Les banques centrales tentent de calmer les marchés

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Habitués à jouer les pompiers, plusieurs banquiers centraux sont sortis du bois pour enrayer la chute des marchés financiers. Les investisseurs parient à 100% sur une baisse de taux aux USA en mars.

L'heure est à l'accalmie sur les marchés financiers. Les bourses européennes – qui ont enregistré la semaine dernière leur plus mauvaise performance depuis la crise financière de 2008 – ont légèrement ce lundi. L'indice Stoxx 600   a grimpé de 0,09%. À Bruxelles, le Bel 20   a gagné 0,99%, réduisant ses pertes à -16,08% depuis le 17 février.

"Les fondamentaux de l'économie américaine restent solides. Néanmoins, le coronavirus pose un risque croissant pour l'activité économique."
Jerome Powell
Président de la Fed

Plusieurs banquiers centraux – à commencer par le président de la Réserve fédérale Jerome Powell – se sont exprimés ces derniers jours pour calmer les investisseurs. "Les fondamentaux de l'économie américaine restent solides", a assuré le patron de la Fed vendredi, tout en reconnaissant que "le coronavirus pose un risque croissant". Il a cependant indiqué que son institution est prête à agir "en conséquence pour soutenir l'économie".

Même son de cloche à la Banque du Japon. Le gouverneur Haruhiko Kuroda a déclaré ce lundi que la BoJ s'efforcera de "garantir la stabilité des marchés financiers" en y injectant des liquidités, via ses opérations de marché et de rachats d'actifs.

Vers des baisses de taux?

En Europe, on se montre plus prudent. "Nous devons avoir les yeux grand ouverts sur ce qui se passe mais nous devons en même temps garder la tête froide", a expliqué le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, sur BFM Business. "S'il fallait faire davantage et que nous avions la conviction que c'est efficace, nous pourrions le faire, mais nous n'en sommes pas encore là", a-t-il ajouté, estimant que la politique monétaire "très accommodante" de la Banque centrale européenne est "adaptée".

-300
points de base
Selon Goldman Sachs, les banques centrales devraient abaisser leur taux d'intérêt dans les prochaines semaines pour un total de -300 points de base.

Les investisseurs n'en sont pas moins convaincus que des baisses de taux sont à prévoir dans les prochains jours. Selon Goldman Sachs, la Réserve fédérale devrait réduire de 100 points de base son taux directeur au cours du premier semestre, avec une réduction de 50 points lors de la réunion des 17 et 18 mars. D'autres banques centrales – Australie, Canada, Royaume-Uni en particulier – pourraient l'imiter. Au total, les baisses de taux atteindront, selon Goldman Sachs, les 300 points de base dans le monde.

Reste la question de l'efficacité de ces mesures. "Une baisse des taux est efficace pour relancer l’activité réelle quand celle-ci est déprimée par une diminution de la demande", rappelle Eric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG School of Management. "Mais la crise présente est avant tout un problème d'offre." Ces baisses de taux sont plutôt une manière d'enrayer la chute des marchés financiers. Un placebo en attendant que la crise sanitaire se dégonfle.

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