Les deux cauchemars des investisseurs

Jerome Powell, président de la Fed, le 20 mars. ©AFP

Les marchés d’actions ont connu une semaine difficile. Pourquoi? Parce que la banque centrale américaine a drastiquement changé de cap et de nouvelles stats ont prouvé le ralentissement de l'économie européenne...

Le Stoxx 600 a lâché 1,33% d’un vendredi à l’autre. Les secteurs les plus défensifs ont offert une performance positive, alors que les banques et les assurances ont signé les pires replis. Les investisseurs ont dû digérer des statistiques inquiétantes en Europe et une Réserve fédérale américaine toujours accommodante.

La banque centrale a drastiquement changé de cap en renonçant à relever les taux d’intérêt cette année, dans la perspective d’un ralentissement plus marqué de la croissance aux Etats-Unis et d’une inflation toujours plus contenue, ce qui a fait chuter le dollar. Son annonce mercredi a pris les marchés par surprise. La Fed indiquait il y a à peine trois mois qu’elle remonterait encore deux fois ses taux d’intérêt cette année.

"C’est peut-être le plus gros rétropédalage de l’histoire de la Fed. C’est un mouvement très violent; il se peut que cela soit la goutte d’eau qui fasse déborder le vase dans le sens où cela devient inquiétant", indique Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille pour Mirabaud France.

Baisse des rendements obligataires

Ce vendredi, les premiers résultats pires qu’attendu des enquêtes sur l’activité dans le secteur industriel ont été accueillis très froidement sur les marchés, car ils traduisent un ralentissement marqué de l’économie européenne. Le Bund allemand à dix ans est passé en négatif pour la première fois depuis 2016. Il porte à près de dix points de base sa baisse depuis le début de la semaine, marquée par les incertitudes persistantes sur le Brexit et les annonces plus accommodantes qu’attendu de la Réserve fédérale. La baisse des rendements obligataires a pénalisé les banques européennes, qui ont lâché 3,57% et signé la pire performance du Stoxx 600. L’inversion de la courbe des taux obligataires aux Etats-Unis, où le taux à trois mois est supérieur à celui à dix ans, a également refroidi les investisseurs. Car il faut remonter à 2007 pour retrouver une situation pareille.

Le secteur des assurances en Europe, sensible lui aussi aux taux d’intérêt, a lâché 2,78% sur la semaine.

Les secteurs les moins sensibles aux taux d’intérêt ont résisté à la tempête sur les marchés. Les services aux collectivités signent la meilleure performance (+ 1,17%) du Stoxx 600 cette semaine, suivi par le secteur du retail (+ 0,92%), et les télécoms (+ 0,26%). L’offre de rachat d’Inmarsat a porté le secteur. L’opérateur de satellites a reçu une proposition d’achat d’un consortium dirigé par des fonds d’investissement, qui valorise le groupe britannique à 3,3 milliards de dollars (2,9 milliards d’euros).

La Bourse de Francfort a été particulièrement affectée par le plongeon de Bayer, qui signe la pire performance du Stoxx 600 cette semaine (-12,47%). Le titre est plombé par le procès à haut risque de sa filiale Monsanto aux Etats-Unis pour la dangerosité de l’herbicide au glyphosate Roundup. L’avertissement sur résultats de BMW a également pesé sur les secteurs automobiles allemand et européen.

Des métaux précieux qui brillent

Le contexte des marchés a été favorable aux métaux précieux cette semaine en revanche, portés par la baisse du dollar face aux autres monnaies, mais aussi la recherche de valeurs refuge. Sur le London Bullion Market, l’once d’or valait 1.312,19 dollars vendredi, contre 1.303,81 dollars le vendredi précédent. L’once d’argent pesait 15,43 dollars, contre 15,35 dollars il y a sept jours. Sur le London Platinum and Palladium Market, l’once de platine s’échangeait à 856,82 dollars, contre 831,24 dollars sept jours plus tôt.

L’once de palladium valait pour sa part 1.576,01 dollars, contre 1.552,24 dollars à la fin de la semaine précédente.

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