Les armuriers profitent à fond des foyers de tension dans le monde

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Depuis le début de la guerre en Syrie, les actions des fabricants d’armes font 3 à 4 fois mieux que l’indice S&P 500.

C’est indéniable. La première guerre menée contre l’Irak au tout début des années 1990 par la coalition occidentale n’avait eu un impact aussi important sur les actions des plus gros fournisseurs d’armes mondiaux. Les plus-values qu’ont engrangées alors les investisseurs dans ces secteurs ont atteint "péniblement" les 20-30%. Afghanistan, Syrie, Irak, Libye, Yémen, Cisjordanie, Corée du Nord et on en passe, tous ces foyers d’incertitudes qui règnent à l’heure actuelle dans le monde, ont pour conséquence que les actions des principaux fabricants d’armes volent de record en record sur les marchés boursiers. En particulier à Wall Street.

C’est surtout depuis l’après-Printemps arabe, à l’époque où a débuté le début de la guerre en Syrie en 2013, que ce secteur a amorcé une fulgurante ascension. L’action du constructeur du F-35 ou du missile Patriot Lockheed Martin , enregistre une hausse de 230% (contre 65% pour le S&P 500). Celle de Raytheon, le créateur du micro-onde devenu un spécialiste dans les systèmes de défense (missile Tomahawk), a gagné plus de 300%!

Cher secteur, oui mais…

Suite à ces performances, les 5 plus gros acteurs américains dans le secteur des armes totalisent une capitalisation boursière de 370 milliards de dollars. On trouve dans l’ordre Boeing (128 milliards de dollars) avec notamment son B-52, Lockheed Martin (83 milliards), General Dynamics (62 milliards) spécialiste notamment dans le transport de troupes par route, Raytheon (49 milliards) et Northrop Grumman (46 milliards). Le fort intérêt porté par les investisseurs a aussi pour conséquence que ces actions se traitent à des niveaux de valorisation élevés. Elles s’échangent à Wall Street à environ 22 fois les bénéfices attendus pour cette année par les analystes suivis par Bloomberg.

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Les analystes restent assez favorables dans l’ensemble aux valeurs de ce secteur. Jusqu’il y a peu, les Etats-Unis étaient les principaux clients de ces marchands d’armes. Ce pays comptait pour 85% de leurs chiffres d’affaires en 2008. Huit ans plus tard, ce pourcentage est tombé à 75%, alors que les commandes en provenance de clients étrangers se sont multipliées, selon des données compilées par les analystes de Bloomberg Intelligence.

Les sociétés qui profitent le plus de cette observation sont Raytheon en raison d’une demande soutenue pour ses munitions et ses missiles de défense. De même que Lockheed Martin dont on estime que la production du F-35 doublera d’ici 2019. Les ventes en dehors des USA compteront pour au moins 30% dans les prochaines années, contre 21% en 2015. À cela, il faut ajouter le succès rencontré par l’hélicoptère Sikorsky qu’il avait racheté en 2015. Northrop Grumman qui travaille aussi pour le F-35, est bien placé pour profiter des commandes.

Si les promesses électorales de Donald Trump devaient se concrétiser, c’est le secteur dans son ensemble qui devrait voir ses ventes et ses bénéfices augmenter. Cela ne peut qu’être profitable pour les actionnaires (dividendes relevés et/ou rachats d’actions propres) de ces sociétés d’ordinaire déjà génératrices de free cash flow.

Côté risques, il y a celui que la croissance des dépenses militaires soit finalement moindre qu’attendu, selon que les responsables politiques accorderaient des priorités à la sécurité sociale, aux déficits, ou à la baisse des impôts. Des facteurs qui risquent, on l’imagine, de peser sur les carnets de commandes.

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