Les Bourses européennes prennent l'avantage sur Wall Street

Les Bourses européennes semblent avoir le vent en poupe, et ce au détriment de Wall Street. ©REUTERS

Le vent est-il occupé à tourner sur les marchés, et cela en faveur des Bourses en Europe? Certains faits relevés ces derniers jours donnent à le penser.

On observe que la publication de résultats de sociétés à Wall Street n’arrive plus à enthousiasmer les investisseurs. Les chiffres annoncés sont pourtant d’excellente facture dans la grande majorité des cas.

Sur la base des 250 bilans trimestriels déjà communiqués par les sociétés liées au S&P 500, le bénéfice par action ajusté du S&P 500 au 1er trimestre progresse de 23,5% à 37,97 dollars, calcule Bloomberg. Et les résultats sont plus élevés que prévu dans 80% des cas. C’est tout simplement fabuleux!

Malgré cela, les indices boursiers américains ont peiné à tendre solidement vers haut. L’indice Dow Jones, qui a évolué irrégulièrement au fil des jours, accuse une perte de 0,8% sur la semaine à 24.258 points (à vendredi à 18h.). Le S&P 500 cède 0,03% à 2.669,5 points.

Toujours à Wall Street, mais du côté de la Bourse du Nasdaq, où sont cotées les grosses pointures de la technologie, l’indice Général recule de 0,46% à 7.113 points.

Les indices se croisent

De ce côté-ci de l’Atlantique par contre, les Bourses viennent d’enregistrer des gains pour la 5e période hebdomadaire de suite. Cela a été le cas de la plupart des principaux indices nationaux. Ces derniers sont en outre sur le point de signer leur plus beau bilan mensuel depuis pas mal de temps. Depuis mars 2017 pour le CAC 40 (+6,1%) par exemple. Depuis janvier 2013 pour le FT 100 (+6,3%) de Londres.

Dans ce concert des nouvelles favorables, le comportement du Bel 20 dénote quelque peu. Il se contracte de 0,33% à 3.908,20 points.

Pour ce qui concerne l’indice Stoxx 600, il monte de 0,73% pour atteindre 384,64 points. Soit son meilleur niveau depuis le début du mois de février dernier. Fait plus essentiel encore, alors que cet indice paneuropéen a passé le plus clair de son temps cette année à moins bien se comporter que l’indice Dow Jones, il fait mine à présent de renverser la vapeur et de prendre la tête de la course. Lundi, le Stoxx 600 et l’indice Dow Jones se sont ainsi croisés. Le premier surpassant le second, et maintenant son avantage jusqu’à la fin de la semaine.

Il s’agit à tout le moins d’une belle performance si l’on sait que les résultats des sociétés européennes ne sont pas aussi époustouflants que ceux de leurs concurrentes américaines. Les efforts fournis par les entreprises européennes pour doper chiffres d’affaires et bénéfices sont bien visibles. Mais les variations de changes ont très souvent écorné ces efforts.

Les mois à venir seront-ils moins compliqués sur ce plan? On peut – avec prudence – l’imaginer dans la mesure où l’euro a accentué ces derniers jours son mouvement baissier face au dollar. Si ce trend se confirme, cela pourrait aider le Stoxx 600 à poursuivre sa hausse.

La monnaie européenne a encore perdu 1,5% cette semaine pour revenir à son niveau de début d’année, à 1,2108 dollar. La réunion de la BCE jeudi à l’issue de sa réunion n’ont guère eu d’impact sur l’évolution de l’euro. Certains analystes attribuent la vigueur du dollar à la hausse rendement à 10 ans du bon du Trésor américain (à 2,99%) à quelques jours de la réunion de la Fed. Il convient toutefois de constater que l’euro a aussi cédé des points face au yuan chinois (-1% à 7,65) et au yen japonais (-0,2% à 131,97). Mais encore face à la livre sterling avant de rebondir vendredi après les plus décevants chiffres du PIB britannique au 1er trimestre (0,1%) depuis 2012. Ce PIB rend difficile une hausse des taux pourtant attendue en Grande-Bretagne. Ce qui a affaibli la livre sterling.

Enfin, la reprise du dollar aurait dû stopper l’ascension des cours du pétrole. Il n’en a pas vraiment été ainsi. Le baril de Brent qui gagne du terrain pour la 3e semaine d’affilée, a encore pris 0,6% à 74,5 dollars. Mais la chute de la production pétrolière du Venezuela ou encore celle de l’Angola dont les exportations sont au plus bas depuis 2008, offrent du soutien aux prix pétroliers. La production du Venezuela est passée de 2,8 millions de barils par jour à 1,5 million ces 12 derniers mois.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés