Les actionnaires devront se serrer la ceinture cette année

D'après les calculs de Janus Henderson, les banques sont responsables de quasiment la moitié de la baisse des dividendes en Europe. ©dividend

La pandémie du Covid-19 a lourdement impacté le versement de dividendes, particulièrement en Europe. Janus Henderson s'attend à la pire année depuis la crise financière.

L'année 2020 aura été particulièrement difficile pour les aficionados du dividende. Selon le rapport publié par Janus Henderson ce lundi, les entreprises cotées ont versé à leurs actionnaires quelque 383,2 milliards de dollars entre avril et juin, ce qui représente le montant total le plus faible enregistré au cours d'un deuxième trimestre depuis 2012. "Les dividendes ont diminué dans toutes les régions du monde, sauf en Amérique du Nord grâce notamment à la résistance des entreprises canadiennes", constate le gestionnaire d'actifs, qui analyse les données des 1.200 plus importants groupes dans le monde en termes de capitalisation boursière.

83,4
milliards $
Les sociétés européennes cotées en bourse ont distribué un plus de 80 milliards de dollars au deuxième trimestre 2020.

En Europe, où le deuxième trimestre est la période la plus importante pour les dividendes, quelque 83,4 milliards de dollars ont été distribués contre 150,3 milliards un an auparavant. "Un nombre inédit de sociétés européennes (54%) ont réduit leurs dividendes (...) et les deux tiers d'entre elles les ont tout simplement supprimés", lit-on dans le rapport.

Prenez par exemple le cas de KBC qui a annulé son dividende ou d'AB InBev qui l'a réduit de moitié pour la seconde année consécutive.

Des banques aux ordres du régulateur

D'après les calculs de Janus Henderson, les banques sont responsables de quasiment la moitié de la baisse des dividendes en Europe. Rappelons cependant que la Banque centrale européenne (BCE) leur a demandé de ne pas verser de dividendes ni de racheter d'actions propres au moins jusque janvier 2021.

"Étonnamment, les services à la collectivités ont également fortement affecté les résultats en raison, entre autres, des annulations enregistrées en France."
Janus Henderson

Mais d'autres secteurs ont aussi réduit leurs dividendes pour protéger leur bilan et préserver leurs liquidités. Parmi ceux-ci, le rapport pointe ceux de la consommation discrétionnaire, de la construction, des transports et de l'aérospatiale. "Étonnamment, les services à la collectivités (qui résistent normalement bien pendant les périodes difficiles, NDLR) ont également fortement affecté les résultats en raison, entre autres, des annulations enregistrées en France", ajoute-t-il.

Janus Henderson note d'ailleurs que la France (le plus gros pourvoyeur en Europe), l'Espagne, l'Italie et la Suède ont enregistré les plus fortes baisses, tandis que l'Allemagne a été beaucoup moins affectée et la Suisse, pas du tout.

Compte tenu de toutes ces données, le gestionnaire a revu ses projections pour l'ensemble de l'année. Il table désormais sur un montant total de 1.180 milliards de dollars (soit une baisse de 17% par rapport à 2019) dans son scénario le plus optimiste, et sur 1.100 milliards (-23%) pour le plus pessimiste. "2020 est appelée à être la pire année depuis au moins la crise financière mondiale."

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