Les familles d'AB InBev en quête d'impact

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Aux côtés du cabinet de conseil Telos Impact, elles dirigeront Stellar Impact, nouveau fonds qui entend financer les initiatives économiques socialement et environnementalement responsables. Pour mener à bien sa mission, le véhicule a été doté de 30,5 millions d’euros de capital.

Nouveau venu dans le monde de l’investissement à impact social. Stellar Impact de son petit nom, entend "financer le développement d’initiatives économiques socialement et environnementalement responsables", a-t-on appris à bonne source.

Pour y parvenir, le fonds d’investissement a été doté d’un capital de 30,5 millions d’euros, apportés en quasi-totalité par Telos Impact Investing, filiale du cabinet de conseil Telos Impact, spécialisé dans la gestion stratégique de portefeuille philanthropique et dans le conseil en impact investing pour les investisseurs et philanthropes qui souhaitent "donner du sens à leur patrimoine en soutenant l’innovation sociétale". Fondée l’an passé et dirigée depuis lors par Marc Flammang, ex-head of philanthropy de la Banque De Groof (pendant un peu plus de huit ans), la structure compte aujourd’hui une équipe de quelque six personnes.

Derrière le nouveau véhicule né le 1er août, on retrouve un casting de choc, avec des administrateurs issus des familles de Spoelberch et de Mévius (actionnaires, avec les Van Damme, d’AB InBev) ou encore de la famille de Marchant d’Ansembourg. L’auteur et conférencier Guibert del Marmol, ex-haut profil de Walibi, Sodexo puis DB Associates, complète l’équipe.

Interrogé sur ce développement, l’homme confie qu’il est "trop tôt pour parler" du projet de manière concrète. En effet, "le premier conseil n’a pas encore eu lieu et ne se tiendra qu’en septembre. Je n’ai d’ailleurs moi-même pas encore rencontré tout le monde", souligne Guibert del Marmol, qui est aussi cofondateur de la Lunt Foundation dont la mission est de promouvoir l’entrepreneuriat social et les solutions durables.

L’intéressé concède toutefois qu’il s’agit là d’un fonds "autour de la nouvelle économie pour des gens qui veulent investir dans la responsabilité sociétale des entreprises et les solutions en matière d’environnement liées aux objectifs de la COP21 notamment". Nous n’en saurons pas plus.

Dans son aventure, Stellar Impact sera épaulé par un de ses administrateurs en la personne d’Ulrich Grabenwarter, head of investments au Fonds européen d’investissement (FEI), mais aussi président de l’initiative European Impact Investing Luxembourg qui entend mettre en commun les efforts de plusieurs sociétés de services financiers en la matière. En parallèle, le concerné est aussi professeur invité en capital-risque et private equity à l’école de commerce IESE de l’université de Navarre (Espagne).

Tendance de fond

Autant d’acteurs qui ont amené eux-mêmes les fonds concernés? Quid de la politique d’investissement du véhicule? Plutôt développement durable que philanthropie donc? Quels seront les projets étudiés? Dans quelle zone géographique? Telos Impact n’a pas souhaité donner suite à nos questions.

De manière plus générale, force est de constater qu’avec cette arrivée, Stellar Impact vient gonfler les initiatives en matière d’impact investment en Belgique. D’après une étude de 2017 réalisée par la Fondation Roi Baudouin, seules neuf organisations belges étaient impliquées (en tout ou en partie de leur activité) dans ce créneau il y a peu, pour un montant total d’investissements consentis tournant autour des 430 millions d’euros répartis entre quelque 381 projets.

Interrogé sur l’arrivée de Stellar Impact dans le paysage, Olivier de Duve, CEO d’Inventures Investment Partners, se dit content de voir un nouvel acteur sur le marché. Peut-on parler aujourd’hui d’une tendance dans le pays? "Sans aucun doute", répond-il. "Énormément d’investisseurs veulent désormais autre chose qu’un rendement purement financier. Ils cherchent dès lors des projets qui ont un impact positif sur la planète", ce que leur propose Inventures via son fonds d’investissement Inventures II qui ambitionne de lever 50 millions d’euros d’ici décembre 2019 – les 20 millions ont déjà été atteints.

Sauf que vouloir n’est pas pouvoir. Si la volonté est là, il convient tout de même de souligner que, pour l’heure, "il n’existe encore que relativement peu d’offres structurées". Stellar Impact viendra donc solutionner quelque peu le problème… avant d’autres?

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