analyse

Les Bourses européennes tirent leur épingle du jeu

Les Bourses européennes se démarquent face à Wall Street et à la Bourse de Shanghai. ©REUTERS

Les Bourses européennes ont terminé la semaine en hausse, contrairement à Wall Street et aux places chinoises. Les valeurs automobiles ont tiré la tendance.

La volatilité a été de mise cette semaine sur les marchés. Mais malgré des séances hésitantes, les Bourses européennes sont parvenues à terminer en hausse en variation hebdomadaire. Wall Street et les places asiatiques n'ont pas connu la même évolution. Le Stoxx 600 a engrangé 0,91% d'un vendredi à l'autre alors que le S&P500 a perdu plus de 1% et la Bourse de Shanghai 1,39%. Le Nasdaq a particulièrement été touché par la désertion des investisseurs, avec un recul de plus de 5% sur la semaine. Frank Vranken, responsable de la stratégie d'investissement chez Puilaetco, explique la bonne tenue des marchés européens "par le fait que le secteur technologique est beaucoup moins important qu'aux États-Unis".

Les valeurs technologiques ont souffert de part et d'autre de l'Atlantique. En Europe, l'indice Stoxx 600 Technology a signé la pire performance hebdomadaire (-4,81%). Des titres du secteur comme AMS (-10,97%), Infineon (-11,75%) et STMicroelectronics (-10,94%) se sont retrouvées au fond du Stoxx 600. Les fabricants de puces électroniques et les valeurs prisées pendant la pandémie en 2020 ont subi les plus forts reculs, aussi bien sur le Vieux Continent qu'aux États-Unis. Le secteur se retrouve sous pression avec la brusque hausse des taux obligataires, qui poussent les investisseurs à s'inquiéter de la forte valorisation de ces valeurs.

La remontée des taux obligataires avait paru s'apaiser en début de semaine. Mais elle est repartie de plus belle après les déclarations de Jerome Powell, le président de la Réserve Fédérale américaine. Celui-ci a réitéré l'engagement de la banque centrale envers une politique monétaire très accommodante alors que les marchés espéraient un changement de ton, en raison des craintes du retour de l'inflation. Le président de la Fed a balayé ces inquiétudes lors de son discours.

"Les rendements obligataires restent à un plus bas historique. Mais ils peuvent devenir un problème pour les sociétés zombies ou les 80% d'entreprises technologiques reprises par les SPAC, mais qui ne gagnent pas d'argent."
Frank Vranken
Responsable de la stratégie d'investissement chez Puilaetco

Le taux américain a dix ans a battu cette semaine son plus haut d'un an atteint le 25 février, à 1,614%, en franchissant le seuil de 1,62%. Le taux allemand à dix ans est resté autour de -0,30%. La remontée rapide des taux obligataires inquiète les investisseurs. "Au-delà de 2% sur le 10 ans américain, on pourrait voir de la volatilité, surtout si la remontée est rapide", estime Vincent Manuel, directeur des investissements pour Indosuez Wealth Management. "Les rendements obligataires restent à un plus bas historique. Mais ils peuvent devenir un problème pour les sociétés zombies ou les 80% d'entreprises technologiques reprises par les SPAC, mais qui ne gagnent pas d'argent", souligne Frank Vranken.

Le pétrole porté par l'Opep +

Les cours du pétrole ont continué leur progression cette semaine, portant à plus de 32% leur hausse depuis janvier. Le baril de Brent a pris 4,22% à 68,92 dollars d'un vendredi à l'autre. Les cours de l'or noir ont profité de la décision des pays de l'Opep + de ne pas assouplir les restrictions de l'offre, ce qui a brouillé les attentes largement répandues selon lesquelles le groupe relâcherait les robinets alors que l'économie mondiale sortait de sa crise due à la pandémie. L'alliance a accepté de maintenir la production stable en avril, tandis que l'Arabie saoudite a déclaré qu'elle maintiendrait sa réduction volontaire de la production d'un million de barils par jour. "Dans l'ensemble, c'était le résultat le plus optimiste auquel on aurait pu s'attendre", a indiqué Natasha Kaneva, analyste chez JP Morgan.

La hausse des prix pétroliers a permis au secteur de l'énergie de signer une des plus fortes progressions du Stoxx 600 sur la semaine (+4,16%). La plus forte progression a été signée par le secteur automobile (+4,85%), tiré par Volkswagen (+11,55%) et Porsche (+13,86%). Une récente revue du premier véhicule électrique de Volkswagen, qui a montré qu'il se situait favorablement par rapport aux modèles Tesla dans plusieurs aspects clés, a rassuré les investisseurs.

L'or encore en baisse

Les cours de l'or ont encore connu une semaine en recul, avec un repli de 2,21% à 1.695,74 dollars. Ils ont touché un plus bas de neuf mois et affichent 10% de perte depuis janvier, la pire performance parmi toutes les classes d'actifs. La remontée des taux obligataires pèse sur les prix du métal précieux, qui n'offre aucun rendement. En parallèle, l'optimisme des investisseurs sur la campagne de vaccination qui pourrait amener une reprise de la croissance économique mondiale a détourné l'attention des investisseurs de l'or.

"Certains investisseurs envisagent clairement le bitcoin et les actifs numériques comme un remplacement de l'or."
Aakash Doshi
Analyste chez Citigroup

Certains analystes pensent que le métal précieux souffre aussi de l'arrivée d'un nouveau concurrent, le bitcoin. "Certains investisseurs envisagent clairement le bitcoin et les actifs numériques comme un remplacement de l'or", a indiqué Aakash Doshi, analyste chez Citigroup. Le bitcoin a gagné 4,12% sur la semaine, à 47.555,26 dollars. La cryptomonnaie a pris plus de 61% depuis janvier, la plaçant au top des meilleures performances des classes d'actifs.

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