Le secteur manufacturier de la zone euro en plein boom

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Jamais l'industrie européenne n'avait connu un tel dynamisme. Mais les problèmes d'approvisionnement alimentent les inquiétudes autour de l'inflation.

Les machines tournent à plein régime sur le Vieux Continent. Selon l'enquête mensuelle du cabinet IHS Markit auprès des directeurs d'achat (Purchase Managers' Index), l'activité du secteur manufacturier de la zone euro a atteint un niveau record en avril, pour le deuxième mois consécutif. L'indice PMI a grimpé à 62,9, contre 62,5 en mars.

62,9
Nouveau record
L'activité du secteur manufacturier de la zone euro a atteint un niveau record en avril, à 62,9 contre 62,5 en mars.

"L'activité dans le secteur manufacturier de la zone euro explose", souligne Chris Williamson, chief business economist chez IHS Markit. "Au cours des deux derniers mois, la production et les carnets de commandes se sont améliorés à des taux inégalés depuis le lancement de l'enquête, en 1997".

Les biens d'investissement et les biens intermédiaires ont enregistré des "gains considérables" selon le cabinet. Les biens de consommation ont, quant à eux, connu une nette amélioration des conditions opérationnelles.

Au niveau géographique, les Pays-Bas (67,2) sont en tête du peloton avec un nouveau record pour cette enquête d'avril, suivis par l'Allemagne (66,2) qui a connu une légère baisse par rapport au mois précédent. L'Autriche (64,7) et l'Italie (60,7) affichent eux aussi des niveaux historiques.

Une hausse des prix alimentée par les problèmes d'approvisionnement

L'économiste note cependant que les problèmes d'approvisionnement sont également à des niveaux sans précédent. Ce qui provoque un record de commandes non honorées dans les entreprises et une hausse des prix pratiqués par les fabricants à un rythme jamais enregistré par l'enquête.

"La grande incertitude réside dans la durée pendant laquelle ces pressions à la hausse des prix persisteront et dans quelle mesure ces tarifs plus élevés pour les biens et services se répercuteront sur les consommateurs."
Chris Williamson
Chief business economist chez IHS Markit

Pour mémoire, l'inflation s'est accélérée le mois dernier pour atteindre 1,6% sur un an. "Mais cette hausse est essentiellement la conséquence de la remontée du prix du baril, car si on prend le Core CPI (c'est-à-dire l'inflation de base, qui exclut les prix de l'énergie et de l'alimentation NDLR), ce dernier est passé en taux annuel de 1% à 0.8%", indique Bernard Keppenne, économiste en chef de CBC Banque, sur son blog.

Reste la question des perspectives à court terme. "La grande incertitude réside dans la durée pendant laquelle ces pressions à la hausse des prix persisteront et dans quelle mesure ces tarifs plus élevés pour les biens et services se répercuteront sur les consommateurs", s'interroge Chris Williamson.

Point positif: les industries investissent massivement dans les ressources matérielles et humaines pour renforcer leurs capacités. "Cela devrait aider à mieux aligner l'offre et la demande, tout en allégeant la pression sur les prix. Mais cela prendra inévitablement du temps."

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