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Les marchés chutent, mais c'est sain!

©AFP

Les indices d’actions sont revenus à leur niveau de fin décembre sur fond d’ajustement des investisseurs. Leur baisse ne semble pas durable.

Les marchés d’actions se sont une nouvelle fois repliés ce mardi, au lendemain d’une journée très difficile qui a vu le Stoxx 600 effacer tous ses gains de l’année. La forte chute des indices américains à la clôture des marchés aux États-Unis a provoqué une nouvelle baisse des Bourses asiatiques et européennes.

→ Retrouvez ici notre analyse: Correction salutaire ou nouveau cycle baissier?

Lundi, le Dow Jones Industrial Average, le Nasdaq et le S & P 500 ont perdu plus de 4% sur la séance, et connu un épisode de krach éclair cinquante minutes avant la clôture des marchés. Les indices ont brutalement accéléré leurs pertes à ce moment-là avant de repartir aussitôt à la hausse. Mais leur baisse soudaine de près de 2% n’est toutefois pas comparable au krach éclair du Dow Jones, le 6 mai 2010, où l’indice avait perdu presque 10% en quelques minutes avant de rebondir spectaculairement tout aussi rapidement.

"Les marchés développés ne montrent aucun signe de récession."
stefan Hofrichter
chef économiste, Allianz Global Investors

La baisse des marchés d’actions américains a propulsé le VIX, indice qui mesure la peur des marchés, de plus de 80% lundi soir, une progression jamais observée depuis le lancement de cet indice en 1980. Le VIX a atteint ce mardi 50 points, mais s’est replié à 39,75 points. Dans ce contexte, l’ouverture des marchés d’actions européens ce mardi s’inscrivait sous de mauvais auspices. À la clôture, le CAC40 a lâché 2,35%, le DAX 2,32%, l’AEX 3,04% et le FTSE100 2,64%.

Pourquoi les marchés chutent-ils? Comment réagir?

1/ D’où vient la vague de panique des investisseurs sur les marchés?

La brusque remontée des taux obligataires la semaine dernière en raison de la menace inflationniste aux États-Unis a provoqué un repli des marchés d’actions. La semaine dernière, les investisseurs ont découvert avec stupéfaction les chiffres mensuels des créations d’emplois outre-Atlantique, qui ont montré une progression de 2,9% du salaire horaire moyen en janvier, une hausse plus observée depuis 2009. Les investisseurs craignent que la Réserve fédérale américaine n’augmente plus rapidement et davantage ses taux d’intérêt.

Chez Aberdeen Standard Investment, Andrew Milligan, responsable de la stratégie, souligne qu’"il est important de rappeler qu’il ne s’agissait que d’une question de temps avant qu’une telle correction survienne. Les marchés financiers ont été trop calmes pendant trop longtemps, et cela ne pouvait pas durer. Nous observons désormais des prises de bénéfices provoquées par des valorisations excessives et des inquiétudes sur une inflation plus élevée et durable aux États-Unis et ailleurs dans le monde".

Les récents records battus, quasiment quotidiens, par les indices boursiers américains faisaient craindre un retournement de tendance chez certains analystes.

2/ La baisse des marchés d’actions est-elle durable?

©VADOT

Les indices boursiers peuvent encore se replier davantage, mais leur repli reste limité selon les analystes. "Les fondamentaux restent robustes tant sur le plan macroéconomique (l’ISM américain et le PMI européen étaient très forts) que microéconomique, avec des résultats des entreprises qui surprennent positivement les attentes des investisseurs", estime François Rimeu, responsable du pôle Total Return chez La Française Asset Management.

"Les marchés développés ne montrent aucun signe de récession. La croissance économique reste robuste pour le moment", relève Stefan Hofrichter, chef économiste chez Allianz Global Investors.

3/ Quid des valeurs refuge?

Pour l’investisseur qui n’a pas les reins assez solides pour supporter la forte volatilité sur les marchés financiers, il est très tentant de se tourner vers les valeurs refuge. Or, yen japonais, franc suisse… Elles sont très souvent privilégiées en cas de gros nuages et permettent de mettre une partie de son patrimoine "à l’abri". Le métal jaune est notamment apprécié pour sa capacité à conserver sa valeur même en période d’incertitude financière ou politique.

Mais pour l’instant, sa réaction reste assez mitigée. "Nous n’avons pas encore vu une fuite importante vers les valeurs refuge le yen et l’or sont à peine touchés par les événements, a noté Neil Wilson d’ETX. C’est principalement parce que les perspectives géopolitiques sont inchangées et que les perspectives économiques mondiales restent très positives." À la clôture des marchés européens, l’once valait 1.329,06 dollars, plombé par la remontée du billet vert.

Monnaies virtuelles | Le bitcoin chute sous les 6.000 dollars

Le cours du bitcoin et des autres cryptomonnaies a continué de chuter ce mardi. Les cryptomonnaies ont été emportées dans la vague de vente qui s’est emparée des marchés d’actions. Elles n’ont plus montré de décorrélation comme en 2017, où elles n’avaient cessé de progresser, alors que les indices boursiers ont évolué en dent de scie en raison des incertitudes politiques qui régnaient sur le continent européen.

Le bitcoin a vu sa valeur en dollars chuter sous 6.000 dollars ce mardi, avant de se redresser au-dessus de 7.000 dollars. Il affiche un recul de plus de 69% depuis son plus haut niveau, atteint en décembre. Il avait touché 20.000 dollars. Depuis le début de l’année, il a lâché plus de 56%. La devise virtuelle n’est pas la seule à connaître une baisse à deux chiffres de sa valeur depuis le début de l’année. Selon le site Coinmarketcap, la valorisation du marché des cryptomonnaies a fondu à 285 milliards de dollars contre 830 milliards de dollars au début du mois de janvier. Toutefois, les analystes soulignent que la chute des cours des cryptodevises reste décorrélé des marchés d’actions. Ils expliquent la baisse du bitcoin et des autres monnaies virtuelles par la crainte d’une régulation, par un intérêt moins marqué des investisseurs asiatiques, par des suspicions autour du Tether, et par la décision de certaines banques américaines et britanniques de ne plus autoriser l’achat de cryptodevises avec des cartes de crédit.

Le marché reste aussi perturbé par une série d’incidents, comme le piratage de la plateforme d’échanges japonaise Coincheck, qui avait mené à une perte de quelque 530 millions de dollars. "Les cryptomonnaies sont influencées négativement par des mauvaises nouvelles quotidiennes", relève Craig Erlam, analyste pour la firme de trading Oanda Corp.

 

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