Les Bourses font preuve d'une surprenante résistance

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Le mouvement haussier s’est essoufflé sur les marchés boursiers au cours des cinq dernières journées. Quoi de plus normal finalement après plusieurs semaines de hausse d’affilée.

Dans ces conditions, on peut fort bien comprendre qu’un certain nombre d’investisseurs soient tentés de prendre des bénéfices. D’autant que la séance de vendredi était celle dite des "quatre sorcières", c’est-à-dire marquée par l’arrivée à échéance d’une série d’options et de contrats à terme sur les marchés américains. Pour cette raison, cette journée s’achève généralement sur une note mitigée, voire baissière.

En outre, après celle de la zone euro il y a 8 jours, plusieurs banques centrales ont tenu ces derniers jours leur réunion d’évaluation de leur politique monétaire. C’était le cas pour celle des Etats-Unis. Mais aussi de celles du Japon, de Grande-Bretagne, de Suisse et de Norvège. Deux d’entre elles ont modifié leur politique de taux. Cela a été le fait de la Banque de Norvège qui a une nouvelle fois relevé son taux directeur à 1,50%, et de la Réserve fédérale américaine (Fed) qui a réduit le sien pour le ramener dans une marge de 1,75% à 2%. C’est la seconde fois en deux mois que la Fed abaisse son principal taux.

Les investisseurs avaient encore bien d’autres nouvelles à se mettre sous la dent. On citera les attaques contre des infrastructures pétrolières en Arabie Saoudite durant le week-end passé. Elles avaient entraîné la réduction de moitié de la production de pétrole de l’Arabie saoudite. Et provoqué un bond de 20% du prix du baril de Brent à l’ouverture des marchés lundi à Londres. Ce prix s’est rapproché de son point le plus élevé de l’année (74,6 dollars fin avril), à 71,95 dollars.

Assez vite toutefois, le cours du Brent a reflué, pour revenir à 64,9 dollars à la veille de ce week-end.

La Fed inonde le marché

Autre fait qui aurait pu impacter négativement les marchés, mais qui ne les a finalement pas affectés. L’antenne new-yorkaise de la Fed a injecté en quatre interventions des liquidités sur les marchés financiers pour un montant total de 203 milliards de dollars. Ces injections font suite aux tensions relevées sur le volume de liquidités en dollars disponibles, et qui avaient fait grimper les taux des opérations repo jusqu’à 10% mardi. Peu d’investisseurs se sont émus de ces opérations, même qu’il s’est agi des toute premières depuis la crise financière de 2008.

Personne à ce jour n’est en mesure de cerner avec précision l’origine de ces tensions sur le marché interbancaire. Jeudi, le président de la Fed, Jerome Powell, a néanmoins tenu à expliquer que ces tensions "n’avaient pas d’incidences" sur l’économie ou la politique monétaire.

Il a aussi dit que plusieurs facteurs techniques expliquaient ces problèmes, dont une échéance fiscale pour les entreprises à la recherche de liquidités. De même que la récente émission de bons du Trésor pour financer le déficit du gouvernement qui vient de franchir le niveau des 1.000 milliards de dollars…

Malgré toutes ces nouvelles pas toujours favorables pour les marchés, à défaut de poursuivre leur ascension, les marchés ont réussi à faire preuve de résistance. En soi, cela constitue déjà une jolie prouesse, après plusieurs semaines positives.

À Wall Street, l’indice S&P 500 n’a guère varié d’une semaine à l’autre à 3.007,4 points (+ 0,2% à vendredi 18h.). En Europe, le Stoxx 600 a pris 0,29% à 392,94 points.

Palladium au sommet

Sur les marchés des changes, l’euro a rétrogradé de 0,6% à 1,100 dollar. Pour la 6e semaine de suite, la livre sterling poursuit sa remontée contre l’euro (+0,5% à 1,135). En revanche, elle cède 0,2% face au dollar à 1,247. Pour la banque américaine BNY Mellon, la devise britannique pourrait tomber à parité avec le dollar, en cas de Brexit sans accord. Le franc suisse se raffermit pour sa part de 0,37% à 0,9154 euro. La Banque centrale suisse, qui a laissé inchangé son taux directeur, a affirmé son intention de demeurer active sur le marché des changes, afin de limiter les pressions à la hausse sur sa devise.

Enfin, tandis que l’once d’or est restée collée à la barre des 1.500 dollars, celle du palladium a atteint un nouveau sommet historique de 1.623,9 dollars. Le palladium a bénéficié de l’atténuation des tensions commerciales sino-américaines, ainsi que de problèmes d’approvisionnement.

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