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analyse

Les incertitudes restent élevées sur les marchés financiers

L'Arabie serait à nouveau plus soucieuse de soutenir les prix du pétrole que de défendre ses parts de marché. ©REUTERS

Les statistiques restent défavorables, les entreprises continuent à réduire leurs prévisions, la justice allemande fait planer des risques sur la zone euro. Et les Bourses, elles, ont poursuivi leur grimpette...

Comme défiant le dicton boursier “vendre ses actions en mai et ne revenir qu’en septembre", les investisseurs ne se sont pas détournés des marchés boursiers au cours de la semaine écoulée. Certes, les séances ont été calmes. Il reste que les indices boursiers ont poursuivi leur grimpette. À l’instar de l’indice S&P 500 de la Bourse de New York qui a gagné 3,1% à 2.919,45 points (vendredi vers 18h). En Europe, le Stoxx 600 a encore pris 1,08% à 341,05 points.

Parmi les quelques fausses notes au rayon des principaux indices nationaux, outre le FTSE MIB qui a perdu 2,01% à Milan, l’indice Bel 20 a cédé 1,31% à 3.058,66 points. Même topo pour les places émergentes qui ont perdu en moyenne près de 2%.

Pourtant, les sujets qui auraient pu inquiéter les marchés n’ont pas manqué. Il y a les statistiques économiques qui restent autant les unes que les autres décevantes. Il est vrai qu’il n’y a plus à attendre pour le moment de nouvelles favorables sur ce plan, crise sanitaire oblige. Et alors que le déconfinement des populations est programmé dans les principales économies du monde, les  investisseurs se mettent plutôt à tabler sur une amélioration de l’activité dans les mois à venir. Ne vont-ils pas trop vite en besogne ? C’est ce que craignent certains stratégistes, invoquant que les entreprises continuent d'abaisser leurs prévisions ou de les retirer faute de visibilité, de renoncer à rémunérer leurs actionnaires et de couper dans leurs dépenses, notamment par des suppressions d'emplois.

Buffett doublé par la Fed

Les patrons d’entreprises sont pour leur part de plus en plus nombreux à ne pas imaginer un retour de l’activité au niveau de l’an dernier avant deux ou trois ans. En marge de la publication mardi de leurs résultats pour le premier trimestre, ceux de BNP Paribas (Paris) avaient indiqué estimer que le PIB européen ne reviendrait à son niveau de 2019 qu’en 2022. Autant dire qu’il n’y a pas lieu de programmer le retour des Bourses à leur sommet du début de cette année dans un avenir proche.

"L’avenir est beaucoup moins clair pour moi."
Warren Buffett
Président de Berkshire Hathaway

Les propos tenus par Warren Buffett lors de l’assemblée générale des actionnaires de Berkshire Hathaway avaient aussi de quoi semer le doute. Celui que l’on surnomme " l’oracle d’Omaha " pour ses qualités de visionnaire de Wall Street a avoué n’avoir effectué aucune affaire dans la chute des marchés qui en temps " normal " lui offre généralement des opportunités d’investissement. " L’avenir est beaucoup moins clair pour moi ", avait-il notamment déclaré.

À sa décharge, il est vrai qu’il a été cette fois concurrencé par la Banque centrale américaine qui a assuré la liquidité du marché. Du coup, les entreprises ne voyaient plus la nécessité de frapper à la porte de Berkshire Hathaway, comme du temps de la crise financière de 2008, pour quémander un soutien financier contre une juteuse rémunération.

La zone euro en danger ?

La décision de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe en Allemagne aurait pu aussi constituer un autre motif pour les investisseurs d’engranger des prises de bénéfices après un beau mois d’avril. En exigeant de la Banque centrale européenne qu’elle démontre d’ici trois mois que son plan de soutien financier concocté en 2014 a plus d’effets positifs que d’inconvénients, les juges de cette Cour risquent de mettre en péril la zone euro. Et en tout cas de susciter bien des incertitudes d’ici là.

Les Bourses ont à peine réagi à cette décision. Sur le marché de la dette italienne, le rendement à 10 ans a filé jusqu’à 1,92% jeudi. Il est ensuite revenu à 1,78% vendredi. L’euro aussi de son coté a accusé le coup. Mais, après un passage sous 1,08 dollar au milieu de la semaine, la monnaie européenne est remontée à 1,0851. Elle conserve une baisse de 1,18% sur la semaine. Les marchés donnent cette impression que la Cour n’ira pas jusqu’au bout de sa décision.

Le Brent poursuit son rebond

Sur les autres marchés, les prix des barils de Brent et de WTI ont poursuivi leur remontée. Celui du Brent a gagné 14,1% pour retrouver le niveau des 30 dollars, à 30,16 dollars. Celui du WTI a rebondi de 21% à 20,8 dollars. Les producteurs de l’OPEP et quelques pays non membres de ce cartel ont commencé à réduire leur production.

En même temps, l’Arabie Saoudite a relevé le prix de certains de ses produits facturés à ses clients. Ce qui pourrait vouloir signifier que ce pays est redevenu plus soucieux de soutenir les prix du pétrole que de défendre ses parts de marché.

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