Les défis de Snapchat avant son entrée en Bourse

©Avalon

L’application de messagerie, qui espère lever 3 milliards de dollars, accuse de lourdes pertes. Elle devra prouver sa capacité à diversifier son activité.

Snapchat va s’introduire en Bourse. Jeudi 2 février Snap, sa maison mère, a lancé la dernière étape de la procédure, en publiant son prospectus d’introduction auprès des autorités boursières américaines. L’opération se déroulera sur le New York Stock Exchange. Elle pourrait avoir lieu début mars. La société, connue pour son application qui permet d’envoyer des photos et des vidéos qui disparaissent au bout de quelques secondes, espère lever trois milliards de dollars.

Selon la presse américaine, Snap viserait une valorisation pouvant atteindre 25 milliards de dollars. Il s’agirait alors de la plus importante IPO d’une entreprise high-tech américaine depuis celle de Facebook en mai 2012. Face à la méfiance des marchés, notamment depuis les déboires de Twitter, ses dirigeants devront cependant se montrer convaincants. Car les chiffres dévoilés jeudi ne sont pas très encourageants.

"Chaque utilisateur a engendré des coûts de 6 dollars à Snapchat."
Brian WIeser
Analyste chez pivotal research

Un chiffre d’affaires multiplié par sept

Certes, Snap a enregistré l’an passé un bond de son chiffre d’affaires: il a été multiplié par sept, à 405 millions de dollars. Mais de nombreux défis restent encore à relever. À commencer par la rentabilité. En 2016, l’entreprise californienne a accusé une perte nette de 515 millions de dollars. À titre de comparaison, Twitter avait perdu 100 millions de dollars au cours des douze mois précédents son introduction en Bourse.

Pour atteindre l’équilibre, Snap devra d’abord accélérer son processus de monétisation. S’il est bien entamé en Amérique du Nord, il reste encore embryonnaire à l’international, avec seulement 49 millions de dollars de recettes l’an passé. "La société pourra enregistrer une croissance relativement ‘facile’ lorsqu’elle développera sa présence en dehors des Etats-Unis", estime Brian Wieser, analyste chez Pivotal Research.

Parallèlement, la société va devoir contrôler ses dépenses. Celles-ci ont plus que doublé en 2016, à 925 millions de dollars. "Cela signifie que chaque utilisateur a engendré des coûts de 6 dollars à Snapchat, dont la moitié à peine a été compensée par la publicité", remarque Brian Wieser. En 2016, l’application a notamment triplé ses effectifs. Et elle vient de s’engager à verser au moins 400 millions de dollars par an à Google afin d’héberger ses services dans le cloud.

Autre défi: attirer de nouveaux adeptes. Au quatrième trimestre, l’application comptait 158 millions d’utilisateurs actifs par jour. Cela ne représente qu’un gain de 5 millions par rapport au trimestre précédent. Ce ralentissement coïncide avec le lancement par Instagram d’une nouvelle fonctionnalité qui permet aux utilisateurs de créer des "histoires" regroupant des photos et de courtes vidéos. Et qui copie grandement une possibilité offerte par Snap depuis 2013.

"Une entreprise de photo"

Enfin, la société devra prouver sa capacité à diversifier son activité. Elle assure être une "entreprise de photos" et pas seulement une application de messagerie. L’an passé, elle a ainsi lancé les Spectacles, des lunettes de soleil équipées d’une petite caméra permettant de filmer de petites vidéos. Mais elle n’a depuis donné aucune indication sur ses projets futurs.

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