Les contrats à terme basés sur le box-office autorisés aux USA

Le régulateur américain des marchés dérivés autorise désormais le lancement de contrats à terme basés sur les recettes engrangées par un film aux Etats-Unis. Il estime que ce genre de contrats serait basé sur une matière première et ne serait donc pas susceptible d'être facilement manipulé. Les grands studios hollywoodiens ne voient pas ce développement d'un très bon oeil.

Le régulateur américain des marchés dérivés, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), a approuvé sur le fil lundi le lancement de produits indexés sur le succès d'un film au box-office, malgré la farouche opposition des producteurs hollywoodiens, a indiqué lundi la Commission. La CFTC a autorisé, à 3 voix contre 2, Trend Exchange, l'une des deux plateformes en ayant fait la demande, à lancer des contrats à terme basés sur les recettes engrangées par un film aux Etats-Unis, a indiqué la CFTC dans un communiqué.

Ces contrats permettront aux investisseurs d'acheter des titres estimant les recettes d'un film au box-office dans une période limitée autour de sa sortie en salles, et d'engranger pertes ou bénéfices en fonction de la réalité des chiffres. Un vote similaire concernant la plateforme détenu par Cantor Fitzgerald est toujours en suspens.

"En prenant cette décision, la commission a déterminé que les contrats étaient basés sur une matière première, qu'ils n'étaient pas susceptibles d'être facilement manipulés et qu'ils servaient un but économique de protection" contre le risque, explique la commission dans une note. Dans un communiqué séparé, Robert Swagger, PDG de TrendExchange, a indiqué que les nouveaux produits seraient lancés "dès que possible".

La CFTC avait prolongé plusieurs fois l'évaluation de ces produits avant de donner sa réponse, alors qu'une forte opposition s'est manifestée contre le projet, avec à sa tête l'Association du cinéma américain (MPAA), contrôlée par les grands studios hollywoodiens. Les opposants craignent la possibilité de délits d'initiés et les effets négatifs que de tels échanges pourraient créer, notamment l'altération de la perception des financiers et du public.

Les plateformes ont toutefois encore un obstacle à franchir: une proposition destinée à interdire ce genre de produits a été introduite dans le projet de loi sur la réforme financière en discussion au Congrès. "Nous regrettons qu'un groupe d'intérêt particulier de l'industrie hollywoodienne ait choisi de politiser cette question. Nous allons batailler contre les tentatives de ce groupe de renverser la décision de la CFTC au Congrès", a déclaré Rob Swagger.

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