Le risque turc provoque un pic de volatilité

Donald Trump et Recep Erdogan ©AFP

Les Bourses ont une nouvelle fois évolué au gré des tensions internationales alimentées par les sanctions imposées par les Etats-Unis sur la Chine, mais aussi sur la Russie et la Turquie.

Lundi, le président américain s’est félicité sur Twitter de l’efficacité de la hausse des droits de douane, soulignant la chute de la Bourse chinoise qui avait encore perdu 1,26% ce jour-là.

Washington a annoncé quelques jours plus tard la finalisation d'une seconde tranche de produits importés de Chine d'un montant total de 16 milliards de dollars sur lesquels seront appliqués des droits de douane de 25%. En représailles, la Chine a décidé d'appliquer une taxation équivalente sur 333 produits américains pour un montant total de 16 milliards de dollars également.

L’euro a chuté sous 1,15 dollar, au plus bas depuis juillet 2017.

Ces nouvelles mesures réciproques, qui doivent prendre effet à partir du 23 août, s'ajouteront aux taxes douanières sur 34 milliards de dollars de marchandises que s'appliquent les deux pays depuis le mois de juillet.

Les tensions entre les Etats-Unis et la Chine affectent le commerce mondial. Les commandes de l’industrie allemande ont reculé de 4% en juin, accusant leur plus forte baisse depuis janvier 2017. "L'incertitude globale qui s'accroît, notamment sur le commerce mondial, n'est pas propice à l'investissement. Les entreprises ne peuvent pas, ne veulent pas prendre des paris excessifs.", souligne Philippe Waechter, chef économiste d'Ostrum Asset Management. Avec un recul de 1,97% sur la semaine, les producteurs européens de matériaux de base accusent une des plus fortes baisses des secteurs de l’indice boursier Stoxx 600.

Risque turc

Les actions des banques européennes (-2,23%) accusent un recul hebdomadaire encore plus marqué, en raison des craintes d’exposition de certains établissements de crédit au marché turc. Selon le Financial Times de vendredi, la Banque centrale européenne (BCE) est préoccupée par le risque que certains emprunteurs ne soient pas couverts contre la baisse de la livre turque.

La persistance des tensions diplomatiques entre la Turquie et la Chine a provoqué un effondrement de la livre turque. Vendredi, le plongeon s’est accéléré après l'annonce par Donald Trump d'une forte augmentation des droits de douane sur l'acier et l'aluminium importés de Turquie aux Etats-Unis.

La livre a aussi souffert des commentaires du président turc Tayyip Erdogan qui a appelé les Turcs à la "lutte nationale" en échangeant leurs devises et leur or contre des livres turques et dit que ceux qui avaient déclaré une "guerre économique" à la Turquie trouveraient à qui parler. L’influence possible d’Erdogan sur la politique monétaire pèse sur les marchés. L’euro a chuté sous 1,15 dollar, à son plus bas depuis juillet 2017.

Du côté des actions

Dans un tweet publié mardi, Elon Musk, CEO de Tesla, a déclaré envisager de retirer le constructeur de voitures électriques de la cote à 420 dollars l'action. Ce projet laisse sceptiques plusieurs analystes de Wall Street, qui doutent qu'Elon Musk parvienne à trouver les fonds pour cette opération qui constituerait le plus important LBO (leveraged buyout, acquisition financée par de la dette) de l'histoire.

Les publications des résultats se poursuivent à la Bourse de Bruxelles. Bpost (+4,5% à 13,92 euros sur la semaine) a rassuré les marchés en annonçant maintenir son dividende.

En marge de la publication de chiffres en ligne avec les attentes, Ageas (-0,46% à 45,30 euros sur la semaine) a annoncé un nouveau programme de rachats d’actions - le troisième en trois ans - pour un montant de 200 millions d’euros. KBC (-1,06% à 63,50 euros) a pour sa part publié un recul moins prononcé que prévu de son bénéfice par action.

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