Publicité

Les atouts de l'euro numérique

Christine Lagarde, la présidente de la BCE, a indiqué qu'un euro numérique sera une réalité d'ici cinq ans. ©via REUTERS

L'euro numérique présente de nombreux avantages selon la BNB mais aussi de nombreux défis. La BCE a prévenu que la monnaie serait une réalité d'ici cinq ans.

Alors que l'euro numérique n'est pas encore une réalité, les avantages d'une telle monnaie se révèlent déjà. Lors d'un séminaire organisé par la Banque nationale de Belgique ce mercredi consacré à ce sujet, Tim Hermans, responsable de la circulation des espèces et de la supervision des marchés financiers pour l'institution a souligné les nombreux avantages que présente la devise numérique. Celle-ci signifie que les comptes en euros numériques des particuliers seront détenus auprès de la Banque centrale européenne. "Il serait possible alors de renforcer la politique monétaire de la BCE puisqu’on pourrait imposer des taux d'intérêt négatifs, mais aussi, distribuer de l'argent directement aux particuliers à travers leur compte à la BCE", a-t-il indiqué. Mais il précise que le but de l'euro numérique n'est pas "de remplacer les billets de banque. Il se place comme un complément au cash".

"L'euro numérique doit être développé pour éviter une forme d'investissement."
Tim Hermans
Responsable de la circulation des espèces et de la supervision des marchés à la BNB

En outre, "la Banque centrale européenne ne va pas gérer 300 millions de clients", alors des intermédiaires financiers vont devoir se placer entre la banque centrale et les particuliers. "L'euro numérique doit être développé de sorte à éviter toute forme d'investissement. Une limite doit être imposée, et le taux d'intérêt doit être dissuasif par rapport aux taux d'intérêt du marché" indique Tim Hermans.

"En matière de respect de la vie privée, la Banque centrale européenne ne vendra pas les données des clients à des fins commerciales. Les comptes devront aussi respecter les lois anti-blanchiment et ne pas favoriser l'évasion fiscale."
Tim Hermans

L'euro numérique doit être développé comme un moyen de paiement attractif. "Il permettrait notamment aux touristes hors de la zone euro d'acquérir plus facilement de l'euro", note Tim Hermans. Mais la devise numérique doit répondre aux conditions d'anonymat, de blanchiment d'argent et de vie privée. "L'euro numérique sera toujours moins anonyme que le cash, mais l'anonymat sera rendu possible par un montant limité sur les comptes", précise-t-il. "En matière de respect de la vie privée, la Banque centrale européenne ne vendra pas les données des clients à des fins commerciales. Les comptes devront aussi respecter les lois anti-blanchiment et ne pas favoriser l'évasion fiscale" ajoute-t-il.

Tim Hermans souligne aussi que l'euro numérique est favorisé par l'internet des objets. "On voit notamment des voitures permettre le paiement des péages ou l'assurance auto", note-t-il.

Un horizon à cinq ans

L'euro numérique devrait devenir réalité d'ici 5 ans, a déclaré la présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde, lors d'une conférence économique virtuelle organisée par l'agence Reuters.

Une enquête de l'institution place la confidentialité de ce moyen de paiement en tête des attentes des citoyens. Au total, 8.221 citoyens, entreprises et associations professionnelles ont répondu à ce questionnaire en ligne lancé en octobre dernier et qui a pris fin mardi, un "record" parmi les consultations publiques lancées à ce jour par la BCE, est-il indiqué. "Le nombre élevé de réponses" montre le "grand intérêt" du public pour "façonner la vision d'un euro numérique", a déclaré Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE et président du groupe de travail sur le sujet.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés