée en août à 3,5 millions de b/j, en repli de 240.000 b/j sur celle du mois de juillet.

À ces informations, on peut ajouter la stagnation depuis mai dernier du nombre de puits de pétrole de schiste en activité aux Etats-Unis, le deuxième producteur de brut au monde après la Russie, mais devant l’Arabie saoudite. À ce jour, 860 de ces puits sont en activité. Ils étaient déjà 859 à la fin mai. Par ailleurs, on ne peut manquer de lier cette évolution à l’avertissement sur résultat émis la semaine passée par Halliburton. La société active dans les services pétroliers craint notamment un ralentissement de l’activité pétrolière.

… et ceux contre

Parallèlement, les informations plutôt défavorables à une poursuite de la hausse des cours ne manquent pas non plus. Le souhait des Etats-Unis de voir les autres membres des pays exportateurs de pétrole compenser la production iranienne devrait avoir pour effet d’au moins limiter la hausse du prix du pétrole. Sans pour autant que cela fasse suite à l’appel des Etats-Unis, la production de l’Opep était remontée de 32,32 millions de barils en juillet à 32,74 millions un mois plus tard.

Il y a un élément plus important encore. Le risque selon lequel la Chine pourrait limiter ses importations dans le cadre de la guerre commerciale qui sévit entre ce pays et les Etats-Unis, est un facteur dépressif pour le pétrole. Il est à ce jour le plus craint par les marchés. Si la guerre commerciale devait entrer dans une phase plus cruciale, elle affaiblirait les économies des pays émergents, et par un effet de ricochet, affecterait les perspectives de croissance économique partout dans le monde. La demande de pétrole sera dans ce cas de figure moins importante.

Il y a huit jours, l’Opep avait indiqué s’attendre à ce que la demande mondiale de pétrole atteigne pour la première fois le niveau des 100 millions de b/j cette année déjà. Cette perspective, au lieu de doper les prix du Brent, a été curieusement "saluée" par une baisse des cours du pétrole. Comme si les marchés ne croient pas vraiment à une poursuite de la remontée des cours. Même les actions des compagnies pétrolières avaient nettement baissé. Bien sûr, le dollar était un peu monté face aux principales devises. Un mouvement qui d’ordinaire réduit la cherté de l’or noir.

Ce qu’ils disent ou font

Alors, les prix du pétrole sont-ils voués à monter ou à baisser? Les fonds spéculatifs, raconte Bloomberg, misent sur une progression des cours. De leur côté, toujours selon cette agence de presse financière, certaines compagnies aériennes commenceraient à se prémunir, via le marché des options, contre une éventuelle hausse.

Le mot de la fin, on le laissera aux 45 économistes et analystes sondés par Reuters à la fin du mois d’août. Ceux-ci ont dit estimer que le baril de Brent de la mer du Nord coterait à un prix moyen de 72,71 dollars en 2018. Pour l’heure, il affiche un prix moyen de… 72,18 dollars. Il ne reste plus qu’à choisir son camp.

Le pic pour 2023

Le monde va progressivement tourner le dos au pétrole. D’ici 20 ans, la consommation de brut aura depuis longtemps atteint un sommet, estime la société de services énergétiques et maritimes norvégienne DNV GL Group. Les énergies renouvelables et le gaz naturel qui comptera pour une large part de la demande pour au moins 3 autres décennies, représenteront environ la moitié de l’approvisionnement en énergieLa demande de pétrole, entrevoit DNV GL Group, devrait commencer à reculer en 2023, l’année au cours de laquelle elle atteindra son pic. 

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