"Les investisseurs ne doivent pas abandonner le secteur bancaire"

La principale réaison de la volatilité actuelle: la crise politique en Italie. ©AFP

Volatilité. De nombreux observateurs avaient prévenu du retour en force de la volatilité cette année. Et les investisseurs ont encore été bien servis cette semaine.

Mauvais signe pur les Bourses européennes. L’indice mesurant la volatilité sur l’Euro Stoxx 50 a bondi de 25% en début de semaine, avant de retomber à son point de départ vendredi. C’est dire s’il faut avoir le cœur bien accroché pour investir en Bourse ces temps-ci.

La principale raison de ce pic de volatilité est évidemment liée à la situation politique en Italie. L’échec de la première tentative de gouvernement a fait craindre le retour aux urnes, ce qui a provoqué une aversion au risque sur les marchés européens. Mais le Mouvement 5 Étoiles et la Ligue sont parvenus à un accord jeudi soir et le Président italien a approuvé la nouvelle composition. Les investisseurs ont poussé un "ouf" de soulagement vendredi. Après avoir bondi jusqu’à 3,439% en milieu de semaine, le rendement des obligations d’État à 10 ans est désormais retombé à 2,639%.

"Restent deux questions majeures pour les marchés: dans quelle mesure les propos de campagnes se traduiront dans les décisions? On pense surtout aux décisions en termes de trajectoire budgétaire (…) Et combien de temps peut durer un tel gouvernement?", relève Stéphane Déo, stratège chez LBPAM. Les incertitudes ne sont pas complètement levées et les investisseurs resteront attentifs dans les prochains jours. Même une membre de la Réserve fédérale, la gouverneure Lael Brainard, a expliqué tenir à l’œil l’évolution de la situation en Italie.

Des opportunités d’achat

La crise italienne aura en tout cas fait de sérieux dégâts en Bourse, surtout pour les banques européennes. L’indice Stoxx 600 regroupant les valeurs a signé la plus forte baisse sectorielle cette semaine avec un repli de 3,44% à 165,50 points.

Depuis son plus haut du 26 janvier dernier, le secteur a dégringolé d’environ 15%. Les analystes restent pourtant positifs sur les actions bancaires, arguant que la zone euro est toujours sur le chemin de la reprise et qu’une crise majeure est peu probable à ce stade-ci. "Les investisseurs ne doivent pas abandonner ce secteur, ni pencher brusquement vers le ‘value’. Il y aura peut-être un problème au niveau des revenus mais pas au niveau du bilan comptable", estime Nick Davey, analyste de Redburn. L’accès de faiblesse de ces derniers temps devrait donc être perçu comme une opportunité d’achat.

Seuls les secteurs des ressources de base et des valeurs pétrolières ont tiré leur épingle du jeu, gagnant respectivement 1,38% et 3,13% cette semaine. Une performance évidemment en lien avec la bonne tenue des matières premières. Le Brent a pris 0,27% à 76,65 dollars le baril. Et la tendance haussière pourrait se maintenir dans les prochains mois. Selon une enquête de l’agence Reuters, le baril de brut devrait rester au-dessus de 70 dollars cette année. Les analystes tablent en moyenne sur un cours de 71,68 dollars pour le Brent. "Les fondamentaux sont de plus en plus positifs pour les cours du brut ces derniers temps. Les événements géopolitiques touchant l’Iran et le Venezuela laissent augurer une nouvelle diminution de l’offre, qui s’ajouterait à celle qui résulte déjà de l’encadrement de la production décidé par l’Opep et ses alliés", a expliqué Harry Tchilinguirian, responsable de la stratégie matières premières chez BNP Paribas.

Tous les regards se portent à présent sur la prochaine réunion de l’Opep, qui a lieu le 22 juin à Vienne. L’Arabie saoudite et la Russie discuteraient d’une possible hausse de la production d’un million de barils de pétrole par jour (bpj). Mais certains analystes estiment que cela ne sera pas suffisant pour compenser les manques iranien et vénézuelien. Une telle hausse ne ferait que limiter la hausse des prix à court terme. Chez Schroders, on rappelle toutefois que les actions pétrolières restent "peu chères" et qu’il y a des opportunités, tant du côté des producteurs que des entreprises de service.

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