Le signal d'achat a-t-il retenti sur les marchés?

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Investisseurs et analystes s'interrogent encore sur la soutenabilité du rebond actuel sur les marchés actions. Si la phase de vente massive est passée, tout ne serait pas encore intégré dans les cours.

Et maintenant, on fait quoi? Les investisseurs semblent tiraillés entre un regain de l'appétit pour le risque et un appel à la prudence après le spectaculaire bond des marchés actions mardi. En témoigne l'hésitation de grands indices boursiers de part et d'autre de l'Atlantique, qui ont tantôt opté pour les prises de bénéfices et tantôt poursuivi leur ascension. De véritables montagnes russes. À la Bourse de Bruxelles, le Bel 20   s'est finalement stabilisé après avoir gagné près de 6% en début de séance.

L'accord sur un plan "historique" de 2.000 milliards de dollars aux États-Unis a certes créé une large vague de soulagement auprès des investisseurs. Combinés à la politique monétaire extrêmement accommodante des banques centrales, ces programmes d'aide des gouvernements devraient permettre de limiter la casse économique liée à la pandémie du Covid-19.

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Selon David Lafferty, économiste de Natixis IM, les bénéfices des sociétés du S&P 500 pourraient baisser de 30% à 35% cette année.

D'autres observateurs recommandent pour autant de ne pas se ruer aveuglément sur les actions. "Le scénario d'une récession est déjà intégré dans les cours mais pas forcément les mauvaises nouvelles sur les bénéfices", prévient David Lafferty, économiste de Natixis IM. "Les consensus tablent toujours sur une hausse des bénéfices du S&P 500 sur l'année, ce qui est proprement inimaginable." Il estime que les bénéfices des grands groupes américains pourraient baisser de 30% à 35%.

"Tenez-vous-en aux valeurs défensives"

Ce qui lui fait penser que le repli du S&P 500 pourrait atteindre 30-35%, voire 40-45% en cas de scénario noir, contre 24,5% à la clôture de mardi. "Il pourrait y avoir encore un peu de baisse, encore un peu de souffrance devant nous. Je dirais que nous en sommes à 70%-80% dans le repli."

"Il est préférable de s'en tenir aux valeurs défensives lors de l'achat d'actions"
Frank Vranken
stratégiste en chef de Puilaetco

Bon nombre d'intervenants de marché s'accordent à dire que les prochaines semaines s'annoncent cruciales. D'un côté, les indicateurs macroéconomiques devraient nous donner une idée de l'ampleur des dégâts économiques. Et d'un autre côté, la saison des résultats pour le premier trimestre – qui commence mi-avril à Wall Street – permettra aux investisseurs d'avoir une meilleure visibilité sur ce que vivent actuellement les sociétés cotées.

En attendant, "il est préférable de s'en tenir aux valeurs défensives lors de l'achat d'actions", indique dans une note Frank Vranken, stratégiste en chef de Puilaetco. Il conseille de privilégier les entreprises avec un bilan solide et un dividende durable. Selon lui, les obligations d'État et l'or continuent également de jouer leur rôle, "en particulier maintenant que la frénésie de 'tout vendre' est passée".

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