Les actions bancaires peinent à séduire durablement les investisseurs

L'action KBC en Bourse n'est pas particulièrement bon marché. La qualité se paie. ©Photo News

Ce secteur, qui avait rebondi de 9% sur les marchés européens en septembre, n'arrive pas à conserver durablement un profil haussier. Il a déjà recédé une bonne partie de cette performance.

Il n’arrive pas à relever la tête une fois pour toutes sur les marchés. Des 19 sous-groupes sectoriels de l’indice Stoxx 600, celui des actions bancaires reste désespérément lanterne rouge dans le registre des actions les plus performantes sur les Bourses en Europe. Depuis le point le plus bas de la crise financière touché par les Bourses en mars 2009, l’indice Stoxx 600 des Banques a limité sa remontée à 38%, à 125 points. Au printemps 2007, il caracolait à …540 points.

Heureusement qu’il arrive aux banques de distribuer de copieux dividendes. Ceux qui ont eu l’idée de les réinvestir dans les actions de ce secteur voient alors leur gain monter à 102% en 10 ans, selon Bloomberg, contre 250% pour le Stoxx 600 général.

La qualité se paie

Cela dit, il convient de ne pas glisser dans le même sac toutes les valeurs bancaires. Celles pour lesquelles les investisseurs affichent le moins d’engouement pour le moment restent les allemandes Commerzbank et Deutsche Bank. En dépit du fait qu’elles cotent à 0,25 fois seulement la valeur comptable par action de ces institutions, ils ne se précipitent pas aux portillons de la Bourse de Francfort pour en acquérir. Ces deux banques, qui ne versent qu’irrégulièrement des dividendes, sont contraintes à  restructurer drastiquement leurs affaires.

Considérées il y a peu encore comme étant à l’agonie, les banques retrouvent une certaine santé à Milan. Leurs actions font partie des rares à afficher des gains dans le secteur en Europe depuis le début de cette année. Le secteur s’est au cours des dernières années restructuré à une cadence effrénée. Entre 2006 et 2016, il y a eu plus de 300 opérations de fusion-acquisition. Leur talon d’Achille reste cependant le haut niveau des créances douteuses non provisionnées.

Entre les banques italiennes et allemandes, celles qui cotent à Paris comptent parmi celles qui  séduisent le plus en Europe. Elles cotent sous la valeur comptable par action de ces institutions financières,  entre 0,3 (Société générale) et 0,7 (Crédit agricole). Elles offrent de plus un beau dividende, que les taux d’intérêt planchers et la baisse des affaires dans leur banque d’investissement, voire aussi la concurrence des banques en ligne, pourraient toutefois mettre sous pression.

Avec une valeur boursière qui représente 1,3 fois la valeur comptable de la banque, le bancassureur KBC compte parmi les banques les plus chères en Europe avec l’espagnole Santander (1,2 fois) qui, en raison du Brexit, vient d'enregistrer un élément comptable négatif exceptionnel sur sa filiale britannique, et la suisse Julius Baer (1,5 fois). Mais la qualité se paie. On en trouve également en Scandinavie. Attention toutefois au risque de "blanchiment d’argent" en cours d’élucidation par les autorités judiciaires, qui touche notamment Danske Bank. Mais aussi chez nos voisins bataves: ING, dont le cours est de ce fait en souffrance à la Bourse d’Amsterdam, et ABN Amro.

Test de résistance    

La situation de liquidité de près de la moitié des 103 banques de la zone euro soumises à la surveillance prudentielle directe de la banque centrale européenne (BCE), est globalement confortable
La BCE

Elément encourageant, on a appris lundi que "la situation de liquidité de près de la moitié des 103 banques de la zone euro soumises à la surveillance prudentielle directe de la Banque centrale européenne (BCE), est globalement confortable". C’est ce qui ressort d’une note publiée par la BCE se basant sur les résultats du test de résistance prudentiel de 2019. Ces banques ont déclaré une période de survie, sans accès aux marchés de financement donc, de plus de 6 mois en cas de choc défavorable, et de 4 mois en cas de choc extrême.

Les vulnérabilités relevées au cours de ce test et nécessitant un suivi prudentiel portent notamment sur les monnaies étrangères, sur la qualité des données et sur la gestion des garanties, dit encore la BCE.

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