Les investisseurs américains se ruent sur Galapagos

©nasdaq

L’aventure américaine de Galapagos a bien démarré. La biotech belge a levé plus que prévu et bondissait dans les premiers échanges sur le Nasdaq.

La société malinoise de biotechnologie a finalement levé 275 millions de dollars (240 millions d’euros) lors de son émission d’actions. Il s’agit d’un montant supérieur à son objectif de 250 millions de dollars. Galapagos voulait initialement lever 150 millions de dollars mais les investisseurs américains se sont arraché les ADS (American Depositary Shares, des certificats) de Galapagos, convaincus notamment par les bons résultats des tests entrepris sur le Filgotinib, traitement contre les rhumatismes.

Galapagos bondissait de 20% à 50,99 dollars quelques heures après son introduction

Dans le détail, Galapagos a émis 6,55 millions de nouvelles actions, dont 4.996.522 ADS au prix de 42,05 dollars par ADS et 1.553.478 actions ordinaires à un prix de 37 euros par action.

La société pharmaceutique AbbVie, le partenaire de Galapagos pour le développement du Filgotinib, a profité de l’offre américaine pour entrer dans le capital de la biotech belge, à hauteur de 30 millions de dollars.

Trésor de guerre

Reste à savoir ce que Galapagos va faire des fonds levés (lire aussi ci-dessous). Selon Jan De Kerpel, analyste auprès de KBC Securities, AbbVie devrait débourser 200 millions de dollars pour poursuivre seul le développement du traitement des rhumatismes. Ce qui signifierait que Galapagos ne devrait plus financer le développement du médicament et se retrouverait avec un trésor de guerre de 475 millions de dollars.

Les analystes estiment que Galapagos tentera de dénicher des traitements potentiels auprès de concurrents. D’ici là, la société dispose des liquidités nécessaires pour financer tous ses programmes en cours.

Sur le Nasdaq, Galapagos bondissait de 20% à 50,99 dollars quelques heures après son introduction. À Bruxelles, l’action a gagné 14,35% à 44 euros

3 questions à Onno Van de Stolpe, CEO de Galapagos 

Onno Van de Stolpe ©BELGAIMAGE

1. Comment avez-vous vécu cette journée? Y a-t-il une différence avec l’introduction à Bruxelles il y a dix ans?

J’étais soulagé que l’introduction à Bruxelles se soit finalement bien passée. Nous avions dû reporter l’introduction d’un jour et baisser le prix de souscription. Mais aujourd’hui, c’était l’euphorie. Des fonds d’investissement avec des actifs sous gestion de 1 milliard, 10 milliards, 100 milliards et même 1.000 milliards de dollars étaient très enthousiastes.

L’action cote à un niveau record. Le carnet de souscriptions était nettement sursouscrit. Et puis, l’expérience est très différente. À la Bourse de Bruxelles, tout est plus réservé. Ici, c’est le show à l’américaine et Galapagos était sur le grand écran sur Times Square. C’est un rêve.

Nous allons maintenant faire un tour de Manhattan en hélicoptère, et ensuite visiter un musée. Et ce soir nous ferons une petite fête. Nous prendrons ensuite quelques jours de vacances.

2. AbbVie et Johnson & Johnson ont souscrit à l’augmentation de capital à hauteur respectivement de 30 et 25 millions de dollars. Que devons-nous en déduire?

La demande émanait de notre part parce que c’était un signal clair pour les autres investisseurs.

3. Que comptez-vous faire de tous ces millions?

Je suis conscient du fait que les attentes ont augmenté. Nous devons utiliser intelligemment cet argent. Dans le passé, nous avons conclu de nombreuses alliances pour nos projets de recherche parce que nous n’étions pas en mesure de supporter tous les coûts. À présent, nous n’allons plus emprunter ce chemin. Nous avons, par exemple, l’ambition de financer jusqu’au bout la recherche pour le traitement d’une maladie rare, de longue durée et fatale, et de le commercialiser nous-mêmes.

Nous allons aussi étudier l’opportunité de reprendre des programmes de recherche menés par d’autres entreprises. Mais je garde les pieds sur terre. Il faut revenir à la normale après cette période et parquer le jet privé (NDLR: utilisé pendant les road shows).

Propos recueillis par Jan De Schamphelaere

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