Les craintes sur la pandémie refont surface

Les investisseurs ont craint une deuxième vague de Covid-19 aux Etats-Unis. ©BELGAIMAGE

L'aversion au risque est revenue sur les marchés d'actions après un début de semaine marqué par le record du Nasdaq à 10.000 points. Des prises de bénéfices ont aussi pesé sur la tendance.

Les marchés d'actions ont connu une semaine difficile avec le retour des craintes des investisseurs pour l'économie mondiale et d'une deuxième vague de Covid-19 aux Etats-Unis. La Réserve Fédérale américaine a jeté un froid sur les marchés avec des prévisions économiques très pessimistes pour les Etats-Unis. La Fed prévoit notamment une baisse de 6,5 % du Produit intérieur brut cette année avant un fort rebond de 5% en 2021 et une croissance plus modeste (3,5%) l'année suivante. Elle a aussi prévu de laisser les taux d'intérêt près de zéro jusqu'en 2022.

"Les projections économiques présentées par la Banque centrale américaine (Fed) mercredi ont saboté l'espoir d'une reprise rapide de l'économie, ce qui a pu générer aussi un peu de déception", a commenté Andrea Tueni, analyste chez Saxo Banque. La position "ni trop prudente ni trop alarmiste" de la Fed a servi également de "prétexte pour prendre ses bénéfices" après un mouvement haussier intense, a-t-il ajouté. Mardi, le Nasdaq avait touché 10.000 points, un record historique, après un rebond de plus de 44% depuis son point bas en mars. Les autres indices mondiaux ont aussi rebondi de près de 40% depuis leur point bas de mars. Le Stoxx 600 a perdu 5,66% sur la semaine.

"Les projections économiques présentées par la Banque centrale américaine (Fed) mercredi ont saboté l'espoir d'une reprise rapide de l'économie, ce qui a pu générer aussi un peu de déception."
Andrea Tueni
analyste chez Saxo Bank

En outre, le risque d'une deuxième vague de Covid-19 aux Etats-Unis a inquiété les investisseurs. La hausse du nombre d'hospitalisations dans plusieurs Etats américains, dont le Texas et la Caroline du Nord, fait craindre une deuxième vague qui ferait encore plus de dégâts et viendrait ralentir la lente reprise économique, alors que l'emploi commence à reprendre des couleurs. "Il est difficile de dire si cela représente une vraie augmentation du nombre de cas ou si c'est dû au fait que plus de tests de dépistage sont réalisés", a relevé Karl Haeling, analyste chez LBBW. 

Des prix pétroliers affectés

Les cours du pétrole se sont aussi repliés alors que les craintes pour l'économie mondiale ont remis en question la demande mondiale pour l'or noir. "Les prix sont de nouveau sous pression car les inquiétudes sur le rythme de la reprise de la demande se sont intensifiées", a expliqué Paola Rodriguez Masiu, analyste de Rystad. Le baril de Brent a perdu 8,23% sur la semaine à 38,82 USD. Les réserves de brut aux Etats-Unis ont illustré mercredi ce redémarrage poussif: elles ont atteint 538,1 millions de barils au 5 juin, un niveau record, selon le rapport hebdomadaire de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

"Malgré les craintes d'une deuxième vague de coronavirus, il est peu probable que les principales économies soient à nouveau complètement paralysées, ce qui signifie que la demande de pétrole brut ne sera pas aussi durement touchée qu'elle ne l'était il y a deux mois."
Fawad Razaqzada
analyste pour Forex.com

Mais des analystes pointent aussi des prises de bénéfices après la forte hausse récente des prix du pétrole. Lundi, les cours de l'or noir avaient atteint des niveaux plus vus depuis la mi-mars, avant que les mesures prises pour contrer la pandémie de Covid-19 ne provoquent un retour de tendance spectaculaire. Néanmoins, "les coupes historiques de l'Opep+ sont toujours en place", ce qui devrait limiter la chute des prix, a signalé Fawad Razaqzada, analyste pour Forex.com. "Et malgré les craintes d'une deuxième vague de coronavirus, il est peu probable que les principales économies soient à nouveau complètement paralysées, ce qui signifie que la demande de pétrole brut ne sera pas aussi durement touchée qu'elle ne l'était il y a deux mois", a-t-il ajouté.

Le secteur de l'énergie a été touché par les reculs des prix du pétrole. Il a reculé de 8,87% en variation hebdomadaire. Mais la plus mauvaise performance a été signée par le secteur du transport et des loisirs (-11,03%), très exposé aux effets de la pandémie comme aux risques de récession. Le secteur automobile a lui aussi souffert pour la même raison (-9,8%). Le secteur bancaire a également été malmené en Europe (-9,40%).

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