chronique

Les coulisses de la rédaction

Chaque semaine, L'Echo vous livre quelques informations... de coulisses.

L'homme qui voulait gagner 200 millions

La Loterie attaquée par un farfelu. Les juristes de la Loterie Nationale ont sans doute dû se pincer pour y croire… Le fondateur de la société BBA Capital a contesté devant le Conseil d’État sa non-sélection pour le marché public que l’entreprise publique avait ouvert l’an dernier concernant l’impression de ses billets à gratter.
Il y avait eu cinq candidatures et la Loterie en avait rejeté trois, dont celle de BBA Capital. Ce qu’elle lui reprochait? L’absence de référence et de comptes annuels. Et pour cause, puisque la société candidate avait été créée… après la publication de l’avis de marché!
Mais le plus drôle est que la requérante a estimé opportun de se défendre elle-même, sans l’aide d’un avocat. Le courageux (mais téméraire) fondateur de BBA, qui comptait entièrement sous-traiter le boulot d’impression, a argué qu’il avait l’avantage sur ses rivaux d’être établi en Belgique, comme si ce critère l’emportait sur tout autre, et a réclamé 200 millions d’euros à la Loterie en guise de «dédommagements». Sans justifier ce montant, soit dit en passant.
Le problème, c’est que l’entrepreneur n’a pas signifié de moyen dans son recours: il n’a désigné aucune règle ou loi qui aurait été enfreinte. Le Conseil d’État a, fort poliment, jugé sa requête irrecevable et rejeté sa demande de suspension.
Les conseils de la loterie n’ont pas dû beaucoup bosser sur ce dossier. Quant à BBA Capital, c’est une société en commandite simple, avec un seul associé qui cumule les rôles de commandité et commanditaire: elle n’a pas dû passer par une étude de notaire pour s’enregistrer et c’est probablement dommage pour elle.

Un "sale" coureur

©Karoly Effenberger


Geert Noels, le plus sale… L’économiste était mardi invité sur le plateau de «Vive le Vélo», l’émission d’après-Tour de la VRT. Noels n’est pas qu’un cycliste du dimanche, il roule régulièrement et a acquis un bon niveau. Il regrette certes de s’y être mis trop tard et d’être resté trop longtemps dans le foot. Il regrette également que le cyclisme soit devenu autant à la mode chez les CEO, qui sortent leur vélo le dimanche pour faire du réseautage, comme ils le font sur les terrains de golf. «Alors que le cyclisme, c’est d’abord un sport de Flandriens, des durs à cuire qui n’ont pas peur d’affronter le vent et la pluie», souligne-t-il. À défaut de s’être forgé un palmarès sur route, Noels a participé à des épreuves de VTT validées par l’UCI comme la Transalp, les Trois Ballons ou la Cape Epic. Cette dernière, surnommée le «Tour de France du mountain bike», se court sur 8 jours en Afrique du Sud par équipes de deux. Noels n’a certes pas gagné cette édition 2012, mais il a quand même remporté le prix Hans Gröhe du coureur le plus sale. «C’est le seul trophée que j’ai jamais gagné et j’en suis très fier», déclare-t-il à propos du pommeau de douche qui trône chez lui sur un socle.

Ni networking, ni cocktail…

Bruno Colmant, président du BFC ©BELGAIMAGE


C’était la grande rentrée du Belgian Finance Center (BFC) lundi soir. Une rentrée un peu particulière vu le Covid-19. L’organisme qui vise à promouvoir la place financière belge avait organisé une conférence baptisée « The New Normal » dans l’auditoire de Deloitte à Zaventem. Mais seuls quelques privilégiés (orateurs, quelques membres du comité du BFC et de Deloitte) ont pu prendre place dans les travées, à distance les uns des autres. Tous les autres (plus de 360 inscrits, un record) ont assisté à la conférence via Zoom, le vrai gagnant de cette pandémie. Petite surprise : le président du BFC, Bruno Colmant, s’est avancé vers la tribune, une béquille à la main. « Je reconnais bien là Bruno. Une opération au genou mais il a quand même tenu à être présent » affirmait, non sans admiration, Luc Bertrand, le président d’AvH, un des orateurs de la soirée avec Olivier de Groote, associé chez Deloitte, Hans De Cuyper, CEO d’AG Insurance et futur patron d’Ageas, et Daniel Falque, CEO de KBC Belgium. Tous sont d’accord pour dire que le Covid-19 va accélérer les changements. Il faudra s’habituer à deux ou trois jours de télétravail par semaine et à une poussée accrue du digital. Il sera surtout nécessaire pour les employeurs de tenir compte des aspirations des jeunes, de plus en plus réticents à exercer des tâches répétitives.
À la fin de la conférence, ni cocktail ni networking. C’est peut-être cela « la nouvelle normalité », regrettent certains. Seul bémol de la soirée, l’absence de femmes dans le panel, ce qui a été critiqué sur les réseaux sociaux. Simple oubli ou «Old Normal»?

L’amie financière des femmes

Gaëlle Haag ©Dominika Montonen-Koivisto


La Belgo-Luxembourgeoise Gaëlle Haag aide les femmes à investir. Rentrée aussi pour le cercle Ecofin Club (qui ouvre par ailleurs une nouvelle antenne à Marche) avec comme invitée Gaëlle Haag, CEO et fondatrice de StarTalers, la « meilleure amie financière des femmes qui veulent investir durablement». Titre de la conférence de cette ancienne de KBL European Private Bankers: réduire les inégalités patrimoniales entre hommes et femmes. Il faut savoir qu’à l’âge de la retraite, les femmes ont 40% de capital en moins pour assurer leur train de vie, alors qu’elles vivent 5 ans de plus. La start-up, cofondée avec Thierry Smets, ancien CEO de Puilaetco Dewaay, entre dans une nouvelle phase de déploiement. Elle se situe dans la dernière ligne droite concernant son agrément auprès du régulateur luxembourgeois, la CSSF, ce qui lui permettra de proposer des porfeuilles d’investissement sur sa plateforme. Parmi les actionnaires de StarTalers, rien que du beau monde: la Bourse de Luxembourg (très active en finance durable), le fonds belge Seeder Fund et onze femmes business angels. Ah oui, précision importante, même si les femmes sont la cible prioritaire, les hommes sont admis. Merci mesdames!

Quel avenir pour Evadix?

Vers une disparation de la cote? Après avoir été reportée en avril pour cause de Covid-19, l’assemblée générale d’Evadix qui s’est ouverte le 7 septembre dernier a été prorogée au 28 du même mois. Faute d’avoir pu arrêter définitivement les comptes dans les temps, avons-nous appris. On était aussi en droit de se demander si l’AG de la société cotée sur le marché Growth (Alternext) d’Euronext Bruxelles n’avait pas du retard en raison du décès du CEO et actionnaire principal Pascal Leurquin, survenu le 26 avril dernier pour cause de coronavirus. Renseignement pris auprès de la société holding, la mort tragique du fondateur n’a pas de lien direct avec le report, il s’agit bien de retard dans la coordination avec le réviseur. Mais sa disparition « n’a pas accéléré les choses », y ajoute-t-on avec le sens de la litote. La société n’a plus d’activité depuis la vente de ses actifs industriels belges et roumains il y a un peu plus d’un an. Elle n’a plus d’actifs et quasi plus de dette, nous dit-on. Ce qui soulève une autre question : quel sens cela a-t-il de conserver une cotation sur le marché Growth ? « La question est ouverte, nous répond-on. Il appartient aux héritiers de Pascal Leurquin, c’est-à-dire ses trois enfants, de se déterminer quant à l’avenir de l’entreprise. » Le sujet va donc venir sur la table. Conclusion, il n’est pas impossible que cette ligne de la cote disparaisse dans un avenir proche.

Bravo Brussels Airport


Brussels Airport a investi dans les adhésifs! Sofie De Coker, membre du Groupe du Vendredi (think tank de jeunes) avait publié dans L’Écho (17 janvier 2020) un article demandant à Brussels Airport de mettre en place une solution simple pour mettre fin à cette lutte implacable autour du tapis roulant lors de la récupération des bagages, une expérience que chacun a sans doute déjà vécue. Car comme chacun se place au plus près du carrousel afin de pouvoir s’emparer de ses effets personnels sitôt ceux-ci en vue, cela provoque rapidement une petite cohue. Or si tout le monde reculait d’une certaine distance, chacun verrait le tapis et aurait suffisamment de place pour retirer ses valises. Ce type d’incitation à un comportement plus raisonnable est appelé «nudge» par les Anglo-saxons. D’où cette proposition de Sofie De Coker de placer des adhésifs au sol pour inciter les gens à sagement attendre les bagages derrière la ligne. Message parfaitement entendu par Brussels Airport qui a investi dans les adhésifs. Il faut toujours écouter les jeunes qui ont de bonnes idées!

Télescopage en vue dans l’affaire Nethys?

Les plaidoiries qui devaient se tenir lundi devant le juge des saisies du tribunal de première instance de Liège dans le cadre des saisies des comptes de Stéphane Moreau et de Bénédicte Bayer, respectivement ex-CEO de Nethys et ex-directrice d’Enodia, vont être reportées de quelques mois. En effet, selon nos informations, les avocats des deux dirigeants ont demandé à pouvoir répondre aux dernières conclusions de Nethys. A priori, les plaidoiries en vue de faire lever les saisies se tiendront au début de l’année prochaine. Quand on sait que les plaidoiries sur le fond de l’affaire se tiendront en mars, les deux procédures risquent de se télescoper. Dans le courant du mois de juin, Pol Heyse, ancien CFO de Nethys, avait échoué à faire lever la saisie de ses comptes.

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