Les actions étrangères favorites: les valeurs techno et sport plébiscitées

En optant pour Basic-Fit, les experts boursiers misent sur une action qui a été touchée de plein fouet par la crise du coronavirus. ©Pim Ras Fotografie

Pas moins de la moitié des dix actions étrangères préférées proviennent du secteur technologique. Avec Basic-Fit et Adidas, les experts misent également sur la chasse aux kilos accumulés pendant le confinement.

Cette année, on trouve 52 entreprises étrangères sur les 14 listes envoyées par les experts. Une seule action célèbre manque à l’appel: Walt Disney. Après une chute du cours de 20%, l’action a disparu des radars alors qu’elle faisait partie du top absolu à la fin de l’an dernier. La raison? Disney a dû fermer bon nombre de ses parcs d’attractions partout dans le monde.

1) Ubisoft

Deux maisons de bourse ont placé la même action en tête de leur liste d’actions mondiales, à savoir le développeur et distributeur français de jeux vidéo Ubisoft. "L’entreprise a été fondée par cinq frères de la famille Guillemot. Au départ, elle n’était qu’un modeste distributeur de logiciels sur le marché français, mais la société s’est rapidement développée à l’international et a commencé à concevoir ses propres jeux", explique son fan club chez Dierickx Leys.

"Elle a connu une véritable percée en 2007 avec son jeu ‘Assassin’s Creed’, qui a connu un succès phénoménal." Aujourd’hui, Ubisoft produit toute une gamme de (séries de) jeux. L’entreprise a profité de la crise du coronavirus. "L’éclatement de la pandémie a donné un solide coup de pouce aux ‘loisirs à domicile’ et devrait se traduire par une forte hausse du nombre d’utilisateurs uniques actifs", explique-t-on chez Leleux AB. Dierickx Leys regarde déjà plus loin. "Fin 2020 ou début 2021, un nouveau cycle commencera pour les consoles, ce qui devrait profiter à tous les producteurs de jeux, dont Ubisoft."

"L’éclatement de la pandémie a donné un solide coup de pouce aux ‘loisirs à domicile’ et devrait se traduire par une forte hausse du nombre d’utilisateurs uniques actifs pour Ubisoft."
Leleux AB

2) Alibaba

Il est plutôt rare de trouver une action chinoise dans ce hit-parade. Alibaba, principal acteur chinois du commerce en ligne, se retrouve sur deux listes. Comme Ubisoft, Alibaba a tiré les marrons du feu pendant la crise du coronavirus. Le groupe a profité à la fois des achats en ligne (Taobao) et du travail généralisé à domicile (Alibaba Cloud).

Malgré tout, Alibaba a revu à la baisse ses estimations de hausse annuelle de ses ventes, qui passerait de 35 à 27,5%. "Dans la foulée de la pandémie de Covid-19, les consommateurs chinois se montrent encore assez frileux quand il s’agit d’acheter des produits plus chers. Par ailleurs, la concurrence ne reste pas les bras croisés. ByteDance et Pinduoduo ne cessent de titiller Alibaba", explique-t-on chez Van Lanschot. "Alibaba a cependant de bonnes cartes dans son jeu. A l’instar des Américains qui ont acquis le réflexe de faire leurs achats sur Amazon, les Chinois achètent sur Taobao." Chez KBC Asset Management, on se montre tout aussi enthousiaste: "A court terme, les incertitudes économiques dues à la crise du coronavirus pourraient encore peser sur la consommation chinoise, mais cette situation ne remet pas en question la croissance structurelle d’Alibaba à long terme." L’entreprise est cotée à Wall Street et doit vivre avec la menace récurrente d’un bannissement des actions chinoises de la bourse américaine. "Le cas échéant, elle pourra se replier sur sa cotation en bourse de Hong Kong", concluent les experts de Van Lanschot.

3) Basic-Fit

En optant pour Basic-Fit, les experts boursiers misent sur une action qui a été touchée de plein fouet par la crise du coronavirus. "Lorsque le monde ignorait encore que les choses iraient aussi loin – c’est-à-dire le 20 février – l’action Basic-Fit a clôturé la séance à 35,20 euros. Le lundi 23 mars, elle ne valait plus que 10,90 euros. Comme l’a écrit le poète néerlandais Bredero (1585-1618), ‘Les choses peuvent changer’. Depuis lors, l’action a déjà retrouvé de belles couleurs", explique-t-on chez Van Lanschot. Le banquier privé s’attend à des jours meilleurs. "L’entreprise a récemment renforcé son bilan (via une augmentation de capital) et nous voyons des signes annonciateurs d’une augmentation du nombre d’abonnés."

35,20
euros
Le 20 février dernier, l’action Basic-Fit a clôturé la séance à 35,20 euros. Le lundi 23 mars, elle ne valait plus que 10,90 euros.

Chez Test-Achats Invest, on renchérit: "Si les mesures de déconfinement ne provoquent pas trop de problèmes, les investisseurs ne bouderont certainement pas les actions de ce groupe dynamique et ambitieux en plein développement." Les deux spécialistes pensent que Basic-Fit pourrait racheter de petits acteurs grâce à la crise. Le principal risque pour la chaîne de salles de sport est évident: une deuxième vague (importante) de coronavirus en Europe.

4) ASMI

C’est la seule action à encore faire partie de la sélection d’actions étrangères après six mois, grâce à Rivertree Investment Funds (Puilaetco). ASM International produit des machines destinées à la fabrication de semi-conducteurs. "Le monde a besoin de plus en plus de puces électroniques miniaturisées. ASMI dispose de la technologie ad hoc." Chez Nagelmackers, on ajoute: "L’entreprise est en train de construire une nouvelle usine à Singapour pour répondre à la demande future, qui sera boostée par le passage à la 5G, l’intelligence artificielle, le Cloud Computing, les centres de données, le gaming et les voitures autonomes." A 17,5 fois le bénéfice estimé pour 2020, Nagelmackers trouve l’action intéressante.

5) Roche

Le géant pharmaceutique suisse Roche Holding se retrouve régulièrement dans la sélection de nos experts. Les fonds de Degroof Petercam Asset Management détiennent l’action en portefeuille. "Roche est surtout connu pour sa position enviable dans les médicaments contre le cancer (Avastin, Rituxan et Herceptin). Mais avec la crise de la Covid-19, le groupe a également démontré ses capacités dans le segment du dépistage des maladies et des anticorps."

Chez KBC Asset Management, on qualifie Roche de "best in class en R&D" et de "top pick" au sein du secteur pharmaceutique. Le gestionnaire a noté dans son agenda quelques moments clés du second semestre 2020, à savoir la publication des données sur le tiragolumab (immunothérapie de deuxième génération contre le cancer) et les résultats de la phase 3 pour l’etrolizumab (colite ulcéreuse, une affection chronique de l’intestin), l’ipatasertib (cancer du sein et de la prostate) et le faricimab (œdème maculaire chez les patients diabétiques). Les analystes de KBC AM apprécient aussi tout particulièrement les "nouveaux produits à fort potentiel" de Roche, comme l’Ocrevus (sclérose en plaques) et l’Hemlibra (hémophilie).

"Avec la crise de la Covid-19, Roche a également démontré ses capacités dans le segment du dépistage des maladies et des anticorps."
Degroof Petercam

6) Corbion

Chez Nagelmackers, on ne jure que par ce producteur néerlandais d’ingrédients alimentaires et biochimiques. "Les activités clés du groupe génèrent des flux de trésorerie stables et abondants. Par ailleurs, Corbion est également actif dans des segments de niche comme le plastique biodégradable et les ingrédients alimentaires à base d’algues", explique-t-on chez Nagelmackers. "Ces activités sont encore assez limitées et non rentables, mais pourraient devenir le moteur de croissance du groupe à long terme. La forte exposition de l’entreprise aux secteurs agroalimentaire, pharmaceutique et médical confère au titre un profil défensif." Chez Kepler Cheuvreux, on souligne l’entrée probable d’investisseurs durables. "Les activités de Corbion se situent très haut sur la liste des investisseurs qui classent les entreprises sur base de critères de durabilité."

7) Berkshire Hathaway

Avec sa société d’investissement Berkshire Hathaway, le gourou de l’investissement Warren Buffett fait son entrée sur notre liste d’actions préférées, grâce notamment à une première place au hit-parade de L’Investisseur. "On peut bien entendu critiquer ses quelques coups manqués et son énorme montagne de cash, mais Buffett est en bonne position pour faire de bonnes affaires dans la foulée de la crise de la Covid-19. De plus, la décote du titre par rapport à sa valeur intrinsèque dépasse aujourd’hui les 20%." Un record historique. "Il ne faut pas s’étonner que le holding augmente ses rachats d’actions propres." Mais combien de temps Warren Buffett (90 ans) et son associé Charlie Munger (96 ans) resteront-ils encore à la barre du navire? "Vu leur âge, il faut s’attendre un jour à de mauvaises nouvelles, mais leur succession et la culture d’investissement du groupe semblent assurées", explique-t-on chez L’Investisseur.

Même son de cloche chez ING Private Banking: "Un holding disposant d’abondantes liquidités comme Berkshire est idéal en période d’incertitudes économiques. De plus, Buffett a prouvé à maintes reprises qu’il était capable de profiter de la crise pour faire de bonnes affaires." Une action classique "A" de Berkshire coûte aujourd’hui la bagatelle de 270.000 dollars, mais il existe heureusement une variante "B" qui ne coûte "que" 180 dollars.

8) Amazon

A la fin de l’an dernier, aucune action "Big Tech" ne figurait dans ce palmarès. Une crise de coronavirus plus tard, on en trouve deux dans le top 10. "Amazon est un des vainqueurs de la crise du coronavirus. La Covid-19 a accéléré le développement de certaines méga tendances comme les achats en ligne et le Cloud Computing", explique-t-on chez Leo Stevens & Cie.

Avec le Cloud Computing, un package (logiciels et données) est mis à la disposition de l’entreprise via un réseau (la plupart du temps internet). Ces packages comprennent aussi parfois le matériel. "Ces dix dernières années, le chiffre d’affaires d’Amazon est passé de 34 milliards à 280 milliards de dollars. Cette croissance n’est pas près de s’arrêter. Amazon a créé un écosystème tellement solide que l’Américain moyen peut difficilement l’éviter."

Dierickx Leys croit également dans Amazon. Pour le banquier privé, il existe une différence importante par rapport à Alibaba: "Contrairement à son concurrent chinois, Amazon possède des entrepôts et des stocks." Au cours du deuxième trimestre (en cours), les frais liés à la crise sanitaire devraient peser sensiblement sur le résultat net. "L’entreprise continue à se développer et les coûts liés à la pandémie ne sont que temporaires. "

280
milliards de dollars
Ces dix dernières années, le chiffre d’affaires d’Amazon est passé de 34 milliards à 280 milliards de dollars.

9) Microsoft

Chez Van Lanschot, on ne cache pas son admiration pour la division "cloud" de Microsoft. "Le moteur de croissance Azure affiche une hausse de 61% de son chiffre d’affaires. Chez AWS, du groupe Amazon, la hausse n’est ‘que’ de 40%. De plus, la marge brute augmente chez Azure, ce que nous estimons positif pour l’action Microsoft."

Chez Dierickx Leys, on renchérit: "Grâce au cloud, l’utilisateur ne doit plus être propriétaire du hardware et du software, mais paie un abonnement (Software as a Service)." Microsoft a, lui aussi, profité de la crise du coronavirus: le recours massif au télétravail a non seulement augmenté la demande pour Microsoft Teams et les applications Cloud, mais il a fallu fournir aux télétravailleurs des ordinateurs et des tablettes (sur lesquels tournent toutes sortes de logiciels Microsoft). Le prix de l’action représente 34 fois les bénéfices attendus, mais chez Van Lanschot on estime que ce coût est justifié.

10) Adidas

En dixième et dernière position de notre palmarès, on trouve la principale participation de GBL (19% du portefeuille), Adidas, qui a vu ses ventes s’effondrer à cause de la crise sanitaire. "Pour nous c’est clair. Adidas reste une marque solide", explique-t-on chez ING Private Banking. Ce qui est confirmé par les données encourageantes sur les ventes en ligne organisées par la firme elle-même (et donc avec des marges plus élevées). "Suite à la crise du coronavirus, c’est le bon moment pour acheter cette action pour le long terme." L’initié de la bourse considère les paroles du CEO Kasper Rorsted comme encourageantes. "Il se montre positif et constate que les consommateurs s’intéressent de plus en plus à leur santé et souhaitent rester en forme en faisant du sport."

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