Les Belges sont bien champions de l'épargne

En proportion du PIB, le patrimoine financier des Belges est le plus élevé de la zone euro, essentiellement grâce à leur grande propension à épargner. ©Photo News

Le patrimoine financier net de l’ensemble des Belges avoisine 210 % du PIB, un record européen.

De tous les peuples de l’Europe, les Belges sont les plus riches. C’est ce qui ressort d’une étude d’ING consacrée au patrimoine financier des ménages en Belgique, avant et après la crise des "subprime". Selon ce document publié mardi, le patrimoine financier net des Belges a atteint près de 210 % du produit intérieur brut (PIB) à la fin du premier trimestre, ce qui constitue un record européen. (infographie)

"Ce patrimoine apparaît comme le plus élevé de la zone euro, dépassant (et de loin) des pays comme l’Allemagne, la France et les Pays-Bas", constatent Oscar Bernal et Philippe Ledent, les économistes d’ING chargés de cette étude. "En d’autres termes, les Belges s’affichent comme les champions européens de l’épargne toute catégorie." En valeur absolue, le patrimoine financier net des Belges a atteint 728,3 milliards d’euros fin mars.

Pourtant, la perte de patrimoine liée à la crise a atteint environ 87 milliards d’euros si l’on compare les chiffres recensés à la fin de l’année 2008 aux données du deuxième trimestre 2007, juste avant que les problèmes liés aux "subprime" commencent à affecter les marchés pour se muer ensuite en crise financière.

Mais l’épargne des ménages belges et le redressement des Bourses à partir de 2009 ont permis d’atténuer les effets patrimoniaux de cette crise. Si bien qu’au premier trimestre de 2010, le patrimoine financier au sens strict des Belges s’établissait à 916 milliards d’euros, un sommet historique. Pour obtenir le montant du patrimoine financier net (728,3 milliards), il faut retrancher les engagements financiers des ménages, qui s’élevaient à 188 milliards d’euros fin mars. Cette somme est surtout constituée des emprunts hypothécaires des Belges (147,6 milliards).

Propension à épargner

En comparant le niveau du patrimoine des Belges au premier trimestre 2010 et au deuxième trimestre 2007, l’étude constate une hausse de 34,4 milliards d’euros, ce qui signifie que la perte de 87 milliards liée à la crise est plus que compensée. "Il serait toutefois erroné de considérer que le rebond des bourses a permis à lui seul d’effacer les pertes de patrimoine enregistrées durant la crise", tempèrent les économistes. "En effet, malgré ce rebond, les effets de valorisations nets restent globalement négatifs et sont estimés à presque 53 milliards d’euros."

La véritable cause du redressement spectaculaire du patrimoine financier des Belges, c’est leur forte propension à épargner. "Tout au long de la crise, les Belges ont continué d’épargner, c’est-à-dire de constituer de nouveaux actifs financiers", indique l’étude. "Cet apport de capital frais, estimé à 87 milliards d’euros, a en réalité contribué à compenser les effets de valorisation négatifs ainsi qu’à la reconstitution du patrimoine."

Voilà qui confirme une tendance observée dernièrement dans les statistiques du placement d’épargne le plus populaire, le carnet de dépôt, dont l’encours vient de dépasser les 200 milliards d’euros. Comment expliquer ce réflexe d’écureuil des Belges? ING émet l’hypothèse d’une application du "principe d’équivalence qui suppose que les ménages épargnent lorsque l’État s’endette (dans le cadre d’une politique de relance, par exemple), en anticipation de la hausse future des impôts nécessaires au remboursement de la dette". Et d’ajouter: "Le fort taux d’épargne des Belges (un des plus élevés d’Europe) et le niveau de la dette publique suggèrent que ce principe pourrait être vérifié en Belgique."

Davantage d’obligations

L’aversion au risque qui conduit à privilégier les placements sûrs semble aussi dominer la politique d’investissement des ménages. C’est ce qu’illustre la forte baisse des avoirs détenus sous la forme d’actions cotées en Bourse, jusqu’à 7 % du total des actifs. "Toutefois, précisent les économistes, cette diminution est principalement due à des effets de valorisation négatifs. Ces effets sont estimés à près de -50 milliards d’euros alors que, en parallèle, les investissements totaux nets en actions cotées ne se sont élevés qu’à environ 5,6 milliards d’euros." La chute des cours boursiers explique donc en grande partie cette évolution.

La comparaison montre aussi une hausse de la part des obligations dans le patrimoine des Belges. Ce qu’ING juge "interpellant". "La tendance baissière que cette part suivait depuis le début des années 1990 semble enfin s’être inversée. Il est encore trop tôt cependant pour déterminer si cet inversement sera durable." Il traduit en tout cas le besoin de sécurité financière des Belges.

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