Les Bourses tiennent tête aux nouvelles décevantes

Le consommateur garde le moral. ©Photo News

Les indicateurs économiques récemment diffusés restent décevants. Malgré tout, les Bourses arrivent à les digérer sans trop de malheur. Explications.

Les nouvelles ont beau être décevantes, les investisseurs arrivent à garder la tête hors de l’eau sur les marchés boursiers. A Wall Street, l’indice S&P 500 accumule depuis le début de cette année une hausse de 16%. Chez nous à la Bourse de Bruxelles, l’indice Bel 20 conserve une avance de 10%.

L’année boursière paraît bien partie pour être plus profitable que celle de 2018. En soi, il s’agit d’une véritable prouesse, vu l’environnement économique actuel vraiment capricieux.

Dans les milieux financiers, on estime que les bénéfices des entreprises qui composent l’indice Stoxx 600 devraient baisser de 2% en moyenne au cours de ce 3e trimestre par rapport à celui de 2018, selon des données I/B/E/S Refinitiv. Idem à Wall Street, où ils pourraient baisser de jusqu’à 3% en moyenne pour les firmes liées au S&P 500, selon Bloomberg.  

Des stats économiques décevantes

D’ordinaire, ces perspectives à elles seules suffisent à mettre sous pression les cours des actions. Et les statistiques économiques qui ont fait l’objet d’une publication ce lundi ne permettent pas d’imaginer des lendemains plus enchanteurs. En cause essentiellement, les tensions commerciales sino-américaines. Le PMI publié ce lundi en Chine est certes légèrement remonté, de 49,9 à 50,4. C’est encourageant. Mais, fait remarquer Bernard Keppenne, chef économiste auprès de CBC Banque, "cette hausse alimentée par une amélioration de la demande intérieure reste fragile, tandis que la partie exportation est encore en repli".

Pénalisées par le recul des échanges commerciaux dans le monde et la perspective d’un Brexit sans accord, les économies européennes comptent parmi celles qui sont les plus impactées dans le monde développé. La Grande-Bretagne surtout, où le PMI manufacturier (47,4) est tombé à un plus bas de 7 ans. La situation n’est pas aussi sombre dans la zone euro. Le PMI industriel (47,9) n’en reste pas moins confiné sous le niveau de 50 indiquant une contraction de l’activité économique, pour le 7e mois d’affilée.

Aux Etats-Unis, l’activité économique affiche de plus en plus de signaux de faiblesse. L’immobilier fléchit et l’investissement des entreprises se contracte.

Pas de valorisation excessive

Comment justifier dans ce contexte l’insolente résistance dont font preuve les places boursières? Elles doivent cette performance à différents facteurs. En premier lieu, au bon moral des consommateurs. De ce côté-ci de l’Atlantique, mais surtout aux Etats-Unis, où ils ont sauvé la croissance au 2e trimestre. Les ménages ont acquis là-bas davantage de biens durables, allant des voitures aux équipements électro-ménagers. Ces achats ont grimpé de 8,8%, du jamais vu depuis plus de 15 ans! Il ne faudrait cependant pas que ce moral d’"acier" qu’affichent les ménages américains plient...

Sans doute Donald Trump, qui a besoin d’une Bourse en belle forme pour espérer être réélu, fera ce qu'il faut. On peut imaginer dans ce contexte qu’il n’ira pas aussi loin qu’il ne l’avait espéré dans sa guerre commerciale avec la Chine. Au risque de démoraliser le consommateur - et Wall Street donc - à l’approche des élections présidentielles.   

Les actions ont encore cet avantage d'offrir un rendement (positif)

Du point de vue des fondamentaux, les Bourses n’ont pas encore atteint une zone de survalorisation excessive. Le S&P 500 affiche un P/E de 19 (cours sur bénéfice) et le Bel 20 de 16. En outre, alors que les dettes émises par les Etats  sont de plus en plus nombreuses à afficher des rendements négatifs, les actions ont cet avantage d’encore offrir du rendement (positif).

Enfin, à l’heure où certaines banques centrales songent encore à créer du papier-monnaie, avec pour conséquence une perte de valeur de la monnaie existante, les actions peuvent constituer une protection dans la mesure où leurs cours sont censés prendre une orientation haussière.

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