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Le spectre de l'inflation hante à nouveau les investisseurs

Janet Yellen, la secrétaire au Trésor des États-Unis, a évoqué une possible surchauffe de l'économie américaine. ©REUTERS

Les indices d'une accélération de la hausse des prix se multiplient. Yellen a évoqué une possible surchauffe de l'économie US. Les marchés sont restés calmes.

La hausse des prix revient à l'agenda des investisseurs. Depuis que les taux d'intérêt s'étaient stabilisés le mois dernier, la question de l'inflation, qui avait perturbé les marchés au premier trimestre, semblait moins préoccuper les intervenants des marchés. Ces derniers jours, les signes d'une accélération de la montée des prix ont ravivé les inquiétudes. Ce mercredi, Eurostat, l'office statistique de l'Union européenne, a annoncé que les prix à la production industrielle de la zone euro avaient augmenté de 4,3% sur un an, un niveau supérieur aux attentes des économistes.

1,6%
Inflation en zone euro
En avril, l'inflation de la zone euro a accéléré à 1,6%, un sommet en deux ans.

Il s'agit aussi de la plus forte progression des prix producteurs en près de deux ans et demi. Cette évolution devrait finir par soutenir les prix à la consommation au fil du temps, en fonction du "pricing power" (capacité à dicter les prix) des entreprises. L'inflation a d'ailleurs déjà commencé à accélérer nettement le mois dernier: elle a atteint 1,6% en zone euro, son plus haut niveau en deux ans. D'après le Financial Times, des géants de l'alimentation et des produits de grande consommation, tels que Nestlé , Procter & Gamble ou encore Unilever , ont déjà prévu de répercuter la hausse des coûts des matières premières, du transport et de l'emballage sur les consommateurs.

Yellen fait le show

Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine. ©REUTERS

Le thème de l'inflation a aussi fait un retour fracassant à Wall Street mardi, quand la secrétaire au Trésor des États-Unis, Janet Yellen, a déclaré dans une interview qu'"il se pourrait que les taux d'intérêt doivent monter quelque peu pour s'assurer que l'économie américaine ne surchauffe pas".

Ces propos ont fait grand bruit. Non seulement, Janet Yellen dirigeait la Réserve fédérale (Fed) avant son président actuel, Jerome Powell, mais en plus, elle fait désormais partie de l'administration du président Joe Biden, qui a toujours défendu l'indépendance de la banque centrale.

La patronne du Trésor US a dû ensuite rectifier le tir, en précisant que ses propos sur les taux n'étaient ni une prévision, ni une recommandation de sa part. "Si quelqu'un apprécie l'indépendance de la Réserve fédérale, je pense être cette personne", a-t-elle ajouté.

L'inflation, risque sous-estimé?

Si les déclarations de Yellen ont suscité beaucoup de réactions parmi les observateurs des marchés boursiers, les investisseurs ont quant à eux conservé leur sang-froid. Les taux américains sont restés stables. Mercredi, le taux US à dix ans, référence du marché, stagnait autour de 1,59%.

"Il ne devrait pas être choquant que les plans de dépenses du gouvernement US poussent les taux d'intérêt à long terme à la hausse."
Michael Gapen
Chef économiste de Barclays aux États-Unis

Les marchés actions ont également peu réagi aux propos de la secrétaire d'État. "Il ne devrait pas être choquant que les deux très larges plans de dépenses (de l'administration Biden, NDLR) poussent les taux d'intérêt à long terme à la hausse", a analysé Michael Gapen, chef économiste chez Barclays aux États-Unis, cité par l'agence Bloomberg.

Reste que les propos de Yellen mettent l'accent sur une préoccupation majeure des investisseurs actuellement, qui risque d'orienter la tendance dans les prochains mois. La maison de gestion d'actifs BlackRock a récemment estimé que le marché sous-estimait les risques liés à l'inflation à moyen terme. Mercredi, un investisseur légendaire de Wall Street, Leon Cooperman, connu pour une carrière respectée chez Goldman Sachs et la création d'un fonds spéculatif à succès, a estimé que l'inflation forcerait la Fed à relever ses taux directeurs dès l'année prochaine.

Le spectre de l'inflation a déjà conduit certains investisseurs à modifier leur stratégie, notamment en privilégiant les actions de valeur au détriment des actions de croissance.

Le résumé

  • L'inflation revient avec insistance en tant que préoccupation du moment sur les marchés.
  • Les statistiques attestant l'accélération de la hausse des prix se multiplient.
  • Janet Yellen, secrétaire au Trésor US, a surpris en estimant qu'il faudrait sans doute une hausse de taux pour éviter une surchauffe de l'économie.
  • Les marchés sont restés calmes mais certains investisseurs ont déjà changé de stratégie face au spectre de l'inflation.

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