"Le sentiment est optimiste, mais les investisseurs ne sont pas dupes"

L'effet taux de change n'a pas vraiment changé l'attitude des investisseurs belges. ©Bloomberg

Selon le baromètre mensuel des investisseurs, établi par ING, l’investisseur belge est prêt à prendre plus de risques, mais reste prudent et préfère investir dans sa devise.

Au mois de mars, les investisseurs belges ont éprouvé un meilleur sentiment envers l’économie belge. Le baromètre de l’investisseur, mesuré par ING en collaboration avec l’Université de Gand ainsi que "L’Echo" et "De Tijd", a atteint en mars 127 points, un niveau qui n’avait plus été observé depuis le début de la crise financière. En conséquence, les investisseurs belges se disent prêts à prendre plus de risques. Ils sont 35% à déclarer vouloir investir dans des secteurs à risque, contre 22% il y a 6 mois. La faiblesse des taux obligataires les pousse également à délaisser cette classe d’actifs. Quelque 37% des personnes interrogées jugent inopportuns d’investir en obligations.

"Le sentiment est optimiste mais les investisseurs ne sont pas dupes."
Philippe Ledent
Économiste chez ING

L’attrait plus marqué pour les marchés d’actions s’explique par la belle performance des indices européens depuis le début de l’année. Rappelons qu’au premier trimestre, le Bel20 a connu son meilleur démarrage depuis 1998, avec un gain de 14%, davantage que sur l’ensemble de l’année 2014. "La bonne performance des marchés d’actions n’est pas étrangère au sentiment positif des investisseurs" constate Philippe Ledent, économiste chez ING. "Le sentiment est relativement optimiste globalement, mais les investisseurs ne sont pas dupes. Ils savent que plus les marchés progressent, moins sera élevé leur potentiel de hausse", ajoute-t-il.

Une préférence pour les placements en euro

L’enquête mensuelle d’ING montre aussi que les investisseurs belges privilégient surtout les placements en euros. S’ils disposaient d’une somme de 10.000 euros à investir, près d’un tiers des sondés placerait au moins 80% de cette somme en euros. "C’est logique. Les gains sur le marché des changes ont été extrêmement volatils ces derniers mois. Les investisseurs préfèrent ne pas s’exposer à ce risque, d’où ce biais d’investir dans la devise de son propre train de vie" souligne Philippe Ledent. "L’euro s’est déprécié face aux autres devises, mais l’investisseur en euros ne le ressent pas. La fluctuation du marché des changes n’a aucune influence sur leurs investissements" ajoute-t-il.

©MEDIAFIN

Pourtant, depuis le début de l’année, l’investisseur basé dans la zone euro aura bénéficié d’un important effet de change. Avec l’appréciation du yen face à l’euro de 11% au premier trimestre, l’investisseur européen a gagné près de 24% depuis janvier, alors que le Nikkei 225 s’est apprécié en yens de 10%.

Le même constat s’observe pour les actions américaines. Le S&P500, le Dow Jones et le Nasdaq n’ont progressé respectivement que de 1%, 0,5% et 4% depuis le début de l’année, en dollars. Mais en euros, ces indices ont progressé de 13%, 14% et 17% sur les trois premiers mois de l’année. "Ces gains restent difficiles à prévoir. Les investisseurs préfèrent ne pas prendre ce risque supplémentaire. Ceci montre qu’ils font preuve d’une certaine prudence", relève Philippe Ledent.

Pas d’euphorie

L’enquête montre que par rapport à février, les investisseurs interrogés se montrent moins optimistes sur la progression des marchés d’actions dans les 3 prochains mois.

"Le sentiment n’est pas aussi optimiste sur la progression des marchés par rapport à février. Les investisseurs sont conscients d’un plus faible potentiel de hausse" indique Philippe Ledent.

"Les soubresauts des marchés ces derniers jours pourraient avoir un impact sur les investisseurs. Mais ils ne donnent pas encore une image d’investisseurs averses au risque" conclut-il.

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