Les investisseurs n'espèrent pas de miracles de la BCE

Christine Lagarde, la présidente de la BCE, devra défendre la politique monétaire de l'institution. ©REUTERS

La BCE tiendra jeudi sa réunion de politique monétaire. Les investisseurs n'attendent pas grand-chose de l'institution malgré la hausse des taux longs.

La Banque centrale européenne (BCE) est attendue sans grande conviction ce jeudi. Beaucoup d'analystes estiment que celle-ci ne va pas annoncer de grandes mesures, malgré la récente hausse des taux obligataires de la zone euro. Selon l'agence d'informations financières Bloomberg, une majorité d'économistes prévoient cependant que la BCE prolonge son programme d'achats d'obligations de 1850 milliards d'euros au-delà de mars 2022.

À notre avis, la BCE tentera principalement de minimiser la hausse récente des rendements obligataires, la qualifiant de faible ampleur, tirée par des facteurs techniques et se concentrant sur les rendements réels.
Les économistes d'ING

La réunion de la BCE ce jeudi arrive dans des conditions délicates sur les marchés. Les taux obligataires en zone euro sont remontés brusquement, en parallèle aux taux américains, en raison du plan de relance voté par le Sénat aux États-Unis et les espoirs de reprise économique. "À notre avis, la BCE tentera principalement de minimiser la hausse récente des rendements obligataires, la qualifiant de faible ampleur, tirée par des facteurs techniques et se concentrant sur les rendements réels" écrivent les économistes d'ING Carsten Brzeski, Antoine Bouvet et Benjamin Schroeder dans une note.

Ceux-ci doutent que l'institution change l'enveloppe de son programme de rachats d'actifs PEPP (son programme anti-crise). "Certains membres de la BCE ne vont pas apporter leur soutien " craignent-ils. Jamie Searle, responsable de la stratégie d'investissement chez Citigroup, partage cet avis. "La BCE est peut-être trop divisée pour apporter une réponse décisive, ce qui pourrait augmenter les primes de rendement des pays périphériques par rapport aux taux de référence allemands" indique-t-il.

Un message à clarifier

Chez Bank of America, les analystes attendent surtout une clarification du message de l'institution. "Nous attendons de la BCE qu'elle clarifie ce qu'elle entend par "conditions de financement favorables" et les défende à la suite de la récente liquidation des obligations" ont-ils écrit dans une note.

11,9
milliards d'euros
La BCE a indiqué ce lundi avoir acheté la semaine dernière pour 11,9 milliards d'euros d'obligations, alors que depuis le lancement du PEPP, ils s'élevaient en moyenne à 18 milliards d'euros.

Les décideurs politiques de la BCE ont surpris les investisseurs en minimisant leurs préoccupations jusqu'à présent, affirmant que leur programme d'achat d'obligations était suffisamment flexible pour faire face à une remontée des taux obligataires pas souhaitée, mais ne fournissant aucune preuve qu'ils accélèrent les achats.

Les récentes données du PEPP montrent que la BCE a indiqué ce lundi avoir acheté la semaine dernière pour 11,9 milliards d'euros d'obligations, alors que les rendements des obligations allemandes ont progressé. Ces dernières semaines, ces rachats ont atteint les mêmes montants, alors que depuis le lancement du PEPP, ils s'élevaient en moyenne à 18 milliards d'euros.

Ces rachats plus timides et un calendrier chargé du côté des émissions d'obligations d'État font craindre des tensions sur les marchés chez les analystes de Citigroup et Commerzbank.

Les investisseurs peuvent réfléchir à deux fois avant d'acheter une émission obligataire si la BCE permet d'aggraver la confusion quant à ses objectifs.
Jamie Searle
Responsable de la stratégie d'investissement chez Citigroup

"Les investisseurs peuvent réfléchir à deux fois avant d'acheter une émission obligataire si la BCE permet d'aggraver la confusion quant à ses objectifs" s'inquiète Jamie Searle.

Chez ING, les économistes estiment que "jeudi, ce sera principalement du shadow boxing, tout en démontrant un coup de poing si besoin" en résumant la probable issue de la réunion de la BCE.

Les analystes de Bank of America pensent également que la BCE n'annoncera aucune mesure. "Face à la hausse des taux obligataires, il est nécessaire que l'institution se place contre le marché et défende sa position" indiquent-ils dans une note. Car ils pointent que les perspectives économiques en zone euro se sont détériorées avec les retards de vaccinations contre le Covid-19.

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