Le vent des fusions et acquisitions souffle sur les marchés

Lundi, les banques espagnoles Liberbank et Unicaja ont confirmé discuter d'un rapprochement, ce qui a fait bondir leurs actions à la Bourse de Madrid. ©ZUMAPRESS.com

En ce début de troisième trimestre, les marchés boursiers bruissent d'informations relatives à des acquisitions. Plusieurs actions en ont tiré profit.

En bourse, le mois d'octobre a généralement bien commencé. C'est en partie dû au vent des fusions et acquisitions: plusieurs opérations de M&A (mergers and acquisitions) ont été évoquées ou annoncées officiellement ces derniers jours, ce qui a provoqué des ajustements de cours boursiers parfois sensibles.

Beaucoup de ces transactions potentielles ou avérées concernent le secteur financier, ce qui peut expliquer pourquoi les valeurs bancaires caracolent en tête des hausses sectorielles en Europe depuis le 1er octobre, avec un gain d'environ 5%. Au sein de l'indice Stoxx Banks , c'est l'action Banco BPM qui occupe la première place en ce début de trimestre, avec un bond de quelque 13%. La troisième banque italienne pourrait faire l'objet d'une offre du français Crédit Agricole , a annoncé l'agence Reuters au début du mois.

1.000 mrds $
Le montant total de M&A dans le monde au troisième trimestre
Selon les données de Refinitiv, des transactions d'une valeur totale de plus de 1.000 milliards de dollars ont été enregistrées dans le monde de juillet à septembre.

Lundi, les banques espagnoles Unicaja et Liberbank ont confirmé être en contact en vue d'une possible fusion. L'action Unicaja s'est envolée de 15,14% lundi, avant de subir des prises de bénéfice (-5,69%) ce mardi. Scénario identique pour Liberbank, qui a bondi de 13,58% lundi avant de refluer le lendemain (-2,85%). Le même jour, Intesa Sanpaolo a annoncé l'acquisition de 69% du capital de la banque privée suisse Reyl & Cie, non cotée en bourse. Intesa a gagné 4,77% en Bourse de Milan depuis le début de la semaine. La première banque italienne a donc encore de l'appétit après avoir repris Ubi Banca l'été dernier.

Rivalité dans les paiements

Par ailleurs, des médias français ont relayé, lundi, une note de Morgan Stanley détaillant les avantages potentiels d'un rapprochement entre BNP Paribas et Société Générale . Les actions des deux groupes ont nettement progressé en deux jours, de 8,35% et 10,09% respectivement. Enfin, le patron de Deutsche Bank , Christian Sewing, a indiqué, dans une interview à l'agence Bloomberg, qu'il n'excluait pas d'envisager une acquisition dès l'année prochaine en cas de redressement du cours boursier du groupe allemand.

Le vent des fusions et acquisitions explique en partie le bon début de mois d'octobre en bourse.

Le vent des fusions et acquisitions souffle aussi sur le secteur des services de paiement. L'italien Nexi va acquérir son compatriote SIA pour un montant de 4,56 milliards d'euros. Cette opération créera un groupe de plus de 15 milliards d'euros, capable de concurrencer le français Worldline qui, avec la reprise de son compatriote Ingenico qui se clôturera le 15 octobre, atteindra un poids de près de 20 milliards d'euros.

Dans ce secteur, on peut aussi épingler la reprise du suisse Avaloq par le japonais NEC , annoncée lundi. Avaloq, spécialiste des technologies pour l'industrie des services financiers, n'est pas coté en bourse mais la transaction a retenu l'attention car elle atteint 2,05 milliards de francs suisses.

Creux dû à la crise

Grosse opération également dans le secteur de l'ingénierie et de l'infrastructure, où le français Vinci a annoncé vendredi son intention d'acquérir la division services industriels de l'espagnol Grupo ACS , dirigé par Florentino Perez, le président du club de football Real Madrid. Le montant mis sur la table atteint 5,2 milliards d'euros. ACS a bondi de plus de 25% vendredi.

La frénésie des fusions et acquisitions était déjà palpable au cours du troisième trimestre. Selon les données de Refinitiv, des transactions d'une valeur totale de plus de 1.000 milliards de dollars ont été enregistrées dans le monde de juillet à septembre. Le creux du deuxième trimestre, dû à la crise sanitaire, n'est pas résorbé: sur neuf mois, le M&A a atteint 2.200 milliards de dollars dans le monde, soit 21% de moins qu'un an plus tôt.

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