Les investisseurs ont joué en défense cette semaine

©RERUTERS

Les valeurs défensives se sont illustrées pour amener les indices boursiers à de nouveaux records malgré l'essoufflement des cycliques. Les taux sont en baisse.

Les actions européennes ont atteint de nouveaux sommets cette semaine. L'indice Stoxx Europe 600 des plus grandes capitalisations d'Europe a grimpé de 1,09% en cinq jours, ce qui lui a permis de clôturer à 457,51 points vendredi, un record. Mais l'histoire qui se cache derrière cette performance hebdomadaire n'est pas la même que celle des semaines précédentes. Alors que les marchés européens ont bénéficié dernièrement du phénomène de la rotation sectorielle en faveur des valeurs cycliques et au détriment des actions de croissance, c'est l'inverse qui s'est produit au cours des derniers jours.

20.000
Contaminations quotidiennes aux USA
Le nombre de personnes testées positives au coronavirus est reparti à la hausse aux États-Unis, tout comme le nombre de décès, ce qui préoccupe les investisseurs.

En effet, on observe que les titres cycliques ont été plutôt délaissés cette semaine, comme l'illustre le recul de 0,34% du secteur automobile , tandis que les valeurs de croissance, telles que les actions technologiques (+2,28%) ont progressé. Cela pourrait s'expliquer par des craintes des investisseurs au sujet de la propagation du variant indien du coronavirus, dit "variant delta", nettement plus contagieux que la souche d'origine de la maladie. Aux États-Unis, le nombre de contaminations est de retour au-dessus de 20.000 cas quotidiens et le nombre de décès est également reparti à la hausse. Au Royaume-Uni, où les tests positifs progressent aussi, on envisage de retarder la levée des dernières restrictions qui était prévue pour le 21 juin. Ces évolutions ont incité les investisseurs à jouer la carte de la prudence en bourse.

Les valeurs industrielles, sensibles à la conjoncture, ont donc été laissées de côté. Cela explique pourquoi le Dax a fini inchangé cette semaine, alors que la plupart des indices nationaux sont parvenus à progresser. L'indice allemand a fait les frais d'un recul de ses nombreux composants cycliques, comme Covestro (-5,85%) ou encore Volkswagen (-2,79%).

Le variant delta inquiète

À l'inverse, les valeurs défensives ont été recherchées. Ces actions moins sensibles à la conjoncture appartiennent à des secteurs essentiels, tels que les soins de santé , dont l'indice sectoriel a grimpé de 4,22% depuis lundi. Les télécoms (+2,26%) ont aussi profité de cette stratégie défensive.

UBS et Morgan Stanley pensent que la demande pour un traitement contre Alzheimer pourrait être bien plus forte qu'anticipé. Le secteur pharma a bondi cette semaine.

Les actions du secteur pharmaceutique n'a pas seulement bénéficié de leur profil défensif: elles ont aussi surfé sur l'annonce très attendue de l'approbation du traitement de l'américain Biogen contre la maladie d'Alzheimer. UBS estime que la demande pour un tel traitement pourrait être beaucoup plus forte qu'estimé auparavant. Morgan Stanley est du même avis. La banque d'affaires a donc relevé son objectif de cours pour le laboratoire Roche qui développe également un traitement contre l'Alzheimer. L'action du groupe suisse a progressé de 6,91% cette semaine.

De plus, le secteur pharma a aussi bénéficié du regain d'inquiétudes sur la pandémie. Malgré cela, les actions des loisirs et du voyage ont avancé de 2,56% depuis lundi, parce que les États-Unis ont décidé d'assouplir leurs recommandations à l'attention des voyageurs américains à destination de pays étrangers. La France et l'Allemagne, entre autres, ne sont plus des pays où il ne faut pas se rendre, mais des destinations à éviter sauf si c'est nécessaire. De quoi rendre espoir notamment aux compagnies aériennes, telles que Ryanair (+2,25% en cinq jours) ou EasyJet (+2,61%), ainsi qu'aux groupes hôteliers Intercontinental Hotels (+3,27%) ou Accor (+2,73%).

Le Bel 20 en forme

À l'opposé, parmi les valeurs cycliques délaissées cette semaine, on trouve les actions des banques , qui ont subi un des plus nets revers sectoriel en abandonnant 0,92% depuis lundi. Au désamour pour les titres les plus exposés à la conjoncture s'ajoute une poursuite de la baisse des taux d'intérêt, entamée il y a un peu plus de trois semaines.

0,05%
Taux belge à 10 ans
Vendredi, en cours de séance, le taux d'intérêt des obligations belges arrivant à échéance dans dix ans est tombé à 0,05%, contre 0,12% il y a plus de trois semaines.

Dans ce laps de temps, le taux du Bund allemand à dix ans, référence de la zone euro, est passé de -0,21% à -0,28. Le taux des obligations belges de même maturité est quant à lui tombé de 0,12% à 0,05%. Il n'est plus très loin de retrouver le territoire négatif qu'il avait quitté le 9 avril. La Banque centrale européenne a réaffirmé son intention de continuer à faire pression sur ces taux. De quoi amenuiser les marges d'intérêt des banques. Résultat: Deutsche Bank a cédé 5,50%, ABN Amro 3,73% et Commerzbank 3,83%.

S'il existe un indice national qui se porte bien quand les défensives et la pharma sont à l'honneur, c'est bien le Bel 20 (+2,51% cette semaine). L'indice belge a bénéficié des bonds d'argenx (+15,36%), Galapagos (+7,17%) et UCB (+8,45%) qui a un partenariat avec Roche contre la maladie d'Alzheimer.

Le résumé

  • Les hausses boursières se sont imposées en Europe cette semaine mais c'est surtout le fait de valeurs défensives, comme celles des secteurs de la santé et des télécoms.
  • Le secteur des loisirs et du voyage a bénéficié de la décision des États-Unis d'assouplir leurs recommandations sur les voyages à l'étranger.
  • Les taux d'intérêt poursuivent leur décrue, ce qui a pénalisé les valeurs bancaires.
  • Le Bel 20 a bénéficié des nettes progressions d'argenx, Galapagos et UCB.

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