Le Trésor revoit ses besoins de financement de 17% à la baisse

Jean Deboutte (Agence de la dette) a souligné que les taux d'intérêt sont plus élevés cette année. ©BELGA

Pour cette année, l'Agence fédérale de la dette a revu à la baisse ses besoins de financement, à 43,61 milliards d'euros. Elle a bénéficié du coup de pouce du financement SURE.

L'Agence de la dette bénéficie de vents plus favorables cette année. Lors de la présentation de son rapport annuel, elle a indiqué que ses besoins de financement ont diminué pour cette année, alors que la situation économique s'améliore. Pour rappel, en 2020, ses besoins de financement avaient fortement augmenté en raison de la crise liée au Covid-19.

43,61
milliards d'euros
Le Trésor a calculé que cette année, ses besoins de financement seront 17% moins élevés qu'en 2020.

Pour cette année, le Trésor prévoit son besoin de financement à 43,61 milliards d'euros, 17% plus bas qu'en 2020. La grande partie de ce montant sera financée par l'émission d'obligations linéaires (OLO), pour 36,41 milliards d'euros. L'Agence de la dette a déjà émis pour 22,28 milliards d'euros d'OLO jusqu'à présent. Cela tombe bien, car cette année, elle ne peut plus compter sur des taux négatifs à long terme. "Le niveau des taux d'intérêt est plus élevé qu'en 2020, aussi bien pour les échéances à dix ans que celles à 30 ans" a noté Jean Deboutte, directeur de l'Agence fédérale de la dette. Le taux belge à dix ans est repassé en positif depuis le mois de février. Le Trésor a calculé une échéance moyenne de 19 ans avec un taux moyen de 0,066% pour ses émissions obligataires, contre 0,03% en 2020.

Le Trésor bénéficie par contre toujours de taux négatifs pour les échéances à plus court terme. Le taux à cinq ans s'affiche actuellement à -0,43%. Les rachats d'obligations de la Banque centrale européenne dans le cadre de son PEPP (programme d'achat d'urgence face à la pandémie) maintiennent les taux à court terme bas. "La BCE a dépensé environ 35 milliards d'euros à l'achat de dette publique belge en 2020, essentiellement des obligations à court terme" a précisé Jean Deboutte.

Cette année, l'Agence de la dette peut aussi compter sur le financement SURE (des prêts accordés par l'Union européenne aux États membres). Elle a déjà reçu pour 4,21 milliards d'euros de ces prêts, un montant deux fois supérieur à celui de l'an dernier. Au total, elle a obtenu 6,2 milliards d'euros, ce qui va "permettre une économie d'environ 100 millions d'euros en termes de charges d'intérêt futures" indique Jean Deboutte. Presque 2 milliards d'euros ont été transférés aux régions et communautés.

Une dette importante

Alexandre De Geest, administrateur général de l'Agence de la dette, a constaté que le taux d'endettement a lui augmenté de 16% en 2020 par rapport à 2019, pour s'établir à 114,1%.

"La combinaison d'un déficit important et d'un recul important de la croissance ont fait augmenter le taux d'endettement davantage que dans la zone euro."
Alexandre De Geest
Administrateur général de l'Agence de la dette

"La combinaison d'un déficit important et d'un recul important de la croissance ont fait augmenter le taux d'endettement davantage que dans la zone euro" a-t-il indiqué. Le niveau de la dette est revenu à celui de 1999. "Par rapport à 1999, la différence avec le taux d'endettement de la zone euro a baissé à 16% contre 40% en 1999. Mais ce n'est pas réjouissant pour autant" a-t-il ajouté.

"Il sera très compliqué de revenir à un taux d'endettement de 60% après la pandémie."
Alexandre De Geest
Administrateur général de l'Agence de la dette

Pour cette année, le taux d'endettement devrait augmenter encore un peu. Alexandre De Geest a souligné que seuls 7 pays de la zone euro respectent encore le critère de 60% du PIB établis par le traité de Maastricht. "La bonne nouvelle, c'est que la France est passée devant nous en termes de taux d'endettement" relève-t-il. "Mais cela pose la question de quel est le bon niveau de dette. Après 2023, quelles seront les règles budgétaires?" s'interroge-t-il. "Il sera très compliqué de revenir à un taux d'endettement de 60% après la pandémie" ajoute-t-il.

La dette reste toutefois soutenable grâce aux taux d'intérêt très bas, qui restent inférieurs au taux de croissance du PIB. Jean Deboutte a indiqué que le différentiel entre le taux d'intérêt de la dette et le taux de croissance nominal du PIB est important pour prendre en compte l'évolution du taux d'endettement.

Le résumé

  • L'Agence de la dette a calculé que, cette année, ses besoins de financement seront 17% plus bas qu'en 2020.
  • Elle doit composer cette année avec des taux d'intérêt plus élevés.
  • Le Trésor a bénéficié de 6,2 milliards d'euros de financement SURE venant de l'Union européenne.
  • Le taux d'endettement de la Belgique a grimpé de 16% en 2020, et devrait encore progresser cette année.

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