analyse

Les actions sont-elles devenues trop chères?

Si la tendance haussière se confirme ce mardi, l'indice MSCI Monde affichera douze progressions consécutives, du jamais vu depuis fin 2003. ©AFP

L'indice MSCI Monde vient d'enregistrer sa plus longue série haussière depuis 2009. Mais sa valorisation est aussi la plus élevée depuis cette même année.

Où s'arrêteront les cours boursiers? Depuis le début du mois de février, les actions n'arrêtent pas de grimper, soutenues par l'espoir d'un retour à la normale grâce aux vaccins et par les plans de relance économique annoncés aux États-Unis et en Europe.

L'indice MSCI Monde, représentatif de la tendance des marchés d'actions des principales places financières de la planète, vient d'enchaîner onze hausses d'affilée, ce qui n'était plus arrivé depuis juillet 2009. Si la tendance haussière se confirme ce mardi, il affichera douze progressions consécutives, du jamais vu depuis fin 2003.

Valorisations élevées

Mais, avertit l'agence Bloomberg, cette envolée coïncide aussi avec une forte hausse de la valorisation des actions. Le ratio cours/bénéfice du MSCI Monde est revenu à 35, un niveau qui n'avait plus été observé depuis fin 2009. Les actions mondiales se traitent donc à des prix qui représentent trente-cinq fois les bénéfices attendus dans l'année à venir.

35
Ratio cours/bénéfice du MSCI World
Les actions mondiales de l'indice MSCI World cotent à un prix qui équivaut à trente-cinq fois leurs bénéfices attendus durant l'année.

Il se peut toutefois que les anticipations bénéficiaires soient revues à la hausse dans les prochains mois, compte tenu de l'évolution économique, ce qui ramènerait les valorisations à des niveaux plus raisonnables.

En attendant, l'optimisme se confirme aussi sur le marché des obligations, où les taux d'intérêt ont tendance à se tendre, signe que les investisseurs sont disposés à prendre davantage de risque et délaissent les titres à revenus fixes. Ce phénomène, qui a débuté aux États-Unis, se constate à présent aussi en Europe.

MSCI World

Des professionnels très confiants dans la reprise économique

L'heure est également à l'optimiste exubérant du côté des gestionnaires de portefeuille. Selon le dernier sondage de Bank of America, réalisé entre le 5 et 11 février auprès 225 investisseurs institutionnels, 91% des personnes interrogées pensent que la situation économique va s'améliorer. Du jamais vu depuis cette enquête mensuelle - l'une des plus suivies à Wall Street - lancée en 1998.

"La seule raison d'être pessimiste est… qu'il n'y a aucune raison d'être pessimiste."
Michael Hartnett
Chief investment strategist chez Bank of America

"La seule raison d'être pessimiste est… qu'il n'y a aucune raison d'être pessimiste", s'inquiète Michael Hartnett, chief investment strategist chez Bank of America. Il observe ainsi que de plus en plus de professionnels tablent à nouveau sur une reprise en forme de V (34% en février contre 10% en juillet). Et 84% d'entre eux prédisent une amélioration des bénéfices dans les douze prochains mois.

Ce qui se traduit par un changement à 180% dans les attentes en termes de flux de trésorerie. Pour la première fois depuis janvier 2020, les investisseurs veulent que les directeurs des investissements des entreprises cotées mettent davantage l'accent sur l'augmentation des dépenses ("capex") plutôt que d'améliorer leur bilan.

Quelle bulle?

Cette extrême confiance dans la reprise économique incite également les professionnels à investir davantage. La saga boursière entre les Reddit-traders et les hedge funds n'a visiblement eu aucun impact. Un nombre record de gestionnaires interrogés avouent prendre plus de risque qu'à la normale. Et seulement 13% d'entre eux pensent qu'une bulle spéculative est en train de se former à Wall Street.

13%
Seulement 13% des gestionnaires interrogés pensent qu'une bulle spéculative est en train de se former à Wall Street. 53% d'entre eux estiment plutôt que nous sommes à la fin d'un "bull market".

Désormais, le cash représente en moyenne que 3,8% de leur portefeuille. Ce qui en fait un important signal de vente.

Les investisseurs institutionnels pensent en majorité (51%) que les marchés émergents vont surperformer cette année, contre 17% pour le pétrole et 14% pour le S&P 500. Au niveau sectoriel, la technologie reste la grande favorite, devant la santé et les matières premières.

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