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analyse

"Le risque de détenir des actions l'emporte sur le gain potentiel "

"Les perspectives pour les actions sont désastreuses", affirme Paul Singer, CEO d'Elliott Management. ©EPA

Les investisseurs légendaires quasi tous actifs depuis les années 1980 sur les marchés s'accordent pour affirmer que la Bourse de Wall Street reste chèrement valorisée.

Ce ne sont pas des économistes ni des analystes boursiers qui l’affirment. Mais des investisseurs légendaires américains, actifs pour la plupart d’entre eux sur les marchés boursiers depuis les années 1980. Eux, ce sont David Tepper, un ex de Goldman Sachs, Stan Druckenmiller, ancien stratégiste de George Soros, Paul Singer, co-CEO d’Elliott Management, et on en passe. Tous tiennent ce message: les niveaux auxquels la Bourse de New York est remontée ne sont pas tenables à court terme.

Une pause s’impose

"Après une hausse de 30% depuis le creux de mars, je pense qu’une consolidation s’impose", affirme Bill Miller. Celui-ci voit le S&P 500 redescendre de 4 à 5%. Plus pessimiste, Paul Singer estime que les perspectives pour les actions sont désastreuses. "Les bourses mondiales pourraient chuter de 50% par rapport à leur sommet de février."

Stan Druckenmiller indique de son côté qu’il n’avait jamais observé dans sa carrière d’investisseur que "le risque de détenir des actions l’emporte aujourd’hui sur le gain potentiel. Les effets du coronavirus sont susceptibles de durer longtemps". Des propos que le président de la Fed américaine Jerome Powell a repris à son compte mercredi, en ayant dit que "les dommages de la pandémie sur la première économie mondiale pourraient être durables". Un point de vue auquel d’autres investisseurs de renom comme Warren Buffett et Carl Icahn doivent certainement se rallier. Tous deux ont récemment indiqué que, pour le moment, ils n’achetaient pas d’actions.

Marchés toujours chers

La longue expérience de tous ces experts ne permet pas d’ignorer leur inquiétude sur l’évolution des marchés. D’autant que ceux-ci restent chèrement valorisés. Selon Bloomberg, les sociétés liées à l’indice S&P 500 se traitent actuellement à près de 20 fois en moyenne les bénéfices réalisés ces 12 derniers mois. Soit davantage que la moyenne de 18 fois relevée au cours des 10 dernières années. Pour les sociétés européennes qui composent l’indice Stoxx 600, ce ratio est proche de 17 contre une moyenne de 15 depuis 2010.

Les sociétés liées à l’indice S&P 500 de Wall Street se traitent actuellement à près de 20 fois en moyenne les bénéfices réalisés ces 12 derniers mois.

Aucune amélioration n’est à prévoir à court terme, alors que les entreprises devraient encore traverser des mois très compliqués sur le plan de la profitabilité. "Les marchés sont loin d’être bon marché, surtout si l’on tient compte de la baisse des bénéfices et des dividendes à venir", écrit la Banque de Luxembourg Investments (BLI) dans sa dernière revue sur les "Perspectives" des marchés financiers.

"Étaler ses investissements"

Pour Jan Vergote, head of investment strategy chez Belfius, "on n’est pas sorti de l’auberge". Il n’exclut pas une baisse de 5 à 10% de Wall Street, ainsi qu’un regain de volatilité sur les marchés en Europe. Mais pourquoi alors encore s’intéresser aux actions si l’on s’attend à des mouvements de baisse? "Parce que", dit-il, "il n’y a pas d’autre alternative si l’on recherche du rendement et qu’il est difficile d’anticiper le moment où les marchés auront touché leur point bas". Le stratégiste conseille néanmoins la prudence. Il suggère d’étaler dans le temps ses investissements. On finira de la sorte par obtenir plus de visibilité de l’impact de la crise sur les bénéfices des sociétés.

Sur le type d’actions à privilégier, la BLI ne conseille pas celles qui ont été massacrées durant la chute des marchés. Mais plutôt "celles d’entreprises de qualité. Celles qui possèdent un avantage compétitif durable et offrent des produits essentiels entraînant des revenus récurrents".

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