Les marchés d'actions applaudissent la Fed et la BCE

Mario Draghi ©REUTERS

Les marchés d’actions ont signé un fort rebond cette semaine, alors que les investisseurs anticipent désormais une baisse des taux d’intérêt en Europe et aux Etats-Unis.

Mardi, le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a indiqué lors du forum de l’institution à Sintra que celle-ci est prête à déployer de nouvelles mesures pour relancer l’inflation dans la zone euro. Ses propos ont provoqué une remontée des marchés d’actions, mais envoyé les taux obligataires au plus bas. Le taux français à dix ans est tombé en négatif pour la première fois de son histoire en séance, avant de remonter. Le taux allemand à dix ans s’est lui enfoncé toujours plus bas. Les investisseurs s’inquiètent même de la direction générale du marché obligataire allemand sous 0%, alors que même le taux à 20 ans allemand est tombé en territoire négatif.

"Si vous m’aviez demandé il y a deux semaines si le taux allemand à 30 ans pourrait tomber sous zéro, j’aurais ri. Mais désormais, on dirait qu’on est passé dans un environnement de marché complètement différent avec des taux qui testent des niveaux toujours plus bas et le négatif partout dans le monde", constate Luk Hickmore, gestionnaire de fonds chez Aberdeen Standard Investments. Cette semaine, le montant d’obligations à taux négatifs a atteint un record de 12.500 milliards de dollars.

Une Fed rassurante

Mercredi dernier, après la BCE, ce fut au tour de la Réserve fédérale américaine de rassurer les investisseurs sur les marchés d’actions. Comme prévu, la banque centrale n’a pas touché à ses taux d’intérêt, entre 2,25 et 2,50%. Mais Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale américaine, a souligné que l’institution s’inquiète de l’évolution de la guerre commerciale et de la croissance économique mondiale. Les investisseurs s’attendent désormais à ce que la Fed baisse ses taux d’intérêt le mois prochain.

Grâce aux banques centrales américaines, le Stoxx 600 a gagné 1,44% sur la semaine. Le secteur automobile signe la plus forte progression, avec un gain de 3,76%. Il a profité de l’apaisement des tensions commerciales après l’accord survenu en début de semaine entre les Etats-Unis et le Mexique.

Le secteur technologique a lui aussi signé une forte progression (+3,38%) grâce aux résultats d’Oracle, qui ont battu les attentes des analystes.

Le secteur du transport est par contre lanterne rouge cette semaine en Europe (-3,41%), pénalisé par l’avertissement sur résultats de Lufthansa.

Le secteur de l’énergie a progressé de 2,98% grâce à la remontée des prix pétroliers. Le baril de Brent a pris 5,19% à 65,23 USD sur la semaine, en raison des tensions entre les Etats-Unis et l’Iran. L’Iran a averti vendredi qu’il défendrait son territoire contre toute attaque des Etats-Unis après avoir abattu un drone américain, le New York Times affirmant que Donald Trump avait initialement approuvé des frappes contre des cibles iraniennes avant de faire machine arrière.

Ce contexte tendu fait grimper les prix du pétrole, les investisseurs craignant que l’Iran ne bloque le détroit d’Ormuz, au large de ses côtes. Jeudi soir, l’Agence américaine d’information sur l’Énergie (EIA) a souligné que, dans le monde des échanges de pétrole, Ormuz reste "le plus important lieu de passage".

L’or a lui retrouvé ses niveaux de septembre 2013, à plus de 1.400 dollars, alors que les investisseurs se sont rués sur les ETF (fonds indiciels) sur le métal jaune. "Une combinaison d’une politique monétaire accommodante, un dollar plus faible, des risques géopolitiques plus élevés et une croissance économique américaine au sommet propulsent le sentiment positif pour l’or", résument les analystes de Citigroup.

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