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analyse

Les échanges d'actions belges ont reculé de 25%

©BELGA

La baisse du nombre de transactions observée au cours du premier semestre est entièrement imputable aux actions du Bel20. Le reste du marché a augmenté de plus de 20%. Grâce au regain d'intérêt pour la bourse.

Au cours du premier semestre, le nombre de transactions portant sur les 19 actions de l'indice Bel20 (sans tenir compte d'Aperam) a reculé de 30% par rapport à la même période de l'an dernier: 7,4 millions, contre 10,5 millions. Nous avons analysé les transactions sur actions belges publiées sur le site internet de l'opérateur d'Euronext. Une transaction a lieu dès qu'un vendeur et un acheteur tombent d'accord sur le prix d'une action.

Nous considérons le nombre de transactions comme un baromètre de l'intérêt pour la bourse qui est certes imparfait, mais plus parlant que le volume et que le chiffre d'affaires boursier.

Nous considérons le nombre de transactions comme un baromètre de l'intérêt pour la bourse certes imparfait, mais plus parlant que le volume (le nombre d'actions échangées) et que le chiffre d'affaires boursier (nombre d'actions échangées multiplié par le cours), trop influencés par les ordres ponctuels des grands investisseurs.

Une exception: Argenx

Le groupe brassicole AB InBev est depuis longtemps l'action belge la plus échangée, avec 1,7 million de transactions au cours du premier semestre, ce qui représente tout de même une baisse de 32% par rapport à la même période de l'an dernier. Pratiquement toutes les actions phares ont suivi le même chemin: KBC , Ageas et Solvay ont chuté d'un tiers. Pour UCB , cette baisse est de 25%.

Galapagos (-41,5%) est l'action qui enregistre la plus forte baisse des échanges, tandis qu'Argenx (+1%) est une des rares actions de l'indice phare de Bruxelles à enregistrer une hausse du nombre de transactions. Il semble que certains investisseurs aient jeté l'éponge après les nombreux revers subis par Galapagos l'an dernier, et au début de cette année.

Le recul des actions du Bel20 n'est pas une surprise. Au cours de la première moitié de 2020, le négoce des actions belges a connu une véritable frénésie suite à l'éclatement de la pandémie. Le marché a été frappé par des ventes de panique, ce qui a fait perdre 40% au Bel20 en quelques semaines. La reprise fut tout aussi rapide. Les autres marchés d'Euronext ont connu le même phénomène, de façon moins prononcée. Amsterdam et Paris ont enregistré une baisse de 13%.

Afflux massif des jeunes

Comment concilier la baisse du nombre de transactions avec la popularité grandissante des investissements, notamment grâce à l'afflux massif des jeunes? Regardez l'ensemble du marché d'Euronext Bruxelles.

Alors que les grands investisseurs ont joué les premiers violons avec les actions du Bel 20 – y compris via le négoce de paniers indiciels – les particuliers ont surtout privilégié les plus petites capitalisations.

Alors que les grands investisseurs ont joué les premiers violons avec les actions du Bel20 – y compris via le négoce de paniers indiciels – les particuliers ont surtout privilégié les plus petites capitalisations. Au cours du premier semestre, la centaine d'actions bruxelloises qui ne font pas partie du Bel20 représentaient 1,7 million de transactions, soit une hausse de plus de 20%. Les 20 actions ayant enregistré la plus forte baisse du nombre de transactions sont en grande partie des membres du Bel20 (cf. graphique).

Pour les petites capitalisations dont les échanges ont fortement chuté, la patience des investisseurs est depuis longtemps soumise à rude épreuve. Pensez au fabricant de tapis Balta (-40%), au groupe de communication Crescent (-48%) et au groupe spécialisé en diagnostics Biocartis (-55%).

Le recul de plus de 50% d'Orange Belgium (-59%) est uniquement dû à l'offre de la maison mère Orange. L'offre de 22 euros par action n'a pas abouti, mais 74,88% des actions se trouvent tout de même dans les mains d'investisseurs stratégiques. Toute ambition de devenir une action facilement négociable a donc disparu (free float réduit). La semaine dernière, le groupe de télécoms a mis fin au contrat avec son fournisseur de liquidité. Un "fournisseur de liquidité" est un courtier qui place des ordres d'achat et de vente pour limiter la différence entre le cours acheteur et le cours vendeur.

Découvertes

Pour le reste du marché, une série d'histoires propres aux entreprises a conduit à des découvertes. Pour la société ABO, spécialisée dans l'exploration des sols, le nombre de transactions a quasiment été multiplié par six. ABO a conclu un contrat avec un fournisseur de liquidité, est passé au marché continu, et a obtenu une deuxième cotation à Paris.

Chez Sequana Medical, le nombre de transactions a presque triplé après les résultats encourageants de l'étude "Poseidon" pour le traitement de la cirrhose du foie.

Le nombre de transactions portant sur Floridienne – qui reste cotée sur le marché au fixing – a aussi presque triplé. Depuis cette année, l'action est considérée comme un investissement durable grâce à Biobest, sa filiale spécialisée dans la protection biologique des cultures, qui a frappé un grand coup l'an dernier aux États-Unis avec l'acquisition de Beneficial Insectary.

Le résumé

  • Au cours des six premiers mois de cette année, le nombre de transactions en actions belges a diminué de 23% à 9,1 millions.
  • La pandémie a conduit à des échanges frénétiques en 2020. Néanmoins, beaucoup de sociétés, en particulier les plus petites capitalisations, ont vu leurs échanges augmenter en 2021 par rapport à 2020.
  • ABO, Sequana Medical et Floridienne ont vu leurs échanges se multiplier, Orange Belgium est en revanche devenu beaucoup plus illiquide.

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