Les IPO devraient décoller l'année prochaine

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Après deux ans de déclin, l’activité des IPO est repartie à la hausse en 2013. Les facteurs de soutien devraient se maintenir et faire de 2014 une année record, estime EY.

On se souviendra de l’année 2013 comme de celle qui marqua le retour des IPO dans le monde. Selon le cabinet d’études EY (ex Ernst & Young), pas moins de 864 entreprises sont entrées en Bourse, soit une augmentation de 3% par rapport à 2012. Ensemble, elles ont levé 163 milliards de dollars, ce qui représente un bond de 27% par rapport à l’année précédente.

Et ceci malgré la suspension des IPO en Chine, un pays qui a déjà représenté dans le passé un quart du total des introductions en Bourse. Avec la Chine, 2013 aurait donc pu être l’année la plus intense en IPO depuis 2010. "L’année 2013 marque un point d’inflexion sur le marché mondial des capitaux, mettant fin à deux ans de déclin de l’activité des IPO", commente ainsi Maria Pinelli, responsable de l’étude.

Quelles raisons ont poussé les entreprises à revenir sur le marché des capitaux ? D’abord, le retour de la confiance des investisseurs, essentielle pour garantir le succès d’une IPO. Ensuite, des conditions économiques en amélioration et une politique monétaire globalement accommodante. Et enfin, la très faible volatilité des marchés financiers. Des facteurs qui devraient d’ailleurs faire de 2014 une année record pour les IPO, prévoit EY.

Intensité américaine

Selon l’étude, les Etats-Unis ont mené la danse, avec 222 entrées en Bourse pour 59,6 milliards de dollars de capitaux levés en 2013, soit 26% des opérations dans le monde et 37% des capitaux. Le secteur de la santé, de l’immobilier mais aussi des technologies, avec l’introduction emblématique du réseau social Twitter, ont suscité l’intérêt des investisseurs.

Côté européen, 158 introductions ont été relevées en 2013 pour un montant de 30,3 milliards de dollars (soit le double de 2012), dans des secteurs aussi variés que les services financiers, les biens de consommation, l’immobilier ou encore des secteurs industriels.

Les privatisations d’entreprises publiques européennes ont été parmi les contributrices les plus importantes, à l’image de Royal Mail en Grande-Bretagne ou de bpost en Belgique. L’introduction en Bourse des services postaux belges est d’ailleurs la cinquième plus grande IPO européenne de l’année, en termes de montant levé (812 millions d’euros).

Vers un record en 2014

Selon le cabinet d’études, l’année 2014 pourrait enregistrer d’encore meilleures performances, alors que les fondamentaux économiques devraient s’améliorer et que la forte liquidité mondiale devraient rendre le marché "réceptif" à de nouvelles entrées en Bourse.

Rien qu’au premier trimestre, EY table sur un nombre d’IPO compris entre 250 et 300, pour un montant de capitaux levés pouvant atteindre 45 milliards de dollars. Les trois premiers mois donneraient le coup d’envoi d’une année riche en introductions en Bourse, avec des chiffres se rapprochant de ceux des années 2005 à 2008. Rien qu’en Chine, 50 IPO sont attendues au premier trimestre.

Au niveau des secteurs, trois compartiments devraient être dominants: la technologie (suite au succès de l’IPO de Twitter), l’immobilier (notamment commercial) et la finance. "De meilleurs résultats ces derniers mois, soutenus par une qualité de crédit qui s’améliore, suggèrent que le moment est devenu plus propice aux IPO pour le secteur financier", estime EY.

Géographiquement parlant, les USA devraient toujours tenir le haut du pavé.

Trois IPO à Bruxelles

Ce n’était pas vraiment difficile de faire mieux qu’en 2012 à la Bourse de Bruxelles, vu qu’aucune société n’avait fait d’IPO cette année-là. Alors, avec trois introductions en Bourse en 2013, on peut dire que les IPO bruxelloises ont… décollé! La dernière en date, la sicafi Qrf, dont la première cotation devrait intervenir le 18 décembre, pourrait lever plus de 75 millions d’euros. Ce qui porterait le montant total levé via IPO sur Euronext Bruxelles à 910 millions d’euros cette année.

En juin, bpost avait en effet levé 812 millions d’euros, suivi par Cardio3Biosciences qui avait récolté 23 millions. Les deux sociétés ont, depuis lors, un parcours boursier très inégal. La biotech s’est envolée de plus de 40%, non sans avoir provoqué de vraies sueurs froides aux investisseurs. Quant à bpost, l’action "bon père de famille" a progressé d’un peu plus de 5%…et déjà offert un dividende brut de 0,93 euro par titre.

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