Les 1.500 dollars dans le viseur de l'once d'or

Pour retrouver son plus haut historique établi en septembre 2011, le prix de l'or doit encore monter de 32%. ©Bloomberg

Le peu de rendement qu'offrent les marchés d'actions et d'obligations incitent les investisseurs à profiter de la sous-performance des prix de l'or depuis 2012.

Le prix de l’once d’or  paraît durablement s’incruster dans un trend haussier. Depuis le milieu de l’été 2018 au cours duquel il était tombé jusqu’à 1.174 dollars, il accumule des performances qu’aucune Bourse dans le monde n’affiche. Il accuse à ce jour une progression de 23% sur les marchés internationaux. A titre de comparaison, l’indice S&P 500 de la Bourse de New York qui vient de franchir la barre historique des 3.000 points, enregistre une hausse de 6% sur la période correspondante.

Dans la matinée de vendredi, l'once d'or a retrouvé le seuil des 1.450 dollars pour la première fois depuis la mi-2013, avant de revenir à 1.440 dollars en fin de journée.

Actions et obligations chères

Le métal jaune est-il en mesure de poursuivre encore bien longtemps sur cette trajectoire haussière. Pour tenter de le savoir, il peut être utile de cerner les raisons pour lesquelles le métal jaune fait l’objet d’intérêt depuis plusieurs mois.

  • Les Bourses viennent de connaître un de leur plus beau début d’année de ces 25 dernières années. Elles évoluent actuellement à des niveaux que l’on ne peut plus considérer comme attractifs, comme étant bon marché. Les actions du S&P 500 par exemple se traitent aujourd’hui à 19,5 fois en moyenne les bénéfices que réalisent les sociétés américaines. Il y a peu de chances que ce ratio revienne à des niveaux moins élevés dans les mois à venir, alors que les résultats en cours de publication à Wall Street sont attendus en légère baisse. 
  • Certains observateurs pointent du doigt les rendements anecdotiques, voire négatifs relevés sur le marché de le dette, pour expliquer cet engouement pour le métal jaune.
    Une explication qui est loin cependant de faire l’unanimité parmi les expertes du marché de l’or. En raison de l’envolée des prix pétroliers dans les années 1970 et qui a fait s’envoler les prix à la consommation, les rendements pouvaient s’élever jusqu’à 20% sur le marché des obligations. Cela n’a pas empêché au même moment les cours de l’or d’être portés de sommet en sommet par les investisseurs à l’affût de protection face à l’inflation galopante de l’époque.

  • Le peu de rendement que l’on est en droit d’attendre d’un investissement en actions ou en obligations à court terme, est ce qui alimente pour beaucoup l’engouement des investisseurs pour le métal précieux. Le sentiment que la banque américaine devrait abaisser prochainement ses taux directeurs, en raison des incertitudes concernant la croissance de l’activité aux Etats-Unis, ne permet pas d’imaginer un rebond de ces rendements dans un délai rapproché.
    Il n’est pas surprenant dès lors que les investisseurs profitent  par la même occasion de la nette sous-performance des cours de l’or depuis 2012. Depuis le dernier sommet atteint en septembre 2011 (1.900  dollars), l’once d’or accuse encore un retard de 32%. 

 

 Banques centrales à l’achat

Les investisseurs profitent aussi des importants achats d’or effectués ces derniers mois par des banques centrales comme celle de Chine qui cherche à diversifier ses réserves de changes, ou de la Russie qui s’attèle à " dé-dollariser " ses réserves. 

Sur la seule année 2018, les banques centrales ont acquis 651 tonnes d’or. Soit 74% de plus qu’en 2017, et aussi le niveau le plus élevé depuis 1971.
Isabelle Strauss-Kahn
World Gold Council

"Sur la seule année 2018, rappelle Isabelle Strauss-Kahn, de chez World Gold Council, les banques centrales ont acquis 651 tonnes d’or. Soit 74% de plus qu’en 2017 et en même temps le niveau le plus élevé depuis 1971".  Elles devraient encore acheter 600 tonnes d’or cette année, évalue la firme de consulting Metal Focus (Londres). Voire 700 tonnes selon la banque américaine Citigroup.

Pour plusieurs de raisons énoncées ci-avant, l’éclat de l’or ne devrait pas se ternir de si tôt. Après celle des 1.450 dollars, la barre des 1.500 dollars pourrait bien être dans le viseur. Un sondage réalisé par Bloomberg auprès d’analystes du secteur cette semaine, indique que 68% des répondants sont haussiers sur les cours de l’or contre 38% il y a un mois. 

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