Les craintes sur le coronavirus reprennent le dessus

Les investisseurs se sont de nouveau repliés sur les actifs refuges. ©EPA

L'intervention des banques centrales et de l'Opep, les résultats d'entreprise et les fusions-acquisitions n'ont pas permis aux bourses de garder le moral.

Les craintes autour de la propagation du coronavirus dans le monde ont dominé l'esprit des investisseurs cette semaine. Les marchés d'actions européens et américains ont tenté un rebond mais n'ont pas réussi à maintenir celui-ci très longtemps. Le Stoxx 600 a terminé sur un recul hebdomadaire de 2,26%, tout comme le DAX (-2,82%) et le CAC 40 (-3,09%). Pourtant, plusieurs bonnes nouvelles ont capté l'attention des investisseurs. Les banques centrales américaine et canadienne ont abaissé leur taux d'intérêt de 0,50% pour protéger leur économie des effets négatifs du coronavirus. La banque centrale d'Australie a baissé son taux de 0,25% à 0,50%.Les autres banques centrales ont annoncé être prêtes à réagir.

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a proposé de baisser de 1,5 million de barils par jour sa production pour soutenir les cours du pétrole, mais a échoué à obtenir un feu vert de la Russie. Les gouvernements ont, de leur côté, pris des mesures pour freiner la progression du coronavirus, comme l'Italie et les Etats-Unis qui ont dégagé des budgets d'urgence.

Petite parenthèse

Du côté des entreprises, plusieurs fusions-acquisitions ont été remarquées cette semaine. Qiagen a bondi après l'annonce de l'offre de rachat du laboratoire américain Thermo Fisher. Metro a également flambé après avoir été approché par le géant américain de la distribution Sysco. 

La chute de Cineworld, une entreprise d'exploitation cinématographique, et des compagnies aériennes a montré aux investisseurs que le coronavirus provoque des désertions de voyageurs et de spectateurs partout dans le monde.

Des résultats de société ont également été appréciés, à l'image de HelloFresh , qui a signé la plus forte progression hebdomadaire du Stoxx 600. Mais d'autres entreprises ont été lourdement sanctionnées après des chiffres trimestriels en dessous des attentes, comme Capita qui a chuté de plus de 46%.

Mais la chute de Cineworld , une entreprise d'exploitation cinématographique, et des compagnies aériennes a montré aux investisseurs que le coronavirus provoque des désertions de voyageurs et de spectateurs partout dans le monde. "Les actions des compagnies aériennes, mais aussi des croisiéristes, sont martelées pour l'instant. Certains comparent même la situation actuelle à la paralysie après le 11 septembre 2001", indique Frank Vranken, responsable de la stratégie chez Puilaetco. 

Taux plancher et pétrole en recul

Les cours du pétrole ont continué de reculer cette semaine à cause de la division de l'Opep. Le baril de Brent a chuté sous 50 dollars. Depuis le début de l'année, il a perdu 30,2%, pénalisé par une baisse de la demande en pétrole. "Moins de vols d'avions signifie moins de consommation de pétrole. Moins de demande de pétrole signifie une chute des prix", explique Frank Vranken. "Les niveaux d'inventaires sont au plus haut en Chine et sans un soudain choc d'offre, le prix du Brent va rester faible pendant longtemps", prédit -il.

"L'or est immunisé contre le coronavirus."
Goldman Sachs

Du côté du marché obligataire, les rendements des obligations d'État ont baissé alors que les investisseurs se sont réfugiés sur les actifs les plus sûrs. Le taux américain à dix ans est tombé à 0,7%, un record. Le taux allemand à dix ans est descendu à -0.739%. Il a retrouvé son niveau historiquement bas observé en septembre 2019, au pic des tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis.

"Nous sommes dans un environnement incertain et cela explique le sentiment général sur les marchés, où les investisseurs privilégient les actifs refuges tels que les obligations d'État allemandes", souligne Rainer Guntermann, responsable de la stratégie chez Commerzbank. L'or a également été privilégié par les investisseurs. Le cours du métal jaune a touché 1.690 dollars, son plus haut niveau depuis janvier 2013. Goldman Sachs estime que l'or est "immunisé contre le coronavirus" et qu'il est le meilleur actif à détenir pour l'instant.

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