Les Bourses indifférentes aux statistiques pourtant fort encourageantes

©AFP

Bien que très souvent supérieures aux attentes, les statistiques économiques publiées cette semaine n'ont pas réussi à booster les marchés boursiers.

Les bourses n’arrivent décidément pas à aller plus en avant. Bien orientées il y a huit jours, elles ont subi quelques dégagements bénéficiaires qui ne leur ont pas permis de retrouver les niveaux les plus élevés depuis la mi-mars atteints au début de ce mois. En Europe, l’indice Stoxx 600, dans lequel les secteurs cycliques ont limité leurs pertes, a enregistré un bilan négatif de 1,95% à 358,32 points.

Chez nous, à Bruxelles, l’indice Bel 20, qui n’arrive pas à refranchir durablement la  barre des 3.500 points touchée au début de mois, a rétrogradé de 2,13% pour revenir à 3.304,54 points. À Wall Street, la bourse ne s’est pas comportée d’une autre manière. L’indice S&P 500 affichait vendredi vers 18 heures un recul de 2,08% à 3.033,2 points.

Du côté des places émergentes, l’ambiance était un peu meilleure. L’indice MSCI qui les représente a gagné près de 1%. Avec une hausse de 1,64%, la Bourse de Shanghai a été la plus importante contributrice dans cette performance.

"Vendre au son du clairon"

À première vue, le comportement hésitant des marchés ces derniers jours a de quoi surprendre, dans la mesure où la grande majorité des nouvelles macro-économiques tombées cette semaine étaient plus qu’encourageantes. Que ce soient les ventes de maisons neuves aux États-Unis, le moral des patrons dans les principales économies de la zone euro, et même parfois celui des ménages, sans oublier les indicateurs PMI manufacturier et des services concoctés par IHS Markit pour les États-Unis et l’Europe. Toutes ces statistiques se rapportant au mois de juin ont fait ressortir des nouvelles supérieures aux attentes des économistes.

On a souvent entendu dire que la reprise des marchés depuis la mi-mars n’avait pas beaucoup de fondement. Voilà que ces statistiques prouvent tout le contraire.
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On a souvent entendu dire que la reprise des marchés depuis la mi-mars n’avait pas beaucoup de fondement. Voilà que ces statistiques prouvent tout le contraire. Et si elles n’ont pas davantage emballé les investisseurs, c’est que ceux-ci ont réagi comme le suggère un célèbre dicton boursier : "Acheter au son du canon, vendre au son du clairon". C’est-à-dire acheter des actions lorsque l’environnement économique est menaçant, et les vendre lorsqu’il redevient favorable.

Plus fondamentalement, et comme nous avons déjà eu l’occasion de le souligner, il reste toutefois une marge de progression pour les bourses en ce moment, alors qu'en regard de la baisse des bénéfices que les sociétés commenceront à publier dans les prochains jours, les valorisations des bourses restent à des niveaux - trop - élevés. À Wall Street par exemple, les sociétés liées à l’indice S&P 50O se traitent en moyenne à 21,8 fois les bénéfices accumulés ces 12 derniers mois, contre une moyenne de long terme de 16.

Pour que les Bourses reprennent plus durablement leur marche en avant, il faudrait que les prochains indicateurs restent aussi favorables. Ce qui est loin d’être acquis, affirment quasi unanimement les experts de la prévision. Tout en saluant une "amélioration substantielle" des indicateurs de court terme, l’économiste en chef de la Banque centrale européenne Philippe Lane a pointé que les derniers indicateurs économiques ne sont pas un bon guide pour l’avenir, et que l’activité devrait rester durablement inférieure au niveau où elle se trouvait avant la crise du coronavirus, en raison notamment de la persistance de certaines mesures de restrictions. "Les pertes de revenus et l’épargne de précaution continuent de peser sur la consommation", a-t-il notamment dit, ajoutant que "la faiblesse de la demande, les tensions sur l’offre et les restrictions liées aux gestes barrières freinaient une normalisation de l’activité économique".

Par ailleurs, il ne nous a pas échappé que, selon les derniers chiffres publiés, les nouvelles inscriptions aux allocations de chômage sont remontées aux États-Unis.

L’or reste bien tenu

Sur les autres marchés, après 2 semaines de repli, l’euro reprend quelques couleurs grâce aux indicateurs PMI encourageants. La monnaie européenne monte de 0,28% à 1,1209 dollar.

Au rayon des matières premières, le baril de Brent, qui avait regagné 8,9% il y a huit jours, se replie de 1,4% à 40,5 dollars. Le métal jaune a pour sa part poursuivi son mouvement ascensionnel. En hausse pour la 3e semaine de suite, l’once d’or affiche un gain hebdomadaire de 21,4 dollars (+1,2%) à 1.765 dollars.

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