Les investisseurs retrouvent de l'appétit pour les actions bancaires

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La perspective de voir les exigences des fonds propres se stabiliser en 2020 pour le secteur bancaire pourrait inciter les investisseurs à revenir plus nombreux encore sur les actions des banques. D'autant qu'elles restent largement sous-valorisées.

Le secteur avait tenté une remontée à l’automne 2016. Mais en vain. 2017 et 2018 n’ont pas été de bons millésimes pour les actions des banques. L’an passé, elles avaient sous-performé la majorité des 19 sous-groupes sectoriels de l’indice Stoxx 600, en n’ayant gagné que 9%.

Cette performance fait cependant de l’ombre à un net regain d’intérêt des investisseurs pour le secteur bancaire de la zone euro, apparu au beau milieu de l’été 2019. Le 15 août, alors que les craintes d’une récession prochaine avaient atteint des sommet avec l’inversion de la courbe des taux aux USA, l’indice Stoxx 600 Banques était tombé jusqu’à 117 points. Mais depuis, avec l’apaisement de ces craintes favorisé par la remontée des rendements obligataires – de moins en moins négatifs  en Europe, cet indice affiche une détermination quasi sans faille à récupérer du terrain perdu. A ce jour, il a déjà repris 25% en moins de 5 mois, contre 14,8% pour le Stoxx 600. Il n’y a que les actions de la distribution à avoir fait légèrement mieux.  

Actions bon marché

Indéniablement, les valeurs bancaires effectuent un retour en force dans les portefeuilles des gestionnaires de fonds. Il n’est pas irréaliste de penser que ce mouvement se poursuivra un certain temps, alors que l’intérêt des investisseurs internationaux pour les actifs cotés en euros va grandissant. Pas au point bien sûr d’effacer le retard gigantesque que les valeurs bancaires ont accumulé par rapport à leurs homologues américaines ces dernières années. Depuis le plancher atteint par les marchés boursiers en mars 2009, l’indice S&P 500 Banques de la Bourse de New York a déjà rebondi de 675%, dividendes non compris. La remontée du Stoxx 600 Banques s’est, elle, limitée à 61%.

Les fondamentaux financiers très attractifs que les banques affichent depuis quelque temps, finiront par séduire un plus grand nombre d’investisseurs. Le secteur se traite en moyenne à seulement 0,75 fois sa valeur comptable selon le Stoxx 600 Banques et à moins de 10 fois les bénéfices attendus pour 2019. De plus, il affiche des rendements sur dividende plutôt attrayants (5,6% bruts en moyenne).

Des signaux rassurants

Ce qui permet de penser que les fondamentaux finiront par séduire davantage le marché, c’est l’apparition de signaux qui, à défaut de permettre de tourner une fois pour toute le dos aux  problèmes du passé, apportent néanmoins quelque assurance. "S’il est encore trop tôt de miser sur des fusions transfrontalières en Europe", expliquait récemment Jonathan Tyce, analyste auprès de Bloomberg Intelligence, "des rapprochements nationaux sont par contre imaginables alors que la pression suscitée par les nouvelles règles de Bâle III s’atténue."

Le consensus sur les attentes baissières des revenus des banques européennes devrait s’amenuiser dans le courant de 2020.
Jonathan Ryce
Analyste auprès de Bloomberg Intelligence

Sur ce dernier point, les 10 plus importantes banques de la zone euro devraient voir leurs exigences de fonds propres se stabiliser en 2020, écrit  Bloomberg sur la base de documents récents rédigés par ces banques. Cela pourrait donner de la marge pour accroître les dividendes et opérer des rachats d’actions. Alors que de ce côté-ci de l’Atlantique les dividendes ont souvent été rabotés depuis la crise financière, voire supprimés, ils ont par contre rapidement repris le chemin de la hausse à Wall Street. Chez JPMorgan qui avait ramené le montant annuel par action à 0,20 dollar en 2008, le dividende a depuis lors rebondi. Il atteint aujourd’hui le niveau record de 3,6 dollars par action.

Pour Jonathan Tyce, "le consensus sur les attentes baissières des revenus des banques européennes devrait s’amenuiser dans le courant de 2020, voire s’inverser dans certains cas suite aux politiques de réductions de coûts. L’amélioration de la rentabilité favorisera un relèvement des attentes de retour sur fonds propres tangibles (RoE), avec dans la foulée une hausse des objectifs de cours pour les actions bancaires qui se traitent en moyenne à 20% sous les objectifs actuels."

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