Les distributeurs de bitcoins arrivent en Belgique

©Bloomberg

Dans les toutes prochaines semaines, il sera possible d’échanger cette monnaie virtuelle contre des billets.

Dans certains centres commerciaux ou dans des bars belges, les clients pourront bientôt introduire des billets (en euros, chez nous) et recevoir directement l’équivalent en bitcoins, la devise virtuelle, qui sera transféré sur leur smartphone. Ils pourront ensuite effectuer leurs transactions avec leur téléphone portable. Avec ces machines, ils pourront aussi recevoir des billets d’euros en échange de bitcoins.

A quelques semaines de l’installation de la première machine (à Bruxelles ou à Gand), plusieurs constructeurs d’ATM (Automated Teller machines, ou distributeurs automatiques) sont sur les rangs.

Une première démonstration a déjà été faite dans le courant du printemps à Bruxelles au cours d’une soirée Café Numérique, à TransformaBXL. David Boveington-Fauran, co-fondateur de la société EBTM (European Bitcoin Trading Machine), a présenté cette machine comme la première du genre à être utilisée en Belgique, en attendant son utilisation commerciale, qui devrait avoir lieu d’ici la fin du mois de juillet. La mise en place de ces machines a déjà été repoussée à plusieurs reprises pour des raisons techniques mais aucun obstacle majeur ne s’oppose à leur installation imminente.

En Belgique, les constructeurs surfent sur un vide juridique. Le régulateur des services financiers, la FSMA, a indiqué à L’Echo qu’elle "ne peut pas exercer de contrôle" sur ces cash-machines, ni pour les autoriser, ni pour les interdire. La Banque Nationale Belge indique également qu'elle n'a pas donné d'avis car elle n'est pas compétente pour une monnaie qui n'a pas cours légal.

Sur les 5 continents

Les constructeurs de ces distributeurs, qui ont présenté leur projet à la FSMA il y a quelques semaines, à titre symbolique, n’ont pour l’instant guère de "visibilité sur le fait que ce sera toujours possible dans les mêmes conditions dans six mois ou un an", comme l’explique Jérémie Dubois-Lacoste, chercheur en informatique au laboratoire d’intelligence artificielle de l’ULB (IRIDIA), et co-fondateur de la Belgian Bitcoin Association.

Stopper le mouvement en cours sera en tout cas complexe. "J’étais à la conférence ‘bitcoins’ d’Amsterdam il y a un mois, et une bonne partie des stands d’entreprises était des constructeurs de distributeurs", explique-t-il.

Au Canada, pays comptant le plus de distributeurs de ce type, le gouvernement a indiqué qu’il ne considérait par ces moyens de distribution monétaires comme légaux, mais n’a pas entrepris de démarche répressive.

Ces machines existent déjà, en peu d’exemplaires, sur les cinq continents (présences aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Suisse, en Espagne, en France, en Roumanie, en République tchèque, en Australie, en Malaisie, en Israël, en Afrique du Sud, au Japon, en Allemagne, etc…).

Des pays comme Taïwan sont très réticents. "Mais le régulateur semble juste vouloir adopter une approche prudente, observer, apprendre, avant de prendre une décision définitive", affirme à L’Echo Sam Glaser, responsable de la communication de la firme américaine Robocoin, leader actuel du marché. Le directeur général de Robocoin, Jordan Kelley, a inauguré hier en grande pompe son premier distributeur en Italie, dans la foulée d’une audition devant le Parlement italien, à Rome.

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