Les banques européennes provisionnent à tour de bras

Avec un montant de 268 millions d'euros, UBS est la banque qui provisionne le moins jusqu'à présent en Europe. ©picture alliance / dpa

Du fait de leur activité moins exposée aux entreprises, les banques suisses, en particulier UBS, parviennent à limiter les montants provisionnés.

Les premiers résultats du secteur bancaire européen viennent de tomber. Ils font ressortir une envolée des montants provisionnés par les banques, alors que la pandémie de coronavirus fragilise la santé financière des entreprises et des particuliers. Les banques font face de ce fait à une progression des créances douteuses, dont elles craignent qu'elle s'accélère.

Pour autant, les autorités monétaires et politiques invitent les banques à ne pas freiner leur activité de crédit. Emboîtant le pas à l’autorité bancaire européenne et la Banque centrale européenne (BCE), la Commission européenne a encouragé les établissements bancaires à faire un usage souple des règles de prudence sur les crédits, notamment pour éviter que les emprunteurs temporairement fragilisés par la crise de coronavirus ne soient automatiquement considérés comme défaillants.

Tour d'horizon

HSBC est à ce jour le champion en Europe dans la constitution des provisions. La banque britannique qui réalise l’essentiel de ses affaires en Asie a mis "de côté" une somme de 2,8 milliards d’euros au premier trimestre. Cette provision a contribué à amputer ses résultats avant impôts de 48%, à 2,96 milliards d’euros. Pour HSBC, les secteurs de l’énergie, des transports et des sociétés liées à la consommation risquent d’être ceux où elle sera le plus confrontée aux créances à risque.

HSBC craint que ses provisions sur pertes de crédits affichent cette année un montant compris entre 6,5 et 10,2 milliards d’euros.

La banque craint que ses provisions sur pertes de crédit affichent cette année un montant compris entre 6,5 et 10,2 milliards d’euros. HSBC serait confronté aux difficultés financières d’un important négociant sur le marché du pétrole à Singapour, dont la banque compte parmi les principaux créanciers.

Unicredit retrouve les créances douteuses

Dans la zone euro, c’est Santander qui tient le flambeau. La banque espagnole qui était toujours occupée à assainir son bilan affecté par la crise immobilière de 2008 provisionne un montant de 1,6 milliard d’euros. Cette provision a fait fondre de 82% son résultat trimestriel, à 331 millions d’euros. Santander indique toutefois se permettre de réviser à la hausse ses objectifs "une fois l’impact de la crise sanitaire connu".

Tout juste débarrassée des créances douteuses héritées de la mauvaise gestion de ses affaires par le passé, voilà que la première banque italienne Unicredit y fait à nouveau face. Elle provisionne 900 millions d’euros pour couvrir l’impact du virus. Unicredit publiera ses résultats en août.

De son côté, Credit Suisse garde en réserve 540 millions d’euros. La banque est parvenue à réaliser son meilleur profit trimestriel en 5 ans (1,24 milliard d’euros). Cette performance, elle la doit à sa branche consacrée à la gestion de fortune.

UBS moins exposé aux entreprises

En Allemagne, Deutsche Bank limite ses provisions pour créances douteuses à 500 millions d’euros. Ce montant est toutefois 3 fois plus élevé qu’il y a un an. Sa rivale Commerzbank, qui livrera ses résultats le 13 mai, est censée doubler le montant de ses provisions selon certains analystes.

Chez UBS, qui a vu son résultat final monter de 40% à 1,5 milliard d’euros, le montant provisionné tombe à 268 millions d’euros. Ce bas niveau de ses provisions s’explique par le fait que les activités de cette banque suisse sont plutôt axées sur la gestion de patrimoine, tandis qu’elle a une exposition limitée aux entreprises. Avec Crédit Suisse, UBS compte parmi les rares banques à maintenir le paiement d’un dividende.

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