Les fondamentaux américains sont solides, selon Candriam

Les économistes de Candriam Anton Brender et Florence Pisani. ©rv

L’Europe reste extrêmement vulnérable à divers facteurs sur lesquels elle a peu de contrôle, d'après les économistes de Candriam.

Les spécialistes de Candriam ne s’attendent pas à ce que les économies des grands blocs s’écroulent durant les prochains mois. "Le thème de la guerre commerciale est là pour durer. Les dirigeants chinois ne céderont pas car le développement dans les technologies de pointe constitue un axe de développement prioritaire du gouvernement", souligne Anton Brender, chef économiste. "Et même si Donald Trump n’est finalement pas réélu, les relations entre les deux blocs en seront durablement affectées."

Baisses de taux

Pour les Etats-Unis, il sera difficile de maintenir le rythme durant les prochaines années.
Anton Brender
Chef économiste de Candriam

La croissance américaine devrait ralentir légèrement en dessous de 2% pour l’année 2020, avec une consommation domestique qui restera particulièrement solide. "La masse salariale continue d’augmenter rapidement avec un taux de participation qui a augmenté rapidement depuis 2015. Il sera toutefois difficile de maintenir le rythme durant les prochaines années", dit Anton Brender. Il constate également que les baisses d’impôts décidées en 2018 n’ont pas permis d’accélérer l’investissement des entreprises, et qu’un retour à la normale du niveau des stocks devra également se produire.

Anton Brender estime que la Réserve fédérale tentera probablement de limiter le nombre de ses baisses de taux à une ou deux. "Quatre baisses ne me semblent pas justifiées au niveau des fondamentaux économiques. Le but de la Fed est de ralentir l’économie, pas de provoquer une récession." Dans ce contexte, il estime que les taux longs vont rester bas, voire remonter un peu s’il n’y a pas trop de turbulences sur les marchés.

La Chine sera pour sa part de plus en plus limitée dans sa capacité à pousser son économie, mais elle devrait toutefois encore être en mesure de maintenir son activité au-delà des 6%. "Les marges de manœuvre sont toutefois en train de se réduire progressivement, car les zones pour stimuler efficacement l’économie commencent à disparaître", souligne encore Anton Brender.

Facteur de fragilité

Même s’il ne s’agit pas de notre scénario central, l’Europe pourrait rapidement glisser vers la récession si les circonstances sont particulièrement défavorables.
Florence Pisani
Directrice de la recherche économique de Candriam

Du côté de l’Europe, Florence Pisani, directrice de la recherche économique, s’attend à une activité économique qui remonte vers 1,6% de croissance en 2020, après un ralentissement marqué depuis le début 2019. Les principales zones de soutien seront la solidité de la demande intérieure et les bons chiffres de créations d’emplois, tandis que la politique budgétaire est devenue légèrement expansionniste dans la plupart des économies.

"Ces attentes plus positives sont toutefois soumises à de nombreuses incertitudes (guerre commerciale, Italie, Brexit, ralentissement chinois). Même s’il ne s’agit pas de notre scénario central, l’Europe pourrait rapidement glisser vers la récession si les circonstances sont particulièrement défavorables, d’autant qu’il n’existe pas beaucoup de marges de manœuvre au niveau de la politique monétaire."


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